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Jeux d’argent en ligne en Afrique : William Hill se retire, au tour des plateformes “sans internet” de reprendre le terrain ?

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Soutra

Début décembre, le groupe britannique William Hill a annoncé son retrait de dix marchés africains. Un tournant pour l’un des plus anciens opérateurs de jeux au monde, présent sur le continent depuis plusieurs années. Dans le même temps, un nouveau type de plateforme gagne du terrain : des plateformes de casino et de jeux d’argent qui fonctionnent sans consommer de données mobiles. Un chassé-croisé qui est à l’image de la transformation du secteur sur le continent.

Pourquoi William Hill quitte l’Afrique (et certains pays asiatiques)

William Hill, fondé en 1934 au Royaume-Uni, fait partie des poids lourds historiques des jeux d’argent. Sa maison mère, le groupe Evoke (anciennement 888 Holdings), coté à la Bourse de Londres, a pourtant décidé de se désengager de dix pays africains, parmi lesquels le Nigeria, le Kenya, le Cameroun ou encore la République démocratique du Congo.

Les raisons de ce retrait sont multiples. L’une d’entre elles semble tenir aux coûts liés à la conformité. En tant que multinationale cotée, Evoke doit en effet se conformer à certaines obligations strictes en matière de lutte contre le blanchiment et de vérification d’identité des joueurs. Des procédures pas toujours évidentes selon les contextes locaux, avec documents à fournir et délais de validation entre autres.

À l’inverse, plusieurs plateformes concurrentes ont simplifié l’accès. Sur certaines d’entre elles, aucune vérification d’identité ne sera requise pour s’inscrire et commencer à jouer. La vérification complète n’intervient qu’au moment du premier retrait.

Un modèle plus fluide, mieux adapté aux usages mobiles du continent. Parmi ces acteurs, on compte des acteurs locaux, mais aussi des plateformes internationales ambitieuses, mieux adaptées aux habitudes de paiement africaines.

Une autre raison tient au fait que les régulations se sont durcies dans plusieurs pays, notamment au Kenya où une nouvelle loi impose désormais 30 % de participation locale au capital des opérateurs de jeux. C’est dans ce contexte réglementaire changeant que le groupe Evoke, lesté d’une dette de 1,8 milliard de livres sterling depuis le rachat de William Hill en 2022, doit arbitrer ses priorités.

Plutôt que de maintenir plusieurs marques sur le continent, Evoke a choisi de concentrer sa présence africaine sur 888Africa, une joint-venture créée en 2022 et dirigée par d’anciens cadres de Paddy Power et William Hill. Une structure plus légère, forcément plus agile.

La concurrence des plateformes de “jeux sans data”

Peut-on réellement utiliser une application de casino sans connexion internet ? Pas exactement, mais peu s’en faut. Le principe du “data-free gaming” repose en fait sur un mécanisme simple : l’opérateur de jeux prend en charge le coût des données auprès de l’opérateur télécom.

En clair, l’utilisateur se connecte normalement à l’application ou au site, mais sa consommation de data n’est pas décomptée de son forfait. Cette formule suppose un partenariat commercial entre la plateforme de jeux et les compagnies de téléphonie mobile.

Dans les faits, il y a plusieurs formats techniques possibles :

  • Les sites en version lite : certains opérateurs proposent des applications allégées, avec peu d’images et des pages qui se chargent rapidement.
  • L’USSD : d’autres utilisent le système USSD, ces menus textuels accessibles via un code court composé sur le téléphone, qui ne nécessitent aucune connexion internet.
  • La gratuité : il existe aussi le “zero-rating”, un dispositif où certains sites sont tout simplement exemptés de facturation data par l’opérateur télécom.

Ces modes présentent toutefois des limites. Le streaming en direct n’est généralement pas disponible, et les jeux de casino avec croupiers en temps réel sont donc logiquement inaccessibles.

L’interface est souvent dépouillée, réduite à l’essentiel. Mais pour accéder aux jeux de hasard classiques ou aux loteries en ligne, cela suffit amplement.

Une innovation déjà répandue en Afrique anglophone

Le Kenya fait figure de pionnier avec des marques locales. Betika, l’un des leaders locaux, a lancé dès 2024 son programme “Bila Bundles”, qui signifie “sans forfait” en swahili. Le succès a été immédiat dans un pays où plus de sept millions de personnes possèdent un compte de jeux d’argent actif… et où le coût des données mobiles pèse sur les budgets.

L’Afrique du Sud a suivi avec Hollywoodbets. Là encore, un acteur local qui propose un mode data-free pour les jeux de casino et les loteries instantanées. Pareil au Ghana et au Nigeria, ou encore en Zambie, où des déploiements similaires sont en cours.

Cette dynamique s’inscrit dans un contexte favorable, puisque le continent africain compte désormais 184 millions de comptes Mobile Money, soit plus de la moitié du total mondial.

Cette infrastructure de paiement mobile, déjà intégrée aux plateformes de jeux d’argent, facilite l’adoption de ces nouveaux modes d’accès.

En Guinée comme dans la plupart des pays francophones de la sous-région, le mode “sans data” n’est pas encore proposé par les opérateurs locaux. Ni Guinée Games, ni la LONAGUI, ni les autres acteurs agréés n’ont annoncé de partenariats similaires avec Orange ou MTN.

Le modèle reste pour l’instant cantonné à l’Afrique anglophone et australe. Cette situation est amenée à évoluer, et peut-être plus vite qu’on ne le croit.

L’infrastructure existe : le Mobile Money est largement répandu en Guinée et les opérateurs télécom disposent des capacités techniques pour mettre en place ce type d’accords. La question est avant tout commerciale…et réglementaire.

Soutra
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