Journée mondiale de la photographie 2026 : le ministre Moussa Moïse Sylla appelle à une véritable politique de sauvegarde du patrimoine visuel guinéen
En marge de la Journée mondiale de la photographie, célébrée ce mercredi 19 août sous le thème : « HOME – Chez soi, notre foyer », le ministre de la culture, du tourisme et de l’artisanat, Moussa Moïse Sylla, a appelé à la sauvegarde des archives nationales et affiché la volonté de faire de la photographie un pilier de la mémoire collective et du rayonnement culturel de la nation.
‘’La photographie n’est jamais une simple image. Elle arrête le temps, conserve une mémoire et donne à voir ce que les mots ne suffisent parfois pas à raconter’’. C’est en ces termes que le ministre Moussa Moïse Sylla a ouvert son message adressé aux photographes guinéens et du monde entier.
Placée cette année sous le thème : « HOME – Chez soi, notre foyer », cette journée revêt une résonance toute particulière en Guinée. Des reliefs du Fouta Djalon aux forêts du Sud, en passant par les côtes du littoral, les plaines de la Haute Guinée et l’effervescence urbaine de Conakry, le ministre a rappelé que le foyer national s’incarne dans sa diversité géographique, culturelle et humaine.
Face à cet héritage vivant, le ministre a tiré la sonnette d’alarme sur la précarité de la mémoire visuelle guinéenne, dont une part importante demeure dispersée dans des collections privées, des studios familiaux ou des institutions disposant de supports fragiles.
Pour prévenir ce risque de perte irréversible, le ministère de la culture, à travers l’Office national du cinéma, de la photographie et de l’audiovisuel de Guinée (ONACIG), fixe une feuille de route claire : identifier, collecter, préserver, documenter, numériser et valoriser le patrimoine visuel national.
Sauvegarder la mémoire, structurer la filière et inspirer la jeunesse
‘’Photographier la Guinée aujourd’hui, c’est contribuer à écrire la mémoire de la Guinée de demain. Une image ordinaire captée aujourd’hui deviendra le document historique irremplaçable de nos générations futures’’, explique-t-il.
Au-delà de la conservation du passé, l’autre axe majeur de cette déclaration réside dans la reconnaissance socio-économique du métier de photographe. Affirmant que la photographie est à la fois un art, un artisanat et une activité économique à forte valeur ajoutée, Moussa Moïse Sylla a insisté sur la nécessité de protéger la propriété intellectuelle et les droits d’auteur des créateurs.
Il entend intensifier ses efforts pour mieux structurer la filière, professionnaliser les acteurs et susciter des opportunités économiques durables pour les talents émergents.
Alors que les smartphones, les réseaux sociaux et l’essor de l’intelligence artificielle bouleversent la production d’images, le ministre appelle également à une responsabilité éthique accrue.
Tout en saluant ces innovations comme d’incroyables vecteurs de diffusion, il a souligné l’impératif de préserver l’authenticité, la dignité et la vérité documentaire des œuvres. ‘’L’innovation ne doit pas effacer la vérité ; elle doit renforcer la créativité’’, précise-t-il.
Moussa Moïse Sylla a appelé la jeunesse à s’approprier du récit national. En documentant les mutations du pays, les artisans, les artistes et la vie quotidienne, les jeunes photographes sont invités à faire de l’image un puissant levier de rayonnement international.
Car, rappelle le ministre, ‘’une nation qui préserve ses images préserve une part essentielle de sa mémoire ; une nation qui maîtrise son récit maîtrise davantage la manière dont elle se présente au monde’’.
Abdoulaye Bella DIALLO, pour VisionGuinee.Info
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