Kadiatou DK Diallo livre sa version des faits dans l’affaire des 400 mille dollars qui l’oppose à Sékou Kaba
Après la publication de la version de Sékou Kaba dans l’affaire qui l’oppose à Mme Kadiatou Biro Diallo, dite DK, VisionGuinee a recueilli à son tour les explications de la plaignante, qui livre sa version des faits.
Selon Mme Kadiatou Biro Diallo, tout a commencé par l’intermédiaire d’un ami commun qui lui a présenté Sékou Kaba. A cette période, raconte-t-elle, elle restait souvent à la maison pour s’occuper de son père malade. ‘’Il m’a dit : ‘Dès que tu as un marché, pense à moi’’, se souvient-elle.
Peu après, une opportunité commerciale se présente. Mme Diallo, fidèle à sa parole, décide de solliciter Sékou Kaba. L’entente de départ portait sur 50 dollars de commission, mais selon elle, M. Kaba reviendra rapidement à la charge en exigeant 15 dollars de plus, portant le montant à 65 dollars.
‘’Je lui ai expliqué que ma facture était déjà déposée, mais il a insisté. Finalement, j’ai accepté en me disant que je ne gagnerais peut-être pas cette fois-ci, mais que j’aurais d’autres occasions’’, indique-t-elle.
Après le paiement de la marchandise, elle affirme que Kaba évoquera encore une hausse du prix du transport, prétextant une variation du marché. Malgré ses réserves, elle choisit de poursuivre, sans se douter que les choses allaient basculer.
Mme Diallo déclare avoir effectué un déplacement en Chine pour superviser l’expédition de la marchandise. Le séjour, initialement prévu pour une semaine, s’est transformé en trois semaines d’incertitude et de promesses non tenues.
‘’Il me faisait tourner en rond. J’étais perdue dans un pays étranger, à attendre des marchandises qui ne venaient pas. C’est quand j’ai fini par protester publiquement qu’il s’est engagé devant la communauté guinéenne à livrer le matériel’’, affirme-t-elle.
Selon elle, le président de la communauté guinéenne en Chine a assisté à cet engagement et pourrait en témoigner. Elle promet de transmettre à la justice les coordonnées de cette personne pour corroborer ses déclarations.
Après le décès de son père, elle dépose une plainte à la DPJ. ‘’Après le dépôt de ma plainte, la DPJ m’a appelée pour lancer le mandat d’arrêt, mais j’étais encore en deuil », explique-t-elle.
Une fois revenue, elle poursuit la procédure avec son avocat. Selon ses dires, la Brigade de recherche devait procéder à l’arrestation de Sekou Kaba la veille de son mariage, avant qu’une intervention ne vienne tout perturber.
Mme Diallo affirme avoir été contactée par le ministre de la justice. ‘’J’ai mis le haut-parleur pour que mon avocat entende. Le ministre m’a dit : ‘Je veux m’impliquer personnellement pour que ton argent te soit remboursé’. Quand j’ai demandé quelle garantie j’avais, il a répondu : ‘Tu m’as, moi, comme garantie. Qu’il dépose simplement son passeport.’’’.
Le mari de Mme Kaba, présenté comme le frère cadet du président du PADES, Ousmane Kaba, s’est rendu à la DPJ pour déposer le passeport de l’accusé en gage de bonne foi.
Mais, malgré cette mesure, rien n’a bougé.
‘’J’ai signalé qu’il y avait même une autre plainte contre lui pour vol de téléphone. Malgré tout, le dossier est resté sans suite. On me disait toujours de me calmer’’, précise-t-il.
Selon Mme Diallo, le dossier a stagné pendant plus de huit mois. Le procureur Fofana, d’abord chargé de l’affaire, a été dessaisi. Son remplaçant, un substitut du procureur, tombait malade à chaque convocation. ‘’Tantôt le substitut est absent, tantôt le président du tribunal est malade. On me fait venir, on me renvoie. Depuis huit mois, je tourne en rond’’, confie-t-elle.
Ces lenteurs judiciaires, dit-elle, ont renforcé son sentiment d’injustice et de découragement.
‘’Chaque fois qu’on me demande de patienter, c’est comme si on cherchait à enterrer l’affaire’’.
Confrontation dans la rue, le 1er novembre en Chine
Alors que le dossier n’avançait plus, le 1er novembre, DK affirme avoir croisé Sékou Kaba par hasard dans la rue, en Chine. ‘’J’étais avec mon cousin, on marchait tranquillement. Il est venu droit sur nous et a tiré la main de mon cousin pour attirer mon attention. Je me suis retournée, je l’ai reconnu. Il a commencé à m’insulter’’, rapporte-t-elle.
Mme Diallo dit avoir sorti son téléphone pour filmer la scène et prouver qu’il s’agissait bien de lui. ‘’Il voulait juste me provoquer pour me montrer qu’il n’avait peur de rien’’.
Suite à cet incident, elle a déposé une plainte pour agression. La police lui conseille alors de prendre un avocat. Ce qu’elle dit avoir fait.
Pendant ce temps, les autorités chinoises ont, selon elle, déjà enregistré des images et vidéos de leurs précédentes altercations. Ces éléments figureraient dans le dossier chinois et pourraient servir de pièces à conviction si la Guinée clôturait l’affaire sans suite.
Sur le plan économique, Mme Diallo affirme que sur une commande globale d’environ 300.000 dollars, seuls 200.000 dollars de marchandises ont effectivement été livrés. ‘’Cela fait trois ans qu’il garde mon argent. Il travaille avec pendant que moi, je subis les pertes’’, déplore-t-elle.
Elle soutient qu’en raison de ces retards et manquements, elle a perdu un important marché avec un département ministériel, les produits étant restés invendus et inutilisables. ‘’Les tables sont encore couchées là-bas. Le procureur peut vérifier. Trois ans sans livraison complète, c’est inacceptable’’, insiste-t-elle.
Elle balaie également les accusations de M. Kaba, qui prétend qu’elle lui doit 30 000 dollars.
‘’C’est faux ! J’ai tout payé : la marchandise, le transport, tout ! Je lui ai même prêté 50 millions de francs guinéens. Comment pourrais-je lui devoir de l’argent ?’’, s’insurge-t-elle.
Déterminée à aller jusqu’au bout
Après trois ans de bataille, de pertes et de blocages administratifs, Kadiatou Biro Diallo dit n’attendre qu’une chose : la vérité et la justice. ‘’J’ai perdu un marché, de l’argent, du temps et même la santé dans cette histoire. Mais je ne lâcherai pas’’, prévient-elle.
Elle espère que les autorités judiciaires finiront par statuer sur cette affaire, qu’elle qualifie de “dossier d’escroquerie et d’abus de confiance”. Et si cela ne se fait pas en Guinée, elle affirme être prête à poursuivre la procédure en Chine, où les preuves et les témoignages sont déjà entre les mains des autorités.
Salimatou BALDE, pour VisionGuinee.Info
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