Karamo Kaba justifie l’emprunt obligatoire de 1 500 milliards GNF : ‘’les dépenses de l’État sont supérieures à ses recettes…’’
Pour faire face à des projets de développement, le ministre de l’économie et des finances a lancé un emprunt obligatoire de 1 500 milliards GNF. Défendant cette décision, le gouverneur de la Banque centrale de la République de Guinée assure qu’il est normal pour l’État de se tourner vers l’épargne locale.
‘’Le rôle de la Banque centrale est central. En fait, c’est nous qui faisons office de teneur de marché, dans la mesure où nous donnons les informations aux banques qui participent à l’opération, et nous assurons également la livraison des titres en question, ainsi que le règlement et la conservation. Donc, nous sommes là pour inspirer confiance (…). Au niveau de l’économie, vous avez trois sortes d’agents : il y a les ménages, les entreprises et l’État. Mais en termes financiers, vous avez deux sortes d’agents. Des agents qui ont des besoins de financement et des agents qui ont des capacités de financement. Donc, les ménages, parce qu’ils ont des revenus, consomment, payent des impôts et épargnent. Il en va de même pour les entreprises’’, explique le gouverneur de la Banque centrale.
‘’Les entreprises et les ménages sont dans la catégorie des agents à capacité de financement, et l’État, parce que ses recettes sont structurellement inférieures à ses dépenses. Les recettes collectées par les impôts, la douane et le trésor sont inférieures aux dépenses. Du coup, tout soutien, comme ce qui s’est passé en Guinée en 2014 lors de l’épidémie d’Ebola ou en 2020 pendant la pandémie de COVID-19, fait que les dépenses de l’État sont toujours supérieures à ses recettes. L’État doit donc se tourner vers les agents à capacité de financement. Nous sommes dans un univers où les dons des pays avancés diminuent de manière drastique’’, enchaîne Karamo Kaba.
Aussi, dit-il sur Vox Africa, ‘’nous sommes dans un environnement où les taux d’intérêt ont considérablement augmenté et où les conditions d’octroi de crédits se sont durcies. Donc, lorsqu’on est un État, il est préférable de se tourner vers son épargne locale.’’
‘’Très concrètement, aujourd’hui en Guinée, nous avons un besoin de financement pour 2025 estimé à environ 17 000 milliards de francs guinéens, dont environ 11 000 milliards représentent le déficit public. Vous avez à peu près 3 500 milliards GNF pour les intérêts de la dette et le remboursement du capital arrivant à échéance, et 3 500 milliards pour d’autres besoins. Il est donc très important pour l’État de se tourner vers l’épargne locale. En Guinée, le ministère de l’économie et des finances, via le Trésor, a longtemps émis des bons du Trésor. Ces bons ont une maturité inférieure à un an, c’est-à-dire que lorsqu’on émet un bon du Trésor, il doit être remboursé en moins de 1 an. Pour avoir un peu plus de flexibilité, l’État peut émettre des obligations du Trésor. Là, les maturités vont de 2 à 5 ans. Typiquement, l’emprunt est sur 5 ans’’, conclut-il.
Boussouriou Doumba, pour VisionGuinee.Info
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