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La colère légitime de Tierno Monénembo : une voix libre face à l’imposture

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Soutra

Il y a des silences qui tuent, mais il y a aussi des colères qui sauvent. Celle de Tierno Monénembo ne tonne pas pour faire peur, elle tonne pour réveiller. Elle n’est pas un vacarme passager, c’est une voix de conscience. Une colère froide, lucide, enracinée dans l’amour profond d’un pays qu’on bafoue et qu’on trahit. Une colère légitime, nécessaire.

Dans ses chroniques, dans ses tribunes, Monénembo crie ce que beaucoup murmurent à demi-mot. Il nomme les imposteurs, il démasque les faux patriotes, il défie les puissants du jour, sans chercher à plaire, encore moins à survivre dans les faveurs d’un régime.

Il parle pour le peuple oublié,y celui qui croupit dans les hôpitaux sans médicaments, dans les écoles sans maîtres, dans les rues sans espoir. Il parle pour ceux qui n’ont ni micro ni antenne, mais qui subissent chaque jour les méfaits de l’orgueil des élites, de la voracité des clans, de la brutalité des transitions sans fin. « À quoi bon chasser des dictateurs si c’est pour leur ressembler ? » semble-t-il demander à chaque ligne.

Sa plume ne trahit pas. Elle tranche. Elle ne caresse pas. Elle éclaire. Une colère contre l’oubli organisé

Tierno Monénembo refuse que l’on efface la mémoire. Il rappelle les massacres, les injustices, les crimes impunis. Il refuse que l’on maquille la vérité avec des slogans,, que l’on sacrifie la démocratie sur l’autel de l’ordre militaire, ou du nationalisme de façade.

Sa colère est un acte d’amour pour la Guinée. une tentative désespérée de rappeler que ce pays a droit à mieux :

  •  À des dirigeants honnêtes
  • À une justice indépendante
  • À un peuple respecté
  • À une transition brève, claire, sincère — et non éternelle

Une voix qu’il ne faut pas étouffer

Dans un pays où l’intellectuel est souvent sommé de se taire ou de choisir un camp. Monénembo choisit le sien : celui de la vérité.

Il n’écrit ni pour séduire les foules ni pour plaire aux puissants. Il écrit pour ne pas se trahir. Et c’est précisément cela qui dérange.

Il faut écouter la colère de Tierno Monénembo. Non pour l’applaudir, mais pour la comprendre, la méditer, et peut-être y répondre. Car si les intellectuels se taisent, si les écrivains se censurent, si les citoyens s’habituent, alors la barbarie gagne.

Et si Monénembo crie, ce n’est pas pour se faire entendre. C’est pour que la Guinée se réveille, avant qu’il ne soit trop tard.

Boubacar Dieng

Soutra
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