La défense de Dadis désapprouve la démarche de Marcel : ‘’Il n’est pas un accusé VIP…En vertu de quoi, on va lui donner le privilège de reprendre la parole ?’’
Les débats sont houleux ce lundi au Tribunal criminel de Dixinn délocalisé à la cour d’appel de Conakry dans le cadre du procès du massacre du 28 septembre. La défense du capitaine Moussa Dadis Camara ne veut pas la reprise de parole actuelle de l’accusé qui promet de donner une autre version des faits des douloureux évènements de 2009.
‘’On croit que le capitaine Moussa Dadis Camara, après le passage de certains accusés et de certaines parties civiles, n’avait aussi eu besoin de parler ? Si, mais il n’a pas fait la demande. Il attend le bon moment pour reprendre la parole et apporter des réponses précises à des affabulations qui ont été faites ici’’, indique Me Pepe Antoine Lamah.
Mais, poursuit cet avocat de Dadis Camara, ‘’on vient comme ça, on surgit de nulle part pour demander de reprendre la parole. Si mes souvenirs sont exacts, Marcel était le premier accusé à qui vous [le président du tribunal] avez donné la parole après le colonel Tiègboro Camara. Après lui, nous avons fait deux semaines d’interrogatoire et de contre-interrogatoire’’.
Et de demander : ‘’Qu’est-ce qui vous certifie de ce qu’il va dire, c’est la vérité que vous cherchez ? Rien ! A ce que je sache, le tribunal n’a pas encore extériorisé la conviction. S’il a une vérité qui ne sera certainement pas partagée par tous, qu’il attende le bon moment’’.
‘’M. Marcel n’est pas un accusé VIP. Il est un accusé au même titre que les autres. Il n’est pas supérieur, ni inferieur aux autres. En vertu de quoi, on va lui donner le privilège de reprendre la parole et laisser les autres. Si le tribunal se prête à ce jeu, c’est comme si on a fait 9 mis sans rien faire. Ce serait comme si on a 9 mois de promenade par devant cette juridiction, de mise en scène’’, assure-t-il.
‘’Je ne sais pas ce qui se trame dans le secret des autres pour dire que c’est la vérité qu’il va dire ou ce n’est pas la vérité. Vérité ou pas, tout ce que nous demandons, c’est la chronologie, le déroulement du procès’’, persiste et signe la défense de l’ancien chef de la junte.
Abdoulaye Bella DIALLO, pour VisionGuinee.Info
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