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Labé : à la rencontre de femmes qui s’investissent au profit de l’agriculture

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Soutra

[dropcap]L[/dropcap]es femmes rurales et leurs tapades ont toujours été le noyau du développement. Avec l’évolution du temps, elles sont de plus en plus nombreuses à se tourner vers  l’agriculture. Ce secteur leur permet de nourrir leurs familles et de faire face aux multiples charges qu’elles supportent au quotidien.

La polygamie, les mariages précoces qui entrainent souvent des divorces, le poids de la tradition sont entre autres facteurs qui poussent ces femmes à supporter seules les charges familiales sans aucune aide extérieure.

Pour y arriver, elles s’organisent en groupements dans bien de domaines. C’est le cas des femmes de Hooré Hollandè, un secteur du quartier Companya, à la périphérie de la commune urbaine de Labé, où une vingtaine de femmes se sont lancées dans la culture maraichère.

Mamadou Ramata Sow

Mamadou Ramata Sow, l’une d’entre elles, a exercé des activités par le passé, sans réussir à joindre les deux bouts. ‘’Avant, je faisais la teinture où j’enregistrais des pertes énormes. Avec la conjoncture économique actuelle, j’ai décidé de me lancer dans l’agriculture. Nous avons commencé avec la pomme de terre,mais, ça n’a pas marché. Actuellement, nous produisons de l’aubergine et du piment. Nous sommes une vingtaine de femmes à exploiter ce domaine’’, indique-t-elle.

Contrainte d’abandonner ses études à l’âge de 16 ans après son mariage, Kadiatou Diallo, mère de cinq enfants, est actuellement veuve. Elle travaille la terre pour subvenir à ses besoins et ceux de ses enfants. ‘’J’ai perdu mon mari, il y a deux ans de cela. Mon fils ainé est au collège. Je n’ai aucun soutien. Je fais la culture maraichère pour nourrir mes enfants et payer leur scolarité. La conjoncture économique actuelle fait que les choses ne sont pas toujours faciles. Nous enregistrons des pertes parfois, comme c’est le cas actuellement avec la grève’’, se lamente notre interlocutrice.

Mariama Bailo Bah

La récolte est exportée vers le Sénégal, précise Mariama Bailo Bah, une autre exploitante qui se dit convaincue que la terre ne trahit pas. ‘’Nous arrivons à prendre en charge nos familles. Les frais scolaires des enfants, les soins de santé, les affaires sociales, tout repose sur ce champ. Chaque samedi, des dizaines de camions en partance pour le Sénégal viennent charger ici. Après la vente, nous partageons les recettes entre la famille et nous prévoyons les dépenses à faire pour la prochaine récolte’’, détaille-t-elle.

Malgré leur courage herculéen, ces femmes rencontrent des difficultés. ‘’Il nous manque beaucoup de choses. On n’a pas d’eau. Ce qui nous empêche de travailler pendant la saison sèche. Parfois, des bœufs s’introduisent dans l’enclos pour détruire nos cultures. Sans oublier que nous effectuons tout le travail manuellement. Nous voulons cultiver plus, mais pour cela, il nous faut plus de moyens à investir’’, affirme Maimouna Sow.

Dalanda Bah, chargée d’appui aux femmes rurales de Labé

Dans la préfecture de Labé, seulement 7 groupements féminins bénéficient de l’appui de l’Etat, selon Dalanda Bah, la chargée d’appui aux femmes rurales dans la région administrative de Labé. Dans la plupart des cas, cet appui se limite au renforcement des capacités à travers des formations.

‘’Nous formons les membres des groupements dans le domaine de la transformation et la conservation des produits maraichers, notamment la tomate en purée, les fruits en confiture, les tubercules en gari, attiéké ou foufou, amidon, les farines de sevrage à base de mais pour la nutrition infantile’’, explique Dalanda Bah.

Fatoumata Barry demande à l’Etat de leur venir en aide. ‘’Nous avons des familles à soutenir. Nous avons besoin de clôturer nos plantations et du matériel comme des machines pour labourer la terre, des pelles ainsi que des brouettes. Que l’Etat nous appuie’’, plaide-t-elle.

Malgré les obstacles qu’elles rencontrent, ces femmes restent actives dans le développement local. Elles participent à des travaux d’utilité publique tels que l’entretien des mosquées, des routes, des écoles et des hôpitaux. Elles sont également actrices dans l’ombre de la formation des futures élites du pays.

De Labé, Kadiatou DIALLO, pour VisionGuineee.Info

 

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