L’ambassadeur de France évoque un taux de 50% de refus de visas pour les guinéens : “il y a une énorme fraude documentaire en Guinée”
A l’occasion d’un petit-déjeuner de presse organisé ce jeudi 26 mars à sa résidence de la Minière, l’ambassadeur de France en Guinée et en Sierra Leone s’est prêté à un exercice de transparence sur la question de l’octroi des visas. Entre chiffres en hausse et taux de refus élevé, Luc Briard a justifié la fermeté de son pays par une “énorme fraude documentaire”.
Face aux professionnels de medias, le diplomate français a d’abord tenu à nuancer l’idée d’une France “fermée” aux guinéens, soulignant une progression de 42 % dans l’octroi de visas en l’espace de deux ans.
“Le visa, c’est un pacte de confiance. Comme je vous l’ai dit, nous avons confiance dans le partenariat avec la Guinée. Et donc, nous avons délivré, l’année dernière, 12 500 visas. C’est une augmentation en deux ans de 42 %. Donc, ce n’est pas rien”, a précisé Luc Briard.
L’ambassadeur révèle que le taux de refus de visas est de 50 %, le justifiant par une volonté de mieux cibler les bénéficiaires.
“Il y a beaucoup de refus. C’est 50 % de refus. Parce qu’il y a eu une volonté de notre part de mieux cibler les populations qui ont le droit à ce visa. D’abord, il y a les alumni. Tous ceux qui ont fait un master ou un doctorat en France se voient proposer un visa de circulation”, a-t-il indiqué.
“C’est ensuite le visa de travail. Pour le travail, pour le business. Donc, toutes les entreprises, tous ceux qui ont des missions de travail en France se voient aussi accorder un fast-track dans le menu déroulant de CAPAGO, avec des instructions très rapides. Mais, comme je le dis, le visa, c’est un pacte de confiance”, a-t-il ajouté.
Si le taux de refus est si élevé, c’est avant tout, selon le diplomate, à cause d’une “énorme fraude documentaire” qui gangrène les dossiers, qu’il s’agisse de demandes de visas classiques ou de procédures Campus France.
“Et pourquoi il y a 50 % de refus ? Parce qu’il y a une énorme fraude documentaire en Guinée. C’est pour ça qu’on se réjouit du volontarisme des autorités guinéennes d’assurer un état civil numérisé et sécurisé. Parce qu’aujourd’hui, il y a énormément de flou dans les dossiers visant. Mais aussi dans les dossiers de Campus France”, a ajouté l’ambassadeur.
CParce qu’on va jusqu’à tricher sur les notes du bac pour faire croire qu’on a eu les bonnes notes. Heureusement, on a un partenariat avec la direction du baccalauréat guinéen qui vérifie qu’on a les bonnes notes. Cette fraude documentaire, c’est un frein au pacte de confiance sur les visas”, a-t-il poursuivi.
Pour remédier à cette situation, Luc Briard a indiqué être en train de travailler sur un projet commun visant à identifier les points de rupture dans la chaîne administrative guinéenne.
“Nous avons un projet commun sur la fraude documentaire pour vérifier à quel endroit on fait des faux pour avoir son titre d’identité, pour avoir son jugement supplétif, etc. On est en train d’essayer d’avoir une cartographie pour mieux avoir un plaidoyer avec les autorités guinéennes sur ce point”, a-t-il annoncé.
L’ambassadeur de France en Guinée et en Sierra Leone a adopté une posture rassurante. “La France n’est pas fermée à la Guinée. 90 000 titres de séjour sont accordés aux Guinéens en France aujourd’hui. C’est une très importante augmentation. Et ne pas être fermé, ça ne veut pas dire ne pas être ferme”, a souligné M. Briard.
Pathé BAH, pour VisionGuinee.Info
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