Le ministre Bogola Haba aux jeunes : ‘’On ne peut pas régler tous nos problèmes en restant au bureau’’
Dans sa politique d’accompagnement des jeunes entrepreneurs, l’Etat guinéen, en collaboration avec l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a entrepris des travaux de construction de 10 fermes agricoles dans 5 préfectures.
Pour promouvoir l’entrepreneuriat, des groupements ont été mis en place pour valoriser cette initiative.
Ce week-end, au cours d’une visite dans une ferme agricole à Kindia, le ministre de la jeunesse et des sports a exprimé son désir de voir des jeunes guinéens s’investir davantage par l’agriculture.
‘’Nous voulons avoir des jeunes passionnés de l’agriculture. Ce n’est pas le cas actuellement pour notre jeunesse. Nous sommes au mois de mai et les premières pluies ont commencé. Les bons agriculteurs ont déjà commencé à travailler dans leurs champs’’, indique Kéamou Bogola Haba.
Il annonce que ‘’la FAO veut limiter le budget à l’infrastructure pour de bonnes raisons. Si on vous lave le ventre, il faut pouvoir se laver le dos. Ils se disent qu’après avoir fait le hangar, c’est à nous de nous laver le ventre. C’est ce que nous demandons à notre jeunesse. Ils sont venus voir la coopérative. Et nous appelons les autres coopératives à ne pas attendre le FAO et le ministère, mais de commencer. Parce que s’ils commencent et que la visite prouve qu’ils ont la volonté de faire, forcément, on va avoir des financements pour accompagner le fonds de roulement en termes de semences, de poussins, mais aussi de couveuses (…). Mais on ne peut donner des couveuses à ceux qui font l’élevage’’, souligne-t-il.
La semaine dernière, rappelle le patron du département de la jeunesse, ‘’nous avons commencé par Conakry où il y a la plus grande population de jeunes qui estiment que l’avenir se trouve dans la technologie, les motos-taxis, les métiers de bureau. J’avais dit à ces jeunes de revenir au champ. J’insiste en disant qu’on ne peut pas régler tous nos problèmes en restant au bureau. Malgré le secteur tertiaire avec des services que nous produisons dans les villes, on se base toujours sur les secteurs primaire et secondaire. Et le secteur primaire, c’est l’agriculture, l’élevage, la pêche. Ce sont ces produits qui nous donnent à manger’’.
‘’Le secteur tertiaire, même s’il se développe, que ce soient les banques, les prestations, les métiers de bureaucrates et tout, ne peut que produire la réflexion. Ceux qui travaillent, ce sont les champs’’, ajoute-t-il.
Il rassure que ‘’nous avons déjà commencé à mécaniser le secteur agricole. Le CNRD, à son arrivée, a multiplié par 3 le budget du ministère de l’agriculture qui est passé à plus de 20% de notre PIB. Des machines ont été achetées. Mais il faut de la volonté’’.
Le ministre Bogola Haba promet de ‘’sensibiliser notre jeunesse afin que nous prenions les choses en main. Ce dont nous avons besoin, c’est de demander à nos partenaires, à l’Etat de donner ce que nous ne pouvons pas avoir dans les champs. Il s’agit des infrastructures, peut-être un forage et de l’électricité. Mais nous ne pouvons pas demander de la main d’œuvre à l’Etat. Nous ne pouvons demander au président de venir labourer des champs pour les jeunes. Il faut que les jeunes eux-mêmes le fassent’’.
Sinon, prévient M. Haba ‘’tous ceux qui ont investi dans l’agriculture, à commencer par les membres du gouvernement, seront obligés d’aller chercher de la main d’œuvre au Burkina Faso, en Sierra Leone, au Sénégal. Actuellement, les ouvriers agricoles ne sont pas des guinéens. L’assainissement de la ville de Conakry se fait actuellement par des léonais. Ce ne sont pas des jeunes guinéens qui le font. Cela pose un sérieux problème. Parce qu’on ne peut pas aider quelqu’un qui ne veut pas s’aider’’.
Boussouriou Doumba, pour VisionGuinee.Info
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