Le ministre Namory Camara appelle le secteur privé à faire des ‘’investissements très rentables’’ dans le domaine de l’énergie
Lors de la cérémonie de lancement d’un emprunt obligataire de 1500 milliards par le ministre de l’économie et des finances il y a une semaine, le ministre de l’énergie, Namory Camara, a souligné l’urgence d’apporter un financement massif pour le secteur énergétique du pays. Il a exhorté le secteur privé à devenir la colonne vertébrale du développement de la Guinée.
Le ministre Camara a peint un tableau sans équivoque de la situation actuelle et des besoins futurs de la Guinée en énergie.
‘’On ne peut pas imaginer aujourd’hui un pays sans énergie fiable, source d’énergie durable, et vous ne pouvez pas imaginer le rôle que le secteur privé pourrait jouer dans notre secteur’’, a-t-il déclaré.
Il a révélé que le pays a identifié un besoin en capacité énergétique de 10 000 MW sur les 15 prochaines années, face à une production actuelle de seulement 1300 MW, alors que le besoin immédiat est estimé à 2500 MW.
Selon le ministre de l’énergie, les prévisions économiques optimistes avec des indicateurs au vert et une hausse attendue du Produit intérieur brut (PIB) vont entraîner une augmentation massive de la consommation d’énergie, notamment par le secteur privé.
De l’avis du ministre Namory Camara, cette croissance nécessite une planification et une coordination étroites.
‘’S’il n’y a pas une corrélation entre le ministère du plan, le ministère de l’économie et des finances et le ministère de l’énergie, ça va être très difficile de répondre aux besoins de notre pays’’, assure-t-il.
Pour atteindre l’objectif de 100% d’électrification d’ici 2030, il a chiffré le besoin d’investissement pour un montant à mobiliser de 8 milliards de dollars américains.
Le ministre a mis en perspective l’emprunt obligataire de 1500 milliards de francs guinéens (GNF) lancé par le ministre des finances, en notant que cela ne représente que ‘’2,1% de ce qui est lancé aujourd’hui’’, soulignant l’ampleur du défi qui attend la nation.
Tout en saluant le ‘’très fort accompagnement du financement public’’, incluant la Banque mondiale et d’autres institutions de financement dans le domaine de la distribution, il a insisté sur l’importance de l’investissement privé dans la production et l’électrification rurale, où le taux d’accès n’est actuellement que de 23%.
Il a cité un modèle réussi d’un mini-réseau lancé à Siguirini, une sous-préfecture de 72 000 habitants, en partenariat avec la Banque mondiale.
‘’Le secteur privé, avec une subvention de 80% de la Banque mondiale, l’opérateur de ce projet a apporté 20%. Aujourd’hui, vous pouvez investir dans le mini-réseau et vendre directement de l’électricité en installant les compteurs’’, ajoute-t-il.
D’après lui, un projet similaire à Thiaguel Bori a eu un ‘’impact incroyable sur les leviers de croissance de notre pays’’, assurant que de telles initiatives démontrent la viabilité et l’impact social et économique des investissements privés dans l’énergie.
Il a lancé un appel vibrant au secteur privé guinéen, en prenant l’exemple du Sénégal voisin, qui a encouragé la participation locale dans la création de sources d’énergie.
‘’J’en appelle au secteur privé guinéen. Le Sénégal l’a fait. Le contenu local, c’était une décision du Sénégal que les opérateurs économiques sénégalais investissent dans les BOT et les BOO, pour satisfaire le besoin d’énergie de notre pays’’, lance-t-il, avant de finir par les exhorter à ‘’regarder de plus près vos investissements dans le secteur de l’énergie qui peuvent être des investissements très rentables et qui changent totalement la vie’’.
Abdoulaye Bella DIALLO, pour VisionGuinee.Info
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