Le mouvement syndical guinéen vient de perdre l’une de ses figures les plus emblématiques. Abdoulaye Sow, leader respecté et défenseur des travailleurs, s’est éteint, laissant derrière lui un vide difficile à combler. Ses collaborateurs, visiblement bouleversés, ont rendu hommage à un homme décrit comme un ami, un combattant, un patriote, mais surtout un serviteur dévoué du monde du travail.
Très émue, Mme Diallo Mariama Dalanda Barry, secrétaire générale adjointe de l’USTG, a témoigné de la relation profondément humaine qu’elle entretenait avec le défunt.
‘’Il m’est très difficile de trouver les mots ce matin, parce que j’ai perdu un ami, un compagnon de lutte, un confident’’, confie-t-elle. Pour elle, Abdoulaye Sow n’était pas seulement un responsable syndical, mais un frère engagé, présent dans chaque moment décisif.
Elle rappelle son rôle majeur lors de la scission de l’USTG, période durant laquelle Sow lui avait témoigné une confiance totale. ‘’Toutes les personnes qui ont connu cette scission m’ont vue avec le général Sow. Aujourd’hui, il est parti, je ne peux que prier pour lui’’.
“Quand je l’ai appelé le vendredi sur la situation des enseignants, il m’a dit qu’il ne sentait pas bien. Qu’il va se reposer. Le dimanche, on a échangé, il était parti à l’hôpital. Hier, on m’a dit qu’il était en réanimation. J’ai tout fait pour le voir pour la dernière fois, mais Dieu en a décidé autrement’’, dit-elle, adressant ses condoléances à la famille du défunt et à l’ensemble des travailleurs du pays.
Pour le conseiller national de la transition, Aboubacar Sidiki Mara, la Guinée perd plus qu’un leader syndical.
‘’Ce n’est pas un syndicaliste qui meurt, c’est un patriote qui se repose désormais’’, affirme-t-il, rappelant le rôle central d’Abdoulaye Sow dans les grands moments socio-politiques du pays. Il souligne notamment son engagement en 2010, période de fortes tensions.
‘’Il faisait partie des premiers pionniers à œuvrer pour réconcilier nos mouvements syndicaux et les partis politiques’’, souligne-t-il, ajoutant que le deuil dépasse les frontières syndicales pour toucher toute la nation.
Membre fondateur de l’USTG, Elhadj Oumar Bella Diallo affirme que ‘’c’est un grand combattant. Il a toujours défendu les intérêts matériels et moraux des travailleurs de Guinée’’.
Mais au-delà de la défense des travailleurs, Abdoulaye Sow s’est également battu pour la survie de nombreuses entreprises en difficulté.
Il évoque notamment son implication dans le dossier Ecobank lui a valu la prison. ‘’Il a été emprisonné parce qu’il s’est préoccupé de la survie d’Ecobank. Il savait que si la banque tombait, ce sont les travailleurs qui allaient en payer le prix’’, se souvient-il.
Selon lui, le syndicaliste Sow laisse un héritage de loyauté, symbolisé par le cachet de l’USTG qu’il lui avait confié avant un déplacement à Fria, un geste de confiance devenu un souvenir lourd de sens après son décès.
Pour Alpha Mamadou Pathé Diallo, collaborateur de longue date à la Bicigui, devenue Vista Gui, le défunt Abdoulaye Sow était un syndicaliste complet, rigoureux et déterminé.
‘’C’était un combattant, un travailleur chevronné qui a œuvré toute sa vie pour l’amélioration des conditions de vie et de travail des collaborateurs des banques et des travailleurs guinéens en général’’, témoigne-t-il.
Il rappelle que leur dernière réunion remonte à la semaine dernière, à l’Inspection générale du travail. Preuve que le défunt a milité jusqu’à son dernier souffle. ‘’Ce n’est pas quelqu’un qui lâche. C’était un excellent négociateur’’, conclut-il.
Salimatou BALDE, pour VisionGuinee.Info
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