Le porte-parole des enseignants grévistes dénonce des manœuvres des autorités

[dropcap]A[/dropcap]u terme de leur série de mouvements de protestations pour exiger des pouvoirs publics leur engagement à la fonction publique, les enseignants contractuels de Guinée avaient bénéficié, en 2015, de l’accompagnement du gouvernement à hauteur de 470 000 GNF, au titre de prime d’encouragement en attendant leur prise en charge définitive.
Au regard de la non-tenue de cette promesse d’engagement qui se fait toujours attendre, les contractuels ont déclenché depuis le 1er février un débrayage sur l’ensemble du territoire national pour interpeller le gouvernement sur ses responsabilités.
Contre toute attente, ces protestataires sont étonnés de voir que leurs primes au compte du mois de janvier leur sont bloquées.
‘’Au lycée Titi 2 hier, le proviseur avait catégoriquement refusé de donner les primes du mois de janvier à nos amis. Ce n’est qu’après de chaudes discussions que ces derniers sont finalement entrés en possession de cet argent. Il paraitrait qu’on les a remplacés’’, déclare, remonté, le premier porte-parole des grévistes.
A ce propos, Fodé Abass Camara dit avoir eu un entretien avec le directeur communal de l’Education de Ratoma.
‘’Et M. Kalva qui m’a dit que tant que les 38 enseignants contractuels qui ont boudé les classes dans sa commune depuis une semaine, ne donnent pas les cours de rattrapage, qu’il va non seulement les remplacer, mais également il s’abstient de leur remettre cet argent qu’il dit mettre à la disposition du département’’, s’offusque-t-il.
A en croire notre interlocuteur, le même scénario se passe actuellement au niveau de la DPE de Coyah où la directrice a automatiquement procédé au remplacement des enseignants contractuels qui ont boudé les classes.
‘’Je l’ai appelée hier pour lui dire qu’elle ne peut pas confisquer l’argent des gens. Mais sa réponse a été que ce n’est pas à moi de lui donner des instructions et qu’elle a pris les mesures contre des enseignants qui ont déserté les classes, pour que les élèves ne soient pas abandonnés à eux-mêmes’’, conclut M. Camara.
Mady Bangoura, pour VisionGuinee.Info
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