Le président Doumbouya à propos de Damaro Camara et Kassory Fofana : “J’ai autorisé, à titre exceptionnel et pour des raisons exclusivement sanitaires, leur évacuation”
Le président de la République, Mamadi Doumbouya, a brisé le silence sur l’évacuation à l’étranger de l’ancien président de l’Assemblée nationale, Amadou Damaro Camara, et de l’ancien Premier ministre, Ibrahima Kassory Fofana. Dans un message publié sur sa page Facebook, le chef de l’État affirme avoir personnellement autorisé leur évacuation, tout en précisant que cette décision ne remet pas en cause les condamnations prononcées par la justice guinéenne.
“Sur les questions qui touchent à la conscience de la Nation, le Chef de l’État se doit de parler lui-même”, écrit-il.
Il a tenu à s’adresser directement à ses compatriotes “au sujet du départ à l’étranger de Messieurs Amadou Damaro Camara, ancien président de l’assemblée nationale et Ibrahima Kassory Fofana, ancien Premier ministre”.
Le président Doumbouya rappelle que “la justice guinéenne a été saisie. Elle a instruit, elle a jugé, elle a condamné. Elle l’a fait souverainement, au nom du peuple guinéen et de lui seul”.
Il affirme que “les décisions rendues conservent l’intégralité de leur autorité : aucune d’entre elles n’est effacée, aucune n’est révisée, aucune n’est négociée. Le principe qui fonde la refondation de notre pays demeure intact, nul n’est au-dessus de la loi, quelles qu’aient été ses fonctions”.
Le chef de l’État assure que son intervention est liée à l’état de santé des deux hommes. Selon lui, “un État fort n’est pas un État sans cœur. L’état de santé de ces deux hommes a été porté à ma connaissance et documenté. Face à la souffrance d’un être humain, j’ai estimé que la République ne pouvait détourner le regard”.
C’est pourquoi, dit-il, “j’ai autorisé, à titre exceptionnel et pour des raisons exclusivement sanitaires, leur évacuation vers des structures de soins appropriées”.
Amadou Damaro Camara a été évacué vers les États-Unis et Ibrahima Kassory Fofana a rejoint Paris à bord d’un vol spécial affrété par le chef de l’État qui insiste sur le fait que “cette décision n’est ni une amnistie, ni une grâce, ni un arrangement. Elle est un acte d’humanité, assumé devant vous”.
Il déclare vouloir d’une “Guinée qui juge sans haine et qui sanctionne sans acharnement. La rigueur que nous exigeons dans la gestion des deniers publics ne procède pas du ressentiment : elle procède de l’exigence”.
Mamadi Doumbouya se dit convaincu que la construction de la Guinée de demain ne peut reposer sur la rancune ou l’humiliation.
“Nous ne construirons pas la Guinée de demain sur la rancune, ni sur l’humiliation de qui que ce soit. La réconciliation nationale n’est pas l’oubli c’est la capacité d’un peuple à regarder ensemble vers l’avenir, une fois la vérité établie et la justice dite”, souligne-t-il.
Il indique aux guinéens que “notre pays entre dans une ère décisive. Il aura besoin de toutes ses filles et de tous ses fils, unis, apaisés, tournés vers le travail et la construction”.
Avant de souligner que “ce que nous poursuivons n’est pas la seule croissance des chiffres, mais la prospérité réelle de nos populations : l’école pour nos enfants, les soins pour nos familles, l’eau et l’électricité dans nos foyers, le travail pour notre jeunesse. Telle est l’unique mesure de notre réussite, et c’est main dans la main que nous bâtirons notre pays”.
Pathé BAH, pour VisionGuinee.Info
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