Le rescapé Mamoudou Conté décrit le militaire qui a égorgé une jeune femme au stade du 28 septembre : ‘’C’est un beau gars qui a commis cela…’’
Militant de l’Union des forces républicaines (UFR), Mamoudou Conté a été victime de coups et blessures au stade du 28 septembre en 2009. Ce mercredi, devant la barre, il a révélé les circonstances dans laquelle une manifestante a été égorgée par un militaire au stade.
‘’Il n’était pas cagoulé. Que ce dernier soit criminel, fait pitié. Parce que c’est un beau gars qui a commis cela’’, décrit-il en faisant référence à l’homme en uniforme qui a ôté la vie à une jeune femme qu’il a croisée au stade.
Il dit à qui veut l’entendre que ceux qui ont commis le massacre du 28 septembre sont des habitués des faits. ‘’Ce sont des habitués. Apparemment, ils n’ont pas commencé ça ici’’, assure Mamoudou Conté.
A l’entendre, la victime était jeune. ‘’C’était une fille bien arrêtée. Elle avait environ 17 ans, c’est comme les mannequins. Elle n’avait que son téléphone’’, détaille-t-il.
Dans sa narration, ce militant de l’Union des forces républicaines (UFR) dit avoir été bastonné par un béret rouge qui proférait des injures à son encontre. ‘’Il m’a demandé : ‘Vous êtes venu chercher quoi ici ?’. On m’insultait et me donnait des coups de pied. Il voulait même m’exterminer là-bas, c’est parce que je suis costaud. Cela me fait souffrir aujourd’hui. Jusqu’à présent, je ne me suis pas retrouvé et je ne pense plus me retrouver’’, laisse-t-il entendre.
‘’Quand il me bastonnait, il a vu une foule composée de femmes qui passait. Il s’est précipité vers là-bas. Dès qu’il a bougé pour là-bas, j’ai profité pour m’en fuir’’, se souvient-il.
A la question de savoir comment expliquer l’attitude des militaires qui ont commis ces atrocités au stade , il coupe court : ‘’C’est parce que les gens sont recrutés de façon pêle-mêle et on les envoie dans l’armée’’.
A la suite de son intervention, M. Conté dira qu’il ne réclame rien au tribunal. ‘’Je ne demande rien. J’ai fait les déclarations. C’est au tribunal de voir ce qu’il faut’’, souligne-t-il devant la barre.
Il espère que ‘’la Guinée est devenue comme un pays abandonné. Il y a des sages, mais on ne fait rien pour réconcilier les gens (…). Et si un pays devient comme ça, c’est qu’il est abandonné. On doit donner plus de pouvoirs à la justice. Il ne faut qu’un chef arrive à croire qu’il est plus que la justice (…). Les forces de défense et de sécurité étaient considérées comme au-dessus de la loi’’.
Abdoulaye Bella Diallo, pour VisionGuinee.Info
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