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Le taux de chômage en Guinée : un indicateur à interpréter avec prudence

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Soutra

Le taux de chômage global en Guinée est actuellement estimé à 5,2 %, selon l’Observatoire national du travail (ONT). À première vue, ce chiffre peut sembler rassurant. Pourtant, il masque une réalité beaucoup plus complexe, surtout pour les jeunes et les travailleurs informels.

Voici quelques données clés pour replacer ce chiffre dans son contexte :

Taux d’activité : 54,2 % – à peine plus de la moitié des personnes en âge de travailler participent au marché du travail.

Taux d’emploi : 51,6 % – seulement une personne active sur deux occupe effectivement un emploi.

Chômage des jeunes (15-24 ans) : 7,3 %, avec des pics allant jusqu’à 8 % selon certaines périodes.

Plus de 40 % des jeunes diplômés restent sans emploi stable, malgré leur niveau de formation.

Près de 80 % des emplois sont informels, c’est-à-dire sans contrat, sans sécurité sociale et souvent avec des revenus instables.

Ces chiffres montrent que le taux de chômage agrégé ne reflète ni la qualité des emplois ni la sécurité économique des travailleurs. Beaucoup d’actifs dits « occupés » exercent des activités de survie, faiblement rémunérées, intermittentes ou sans lien avec leur formation. Le taux officiel minimise le sous-emploi et donne une lecture excessivement optimiste.

Le problème n’est pas seulement que certains ne travaillent pas, mais que ceux qui travaillent n’ont souvent ni stabilité, ni protection sociale, ni perspective de retraite. Dans ce contexte, le marché du travail fonctionne davantage comme un outil de survie que comme un moteur de développement économique et social.

Pour comprendre réellement la situation en Guinée, il faut aller au-delà du simple taux de chômage et intégrer :

  • le taux de sous-emploi ;
  • la précarité des emplois occupés
  • l’accès effectif aux prestations sociales et aux droits futurs.

Sans ces indicateurs, le risque est de confondre une activité de survie avec un emploi décent et de baser des politiques publiques sur une vision partielle de la réalité.

La question centrale pour la jeunesse guinéenne n’est pas seulement de travailler, mais de travailler dans des conditions permettant une insertion durable et une autonomie réelle pour l’avenir.

Un jeune qui passe ses journées au quartier, à faire du thé sous un arbre et à critiquer régulièrement l’administration publique au motif de ne pas avoir obtenu un emploi, ne peut pas être considéré comme chômeur dès lors qu’il ne recherche pas activement un travail et n’est pas disponible pour travailler.

Pour ma part, je considère que le fait d’avoir hérité du système français n’est pas bénéfique pour notre pays, car, à défaut d’être employé, chacun devrait pouvoir se projeter comme employeur.

Safayiou Diallo

Soutra
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