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Le volontariat français, un levier pour le développement durable et la coopération franco-guinéenne

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Soutra

La 11ᵉ édition de la Journée du volontariat français s’est tenue, ce mercredi 14 octobre, à Conakry, autour du thème : « La contribution des volontaires au développement durable en Guinée ». Organisée par France Volontaires Guinée au Centre culturel franco-guinéen (CCFG), cette rencontre a permis de mettre en avant l’engagement des volontaires dans des secteurs essentiels et plaidé pour un partenariat fondé sur le partage des compétences et la réciprocité entre la France et la Guinée.

Le volontariat au service du développement durable était au cœur des échanges, ce mercredi 14 octobre, à Conakry. À l’occasion de cette journée, responsables institutionnels, partenaires et volontaires se sont réunis pour valoriser les actions menées sur le terrain et réfléchir aux moyens de renforcer leur contribution au développement de la Guinée.

Prenant la parole à l’ouverture de la cérémonie, Guy Aho Télé Bénissan, représentant de France Volontaires en Guinée, a salué la mobilisation des partenaires, notamment l’Agence nationale du volontariat jeunesse (ANVJ), les associations nationales, l’ambassade de France et les autorités guinéennes.

‘’Depuis 1987, France Volontaires est présente en Guinée. Aux côtés des organisations et des communautés locales, nous contribuons à des initiatives dans des domaines essentiels tels que l’éducation, la santé, l’environnement, la jeunesse et la cohésion sociale. L’engagement des volontaires va bien au-delà de la réalisation de leur mission. Ils favorisent le partage de compétences, le renforcement des capacités locales et la construction de relations humaines durables’’, a-t-il rappelé.

Pour Guy Aho Télé Bénissan, l’apport des volontaires ne se limite pas à l’accomplissement de leurs missions. Il se traduit également par le partage de compétences, le renforcement des capacités locales et la création de relations humaines durables.

‘’Aujourd’hui, notre ambition est de renforcer cette dynamique en faisant du volontariat un levier de développement durable et de coopération entre la France et la Guinée. Cela passe notamment par la réciprocité, afin que les jeunes guinéens puissent eux aussi bénéficier d’opportunités de volontariat en France, acquérir de nouvelles compétences et s’ouvrir au monde. La collaboration engagée avec l’ANVJ constitue, à cet égard, un axe important de notre action commune. À l’approche de 2030, poursuivons ensemble nos efforts afin que chaque mission réponde à un besoin réel et contribue aux priorités du développement de la Guinée’’, a-t-il déclaré.

La réciprocité des échanges a occupé une place importante dans les différentes interventions. Pour les responsables présents, le volontariat ne doit pas se limiter à l’envoi de volontaires français en Guinée. Il doit offrir aux jeunes guinéens la possibilité d’effectuer des missions en France, d’acquérir de nouvelles compétences et de les mettre ensuite au service de leur pays.

Le premier conseiller de l’ambassade de France, Jean Lecas, a salué l’engagement des volontaires français et guinéens, tout en rappelant que le volontariat dépasse le cadre d’une simple expérience professionnelle.

‘’Le volontariat ne se limite pas à une mission professionnelle. C’est un état d’esprit, un engagement moral et humain. Il repose sur la volonté de servir les autres, de partager ses compétences et de participer à des projets collectifs. France Volontaires est présente depuis longtemps en Guinée. Nous approchons aujourd’hui des quarante années de présence, puisque nous célébrons la 39ᵉ année cette année et que le quarantième anniversaire sera une belle occasion de mettre en valeur la profondeur des relations entre nos deux pays’’, a indiqué le diplomate.

Pour lui, ‘’le volontariat ne doit pas fonctionner dans un seul sens, de la France vers la Guinée. Il doit également permettre aux jeunes guinéens de partir en France, d’acquérir de nouvelles compétences et de revenir les mettre au service de leur pays. Cette réciprocité suppose une bonne préparation des missions, des séjours et des conditions d’accueil. Elle nécessite aussi un travail commun entre les organisations françaises et guinéennes’’.

Volontaire guinéen, Mamadou Saliou Diallo s’apprête à effectuer une mission de douze mois en France, où il entend partager son expérience dans le domaine de l’apiculture avec les jeunes français.

‘’Ma mission consistera à transmettre mes compétences et mon savoir-faire apicole aux jeunes Français. En retour, je pourrai apprendre de leurs techniques de production et de transformation. À mon retour en Guinée, je compte mettre en pratique les connaissances acquises et les partager avec les jeunes et les femmes qui souhaitent se lancer dans le domaine de l’apiculture’’, a-t-il indiqué.

Le ministre de la jeunesse, Bea Diallo, a, pour sa part, insisté sur la dimension humaine du volontariat. Selon lui, cette expérience permet de dépasser les préjugés, de découvrir d’autres réalités et de construire des relations fondées sur la compréhension mutuelle.

‘’Le volontariat, ce n’est pas le Nord qui vient aider le Sud. C’est une rencontre entre des femmes et des hommes qui ont chacun quelque chose à apporter à l’autre ‘’, a-t-il affirmé.

Le ministre Diallo a plaidé pour une meilleure reconnaissance de l’expérience acquise par les volontaires, estimant que les missions de terrain peuvent révéler des qualités et des aptitudes qui ne sont pas toujours visibles à travers les diplômes.

Il a exhorté les jeunes français et guinéens à poursuivre leur engagement, rappelant que les expériences de volontariat peuvent enrichir les parcours individuels tout en contribuant au développement collectif.

‘’Le volontariat peut révéler chez un jeune des qualités que son diplôme ne montre jamais et ne pourra jamais montrer. C’est pourquoi, au ministère de la jeunesse, avec l’Agence nationale du volontariat jeunesse et nos partenaires, nous devons continuer à développer et à mieux valoriser cette expérience. Nous devons faire en sorte qu’elle soit reconnue, qu’elle puisse enrichir un parcours et qu’elle ouvre également des perspectives’’, a-t-il encouragé.

‘’Chers jeunes, chers volontaires français et guinéens, je voudrais vous dire une chose. Ne sous-estimez jamais la valeur de votre engagement. Peut-être qu’aujourd’hui, vous accompagnez un enfant dans des écoles de devoir. Parce que cette expérience, cette expertise que ces jeunes vont apprendre, vont avoir, ça va leur servir pour toute leur vie. Et ça va servir surtout à notre pays à s’agrandir et à se développer. Continuons à développer ces échanges entre la France et la Guinée’’, a-t-il ajouté.

La cérémonie a été marquée par la projection d’images consacrées aux volontaires français en activité en Guinée. Parmi les personnes mises à l’honneur figure Camille Buroux, sage-femme au dispensaire Saint-Gabriel de Matoto, à Conakry, où elle exerce depuis son arrivée dans le pays, il y a un an.

Elle a reçu un prix en reconnaissance de son engagement auprès des équipes de santé. Une image la montrant après avoir contribué à un accouchement, aux côtés d’autres sages-femmes, a notamment illustré la réalité de son travail au quotidien.

Visiblement émue, la lauréate a exprimé sa satisfaction de recevoir cette distinction, qu’elle considère comme une belle récompense pour son engagement en Guinée.

‘’On vient toujours en tant que volontaire pour apporter quelque chose, mais on apprend aussi beaucoup et ça nous apporte beaucoup. Le volontariat, c’est : on apporte quelque chose, mais on reçoit aussi beaucoup. Du coup, je suis très émue de recevoir ce prix’’, a-t-elle déclaré.

Elle a aussi témoigné des situations parfois difficiles auxquelles elle est confrontée au quotidien dans l’exercice de son métier auprès des femmes et des nouveau-nés.

‘’Quand il y a des difficultés matérielles ou d’arrivée de courant, et qu’il y a ces bébés qui arrivent qu’il faut réanimer, ces mamans qui saignent dont il faut s’occuper, c’est toujours des moments assez intenses, assez difficiles. Et c’est tout le travail d’équipe, la coopération entre toute la maternité du dispensaire Saint-Gabriel et la mienne, où on met toutes nos compétences en commun pour s’en sortir, pour que les enfants et les femmes aillent au mieux après leur passage à Saint-Gabriel’’, a-t-elle conclu.

Pathé BAH, pour VisionGuinee.Info

00224 621 77 38 52/bahpathe17@gmail.com

 

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