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Les forces de sécurité accusées d’avoir tué un lycéen de 18 ans qui revenait de l’école : ‘’ils lui ont tiré sur la tête, il est tombé sur le trottoir’’

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Mamadou Yaya Bah, 18 ans, élève en 12ème année dans une école à la cimenterie, a été fauché par balle dans la journée du lundi 27 novembre à la T8. Pour en savoir davantage sur les circonstances de son décès, un reporter de VisionGuinee s’est rendu dans la famille mortuaire.

A Wanindara, dans la concession familiale du défunt, la tristesse se lisait sur tous les visages. Les proches de Mamadou Yaya Bah, dont sa soeur, son père, son homonyme et un camarade de classe de la victime rapporte que le jeune lycéen revenait de l’école quand il reçu une balle à la tête pendant qu’il traversait la route.

L’acte s’est produit dans les environs de 13h, alors que des jeunes du quartier protestaient dans la rue contre le manque du courant l’électrique. Les agents de la police et de la gendarmerie déployés sur le terrain pour le maintien d’ordre sont accusés d’être à l’origine de la mort de cet élève.

Les faits

Selon Fatoumata Binta Bah, grande sœur de la victime, ‘’il a été touché par balle au niveau de la tête au moment. Il quittait l’école pour la maison parce qu’il se plaignait de maux de tête. Il avait pris la permission auprès des responsables de l’école pour rentrer à la maison. Lorsqu’il est arrivé au niveau de la T8, il a trouvé que des jeunes manifestent contre le manque d’électricité dans leur zone. C’est dans les environs de 14h qu’on m’a appelée pour m’annoncer que mon frère a été tué par les forces de sécurité’’.

Ibrahima Bah, père du défunt, déclare que des échauffourées ont éclaté à Wanindara après l’annonce de la mort de son fils. Le cortège qui transportait la dépouille mortelle a été la cible de tirs gaz lacrymogènes.

‘’Ce sont ses amis qui m’ont appelé pour m’informer. C’était aux environs de 13h30. On m’a fait savoir que des jeunes étaient sortis pour manifester. Au moment où il traversait la route pour revenir à la maison, cela a coïncidé à l’arrivée des forces de sécurité. Malgré qu’il portait sa tenue et son sac, ils lui ont tiré sur la tête. Il est tombé sur le trottoir. Des jeunes sont venus le prendre pour l’amener dans une clinique non loin là. Ils l’ont laissé là-bas. Moi j’étais à Madina quand ils m’ont appelé. Arrivé à la clinique, j’ai trouvé qu’il était couché. Son sac et ses chaussures étaient auprès de lui. Il était trempé de sang’’, décrit le géniteur.

‘’Quand nous l’avons pris le corps pour l’envoyer à la maison, les forces de sécurité ont tiré encore.  Heureusement que personne n’a été touché. Nous avons amené le corps dans notre quartier. En se rendant au cimétière, des bérets rouges étaient un peu partout avec des armes. Ils ont aussi tiré sur les gens, ceux qui tenaient le corps ont failli le faire tomber. Malgré tout, nous sommes allés enterrer le corps’’, précise M. Bah.

Alimou, camarade de classe de la victime, confirme que le défunt a quitté l’école pour la maison en plaignant de céphalées. ‘’Il forcé pour rester en classe jusqu’à 10h, mais ça n’allait toujours pas. Il a demandé la permission à notre enseignant. C’est ainsi qu’il a pris la route direction la maison. Fort malheureusement, il n’y avait pas de véhicule de transport en commun. Il a décidé de marcher jusqu’à ce qu’il trouve un moyen de déplacement. C’est dans ces circonstances qu’il a été atteint par balle’’, témoigne ce lycée.

A la question de savoir à quel corps appartient l’auteur du tir motel, il répond : ‘’Il y avait des hommes en tenue postés dans les parages. Difficile dire c’est tel ou tel autre corps. Mais c’est qui est sûr, ce sont des éléments de la gendarmerie et la CMIS qui étaient sur place’’.

Appels à la justice

Elhadj Yaya, l’homonyme de la victime interpelle le colonel Mamadi Doumbouya en lui rappelant que ‘’quand il apris le pouvoir, il a pris des engagements. Il a dit que les erreurs du passé ne referont plus surface. Maintenant, les erreurs du passé se font chaque jour’’.

Il rajoute que le ‘’ministre de la justice Alphonse Charles Wright avait pris des engagements. Il a dit que toute personne qui va tuer, il fera tout pour que la personne soit traduite en justice. La première jeune tombe sur les balles de CNRD, il a retrouvé l’auteur. Après cela, beaucoup de jeunes ont été tués et les coupables ne sont pas arrêtés. Nous demandons justice pour notre fils qui a été tué sans raisons. Il y a des manifestations partout à Conakry, mais c’est toujours sur l’axe qu’on tue les enfants’’.

Le père du défunt saisit la balle au bond pour lancer un sévère avertissement : ‘’Ceux qui sont en train de tirer sur des guinéens, ils ont aussi des enfants. Le sang qui a coulé, ils payeront pour ça. Parce c’est au niveau de la commune de Ratoma seulement qui savent ôter des vies. Mais le sang et les larmes qui sont en train de couler là, vont se retourner contre eux-mêmes tôt ou tard. Nous nous ne porterons pas plainte contre quelqu’un. L’âme qu’ils ont ôtée là, c’est entre eux et Dieu, puisque l’âme appartient à Dieu’’.

Salimatou BALDE, pour VisionGuinee.Info

00224 662 78 58 57/salimbalde91@gmail.com

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