L’Institut Pasteur de Guinée ouvre ses portes pour renforcer la surveillance épidémiologique et la recherche biomédicale
L’Institut Pasteur de Guinée (IPGui) a été officiellement inauguré, ce mardi 15 avril. Plus qu’un simple bâtiment, cette institution s’affirme désormais comme le pivot de la surveillance épidémiologique et de la recherche biomédicale en Guinée, mais aussi en Afrique de l’Ouest.
La cérémonie a connu la présence du Premier ministre Bah Oury, de l’ambassadeur de France en Guinée et en Sierra Leone, de la directrice internationale de l’Institut Pasteur, ainsi que de nombreux partenaires scientifiques et institutionnels.
Créé en 2015 au lendemain de la tragédie d’Ebola, l’institut est le fruit d’une coopération bilatérale entre la Guinée et la France. Comme l’a rappelé Noël Tordau, directeur de l’Institut Pasteur de Guinée, l’institution a grandi dans le feu de l’action.
‘’L’Institut Pasteur est né dans l’urgence, à la demande de la présidence guinéenne, à l’époque pour épauler la Croix-Rouge française qui gérait le centre de traitement Ebola de Macenta. C’est à ce moment-là que je suis arrivé et que j’ai connu pour la première fois la Guinée. C’est la même urgence que nous avons connue durant la pandémie de Covid en 2020-2021, avec quelque 30 000 tests nasopharyngés réalisés en support à l’hôpital de Donka. Mais derrière l’urgence, il y a le temps long, la pérennité’’, indique-t-il, assurant que cet institut va contribuer à former en Guinée une nouvelle génération de chercheurs, développer des outils de surveillance des pathogènes circulant dans les eaux usées, permettant de traquer la Covid, la rougeole et le choléra.
La construction de l’Institut Pasteur de Guinée a été rendue possible grâce au soutien financier de l’Agence française de développement (AFD) et du ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères.
L’IPGui ne se contente pas de la recherche théorique. L’ouverture de son laboratoire de biologie médicale (LBM) marque une avancée concrète pour la population. Certifié ISO 9001, le centre propose des expertises allant de la biologie de routine à des analyses spécialisées (virologie, biologie moléculaire, hormonologie).
Pour les cas les plus rares, un système d’externalisation vers la France garantit une prise en charge complète, faisant de l’IPGui un établissement déjà primé par le prix scientifique Gabriel Sultan.
La cérémonie a réuni un parterre de hauts dignitaires, soulignant la dimension géopolitique de l’événement. L’ambassadeur de France en Guinée et en Sierra Leone a salué une promesse tenue et un investissement structurel pensé pour durer.
‘’Nous inaugurons aujourd’hui bien plus qu’un bâtiment. Nous inaugurons une promesse tenue. La promesse que la France et la Guinée ont faite il y a dix ans, suite à cette crise sanitaire éprouvante, celle de protéger les populations et de doter la Guinée d’un outil pérenne de surveillance et de riposte aux maladies émergentes’’, a rappelé Luc Briard.
Selon le diplomate français, ‘’l’Institut Pasteur en Guinée sera guinéen dans son âme, international dans ses réseaux, universel dans ses ambitions. Parce que la science ne connaît pas de frontières, et que la santé mondiale est un bien commun’’.
De son côté, la ministre de la santé et de l’hygiène publique, Khaïté Sall, a insisté sur l’intégration de l’IPGui comme un modèle de gouvernance scientifique en Afrique de l’Ouest.
‘’Avec plus de 8 millions d’euros engagés par l’Agence française de développement, le soutien constant de l’Institut Pasteur de Paris et plusieurs projets de recherche obtenus sur compétition internationale, l’Institut Pasteur de Guinée dispose aujourd’hui d’infrastructures aux standards mondiaux, d’un laboratoire de sécurité de haute performance, d’une biobanque, d’une plateforme de diagnostic et prochainement d’un laboratoire de biologie médicale et d’un centre de vaccination ouvert au public’’, s’est-elle réjouie.
La ministre Sall a souligné que l’Institut Pasteur de Guinée est un levier de transformation qui s’aligne parfaitement avec la vision du programme Simandou 2040.
‘’Il co-construit les programmes de formation avec nos universités, contribue au programme national 1000 doctorats et 5000 masters et est reconnu comme terrain de recherche par de grandes universités européennes. Il forme la prochaine génération de chercheurs guinéens ancrés dans les réalités de notre pays, mais ouverts sur le monde. Des femmes et des hommes qui resteront fidèles aux valeurs d’excellence, d’humilité et d’humanisme qui font la force du réseau international des instituts Pasteur. En inaugurant l’Institut Pasteur de Guinée, nous posons un acte politique fort, parfaitement aligné aux ambitions du programme Simandou 2040, feuille de route nationale, portée par Son Excellence M. le président de la République’’, a indiqué la ministre de la santé.
Pour sa part, le Premier ministre a placé cette inauguration sous le signe du raffermissement des liens entre Paris et Conakry.
‘’Au-delà de l’aspect scientifique, ça concrétise le raffermissement des relations de la Guinée avec la France. Merci aux scientifiques qui sont les ambassadeurs qui vont au-delà de ce que les ambassadeurs traditionnels peuvent faire (…). Cela s’inscrit dans la durée, cela apporte réconfort, c’est un réel partage, le partage du savoir, le partage des expériences et le raffermissement dans la durée des relations entre des hommes et des femmes qui ensemble se donnent la main pour combattre des fléaux qui sont des fléaux mondiaux. La Guinée reprend, disons, un parcours qui a été interrompu’’, a assuré Bah Oury.
Pathé BAH, pour VisionGuinee.Info
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Une pas en avant Très prometteur.