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L’opposition se réveille, mais a-t-elle adopté une quelconque stratégie ?

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Soutra

[dropcap]E[/dropcap]n publiant le 24 juin une déclaration dans laquelle elle “exige l’annulation du double scrutin du 22 mars par la dissolution de l’Assemblée Nationale et de la Constitution qui en sont issues, la libération et l’arrêt des poursuites contre les militants du FNDC ; l’installation des conseils régionaux en même titre que les Chefs de quartier et district et l’ouverture d’un dialogue politique sous les auspices de la communauté internationale”, l’Opposition guinéenne, branche politique du Front national pour la défense de la Constitution (Fndc), commence à poser des actes concrets qui feront de meilleurs résultats que ses manifestations.

Selon un observateur de la scène politique guinéenne, “des gens du Fndc, voyant les résultats de la mobilisation des maliens contre le pouvoir en place à Bamako, qui exigent rien de moins que la démission du président Ibrahim Boubacar Keïta (IBK), pensent que c’est cette méthode qu’il faut appliquer en Guinée parce qu’Alpha Condé ne comprend que le rapport de force… les affrontements. Or, ils perdent beaucoup plus dans ces affrontements que lorsqu’ils ont autour d’une table de négociations’’.

Pour cet observateur, “en exigeant l’ouverture d’un dialogue politique sous les auspices de la communauté internationale, l’Opposition commence à voir le chemin à suivre. Elle doit donner des points de ce dialogue, dire par exemple que si le Fichier électoral n’est pas refait correctement pour qu’il soit consensuel, il serait impossible d’aller aux élections. Elle doit dire que si le pouvoir s’entête à organiser des élections, elle aussi, comme elle représente au moins deux tiers des guinéens, elle va former un gouvernement et appeler le monde libre et démocratique à le reconnaître. Il faut que le Fndc présente au monde entier un mémorandum dans lequel elle va proposer les solutions pour une alternance en Guinée’’.

Silence des Commissaires désignés par l’Opposition

Dans de nombreux milieux, bien des gens se demandent ce “qui justifie le silence des Commissaires de la Céni choisis par l’Opposition. En décembre, c’est eux qui ont dénoncé les dysfonctionnements dans la préparation des élections, notamment en ce qui concerne le fichier électoral. Avec leur action, les conseillers de l’Oif ne pouvaient plus se dérober au sujet des millions de personnes inscrites frauduleusement dans le fichier. Bref, ces commissaires ont aidé à décrédibiliser les résultats des élections du 22 mars dernier’’.

Dans ces milieux, les interrogations sont nombreuses, certains vont jusqu’à évoquer une possibilité de corruption car, “maintenant que la Céni a fixé, en leur présence, la date du 18 octobre, on peut se demander pourquoi ils n’ont pas réagi ? Ont-ils peur de perdre leurs postes et les privilèges qui y sont rattachés ? Ont-ils reçu des cagnottes pour laisser faire et ne pas tout perdre ? Si c’est le cas, il faut espérer qu’ils ont pris l’argent et ne pas être dribblés comme l’a été le constitutionnaliste Zogbelemou Togba’’.

En tout cas, si dans le camp présidentiel nombre de responsables disent qu’ils sont fin prêt pour aller aux élections le 18 octobre, Cellou Dalein Diallo et ses compagnons du Fndc, eux, estiment que la CENI ‘’ignore la situation politique et sanitaire du pays pour fixer, sans concertation préalable avec les autres acteurs politiques, la date de l’élection présidentielle au 18 octobre 2020’’, en précisant qu’ils “dénoncent solennellement le chronogramme diffusé par la CENI qui viole la loi électorale et ignore la situation politique et sanitaire du pays pour fixer, sans concertation préalable avec les autres acteurs politiques, la date de l’élection présidentielle au 18 octobre 2020’’.

Ajoutant qu’il “est inadmissible que le président de la CENI, sans concertation préalable avec la classe politique, saisisse la Cour constitutionnelle d’une requête pour solliciter l’autorisation de supprimer purement et simplement les délais légaux fixés par le Code électoral“, les Opposants trouvent qu’il “est scandaleux de constater que la Cour constitutionnelle autorise cette suppression sans base légale ni consensus politique comme si les dispositions de la loi organique fixant les différents délais étaient des dispositions supplétives auxquelles on peut déroger par une volonté contraire’’.

La CENI et la Cour constitutionnelle violent la loi

En soulignant qu’une “Cour constitutionnelle ne peut se substituer au législateur ou autoriser la violation de la loi, de surcroît une loi organique, sans un large consensus politique“, les Opposants indiquent par ailleurs qu’en “supprimant les délais liés aux opérations d’affichage, de correction et de gestion des contentieux, la CENI et la Cour constitutionnelle violent le droit communautaire car le contrôle des listes électorales est essentiel aussi bien pour les électeurs que pour les acteurs politiques, surtout pour un fichier dont la crédibilité et la fiabilité sont unanimement contestées’’.

Pour eux, en “agissant ainsi, les Présidents de la CENI et de la Cour constitutionnelle, qui ont violé à plusieurs reprises leurs serments et mis en évidence leur manque d’indépendance dans la préparation et l’organisation du double scrutin du 22 mars, récidivent dans la préparation de l’élection présidentielle de 2020’’… Lire la suite de l’article sur Guinafnews.info en cliquant ici.

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