[dropcap]R[/dropcap]ien de secret. La randonnée parisienne devrait aboutir à une feuille de route permettant à Cellou Dalein Diallo et au duo Sidya Touré-Lansana Kouyaté d’accorder leur violon. Afin de donner une réponse historique au chronogramme vaticinant un remake quinquennal pour Alpha Condé.
La semaine dernière, les ténors de l’opposition républicaine se concertaient encore à Paris autour de l’imbroglio électoral orchestré par les jusqu’au-boutistes du régime actuel et les conséquences que cela pourrait avoir sur le présent et l’avenir de la démocratie guinéenne en cette fin de premier mandat présidentiel d’Alpha Condé.
Selon nos informations, rien de nouveau n’a filtré. Les opposants s’en tenaient au mot d’ordre issu de leurs différents apartés et décisions entérinées lors de l’assemblée générale extraordinaire tenue la veille de leur départ pour Paris. Au nombre desquels l’appel à ses députés à suspendre momentanément leur participation aux travaux de l’Assemblée nationale et, un clin d’œil à ses représentants à la Céni à prendre acte de leur refus de cautionner un calendrier électoral édicté par les mains invisibles du régime Alpha Condé.
A ces deux moyens de pression, l’opposition entrevoit un autre à la base : le boycott des délégations spéciales installées par décret présidentiel dès l’arrivée d’Alpha Condé au pouvoir. Une méthode qui pourrait contraindre le régime à revenir sagement sur l’ordre d’organisation des élections tel que prévu et entériné par les accords du 3 juillet 2013 ayant balisé la voie de la tenue des législatives le 28 septembre de la même année.
Effet immédiat du conclave parisien, la panique s’installe dans le camp du parti au pouvoir. Le président du groupe parlementaire de la majorité présidentielle, le député Amadou Damaro Camara, fulminait la semaine dernière le déploiement des forces de l’ordre au siège de l’Assemblée nationale lors de la prochaine session des lois. Une propension qui amène certains leaders de l’opposition à le soupçonner, lui et les hiérarques du Rpg-Arc-en-ciel de son rang, d’entreprendre des actions de sabotage de la démocratie en Guinée, par le recours à la force où il ne se doit pas.
Car, l’opposition ne demande que la recomposition de la Céni, l’installation de la Cour constitutionnelle compétente en matière de contentieux électoraux, comme le voudrait l’article 93 de la Constitution et la reprise du recensement de la population. Toute chose qui conduirait le pays à des élections dans un climat apaisé.
Seulement, il est à parier que le démêlage en cours à Paris, s’il n’est accompagné d’aucun soutien des pays à tradition démocratique, va se transformer en une déculottée pour ses tenants et conduire le pays dans l’embarcation Arc-en-ciel pour une durée de cinq ans.
L’opposition face au remake Condé
Sur les 114 sièges que compte l’Assemblée nationale présidée par l’honorable Claude Kory Kondiano, l’opposition occupe 49. L’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) de Cellou Dalein Diallo a 37. L’Union des forces républicaines (UFR) de Sidya Touré 10. Le Rassemblement pour le développement intégré de la Guinée (RDIG) de Jean-Marc Telliano et le Parti guinéen pour la renaissance et le progrès (PGRP) de Alpha Ibrahima Sila Bah, 1 siège chacun.
L’opposition aurait pu obtenir jusqu’à 51 en intégrant les 2 sièges remportés par le Parti de l’espoir pour le développement national (PEDN), mais son président Lansana Kouyaté ayant préféré ne pas siéger, ce parti n’a plus qu’un seul siège occupé par la députée non-inscrite, Mme Traoré Djalikatou Diallo, dont la position reste à élucider dans ce nouvel environnement qui s’annonce ardu.
Toutefois, cette question fait partie des autres plus lancinantes posées à la table de discussions pendant cette retraite parisienne. Devant aboutir à une feuille de route qui devrait permettre à Cellou Dalein Diallo et au duo Sidya Touré-Lansana Kouyaté d’accorder leur violon. Afin de donner une réponse historique au chronogramme vaticinant un remake quinquennal pour Alpha Condé au scrutin du 11 octobre prochain.
D. Alpha


