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L’UDG de Mamadou Sylla en conflit désormais ouvert avec le pouvoir

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«Si tu me trahis le matin, je te trahis le soir», balance Mamadou Sylla. Alors qu’Alpha Condé annonce sur tous les toits qu’il «bouffe les politiciens» guinéens qu’il n’hésite pas à traiter, d’ailleurs, d’«apprentis politiciens », voilà qu’un nouveau bras de fer semble l’opposer à l’homme d’affaires qui s’est lancé dans la politique, il y a seulement peu de temps.

En effet, El hadj Mamadou Sylla était jusque-là parmi les proches du Président Alpha Condé. Mais, depuis les dernières législatives qui ont donné trois (3) députés à son parti, l’UDG, il s’est vu ‘’faiseur de roi’’, au point de se livrer à un chantage du Chef de l’Etat afin qu’il obtienne «le poste de 1er Vice-président» sinon, «je vais basculer dans l’autre camp», a-t-il menacé. Et pour cause. Mamadou Sylla lie sa position à deux (2) raisons : les trois députés qu’il a [il en revendique plus, d’ailleurs, n’eût été …] et le protocole qu’il a eu à signer avec le camp présidentiel. Ce qui, selon son analyse, lui donne droit au poste de 1er Vice-président de l’Assemblée nationale.

Il pousse le chantage jusqu’à dire qu’il a «attendu trois ans durant, sans rien recevoir du pouvoir actuel. Alors que Alpha Condé m’avait promis, au terme du deal [protocole] de 2010, dans l’entre-deux-tours, qui nous liait, que je devais être nommé par décret présidentiel comme Président du secteur privé». Puisqu’il n’a pas été nommé à ce poste, «C’est le temps pour moi de prendre ma revanche en exigeant le poste de 1er Vice-président de l’Assemblée nationale» tout en soutenant que «Si tu me trahis le matin, je te trahis le soir», balance-t-il aux journalistes.

On est resté dans cette attente, lorsqu’il y a eu l’épisode de la suspension de son Secrétaire général de parti, Soriba Sorel Camara. Ce dernier avait pris part à une réunion des députés élus du RPG Arc-en-ciel pour annoncer que «Mamadou Sylla n’a aucune exigence pour soutenir la mouvance présidentielle».

Après la tombée de la sanction, Sorel n’hésitera pas à faire allégeance au camp présidentiel en faisant même d’autres sorties pour ‘’charger’’ son patron d’hier. Le bras de fer était inexorablement engagé entre les deux hommes et le divorce consommé à présent.

Mamadou Sylla qui se targue d’être à l’origine de la nomination de Soriba Sorel Camara au poste de Secrétaire général du Ministère de l’Elevage, a difficilement ruminé cette ‘’offense’’ qu’il a qualifié d’’’affront’’ en faisant réagir la direction du parti contre les agissements de l’ancienne deuxième personnalité de la formation politique qu’il dirige. Le document évoquera même le caractère de transhumant politique qu’est Soriba Sorel Camara.

Retour de bâtons quelques jours plus tard. Une nouvelle, pas bonne pour l’homme d’affaires devenu Chef de parti, est tombée ce 2 janvier 2014. Il s’agit du «départ de vingt (20) cadres de l’UDG de Mamadou Sylla».

Joint au téléphone, l’homme d’affaires a plutôt semblé afficher la sérénité même s’il a un bouc émissaire tout trouvé: «Il y a la main du pouvoir derrière ce qui vient de se passer. Mais, croyez-moi, je suis serein. J’ai trois (3) députés en qui j’ai entièrement confiance».

Minimisant l’étoffe des «partants», il les qualifie d’être «des préfets encore en poste ou des militants qui avaient cessé de fréquenter l’UDG depuis un certain temps. Donc, ce ne sont pas des militants convaincus du parti». Parmi les noms des démissionnaires cités, un seul Préfet en fonction a son nom sur la liste, Mamadou Conté, Préfet de Fria.

D’autre part, Mamadou Sylla ne mesure pas encore ‘’la force du meneur’’ de cette défection dirigée par Soriba Sorel Camara dont il dit finalement aujourd’hui que «C’était une taupe [du pouvoir ; NDLR] au sein de l’UDG. Il ne peut pas débaucher une seule personne de l’UDG. La preuve ? Il a appelé beaucoup de fédéraux de l’intérieur du pays, pour leur demander de quitter l’UDG. Tous ont dit « non » et l’ont qualifié d’ingrat. Soriba Sorel Camara va droit au mur», a-t-il conclu.

Et c’est le même Soriba Sorel Camara qui a lu le document de démission des 20 membres de l’UDG dont lui-même, ce 2 janvier 2014. Un espace lui a été accordé à cet effet, dans l’édition de 20 h 30 du journal télévisé de la RTG: « … les différentes déclarations du Président de l’UDG sont de nature à non seulement dénoncer unilatéralement l’alliance RPG Arc-en-ciel – UDG d’une part, mais aussi de compromettre dangereusement l’avenir des cadres du parti dans le futur. De tout ce qui précède, le Collectif décide : la démission des cadres signataires de l’UDG. Lance un appel à tous les cadres et militants de l’UDG où qu’ils soient, engagés pour le changement, à rejoindre ses rangs par des démissions formelles». Et la déclaration a été diffusée, in extenso, en page spéciale, à la fin du journal à la télévision nationale.

Alhousseiny Makanéra Kaké qui est membre du Bureau Politique du RPG Arc-en-ciel, a bien accueilli ce nouvel épisode politique. Et il qualifie la décision de démission des vingt (20) cadres de l’UDG: «C’est une décision responsable et courageuse qu’il faut saluer et féliciter pour que certains leaders politiques puissent faire la différence entre un parti politique et une entreprise privée».

Une des premières conséquences de ces départs, c’est la réaffirmation de l’appartenance des députés élus au parti RPG Arc-en-ciel. Ceci, pour avoir été inscrits sur la liste du parti présidentiel même si à l’origine, ils seraient de l’UDG de Mamadou Sylla. Un de ceux-ci, Mamadouba Tawel Camara, député élu de la circonscription électorale de Boké, s’est clairement démarqué de l’UDG: «Ce qui a été dit par Mamadou Sylla, n’engage que lui. Moi, Mamadouba Tawel Camara, je n’ai jamais appartenu au parti de Mamadou Sylla. Je suis du RPG Arc-en-ciel. Je suis le Président du bureau de base du RPG Arc-en-ciel de Kolounfanya. J’ai été présenté par le RPG Arc-en-ciel. Je ne suis jamais avec l’UDG».

Quant à Mamadou Sylla, il met ce comportement des frondeurs de son parti, au compte de son rapprochement du camp d’en face: «Mes déboires sont aussi liés au fait que je suis en contact avec Cellou Dalein Diallo, Président de l’UFDG. Pour moi, ce n’est pas un problème. Je suis libre dans mes activités politiques».

En attendant le 13 janvier 2014, date de la convocation des 114 députés élus pour la session inaugurale de la législature 2013-2018, combien de députés Mamadou Sylla se réclamera-t-il finalement? La réponse au soir de cette date.

VisionGuinee.Info (Avec AfricaLog.com)

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