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Lutte contre la chicha : ‘’Il faut aller à la sensibilisation, ensuite à la répression’’

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Soutra

Malgré les descentes des forces de sécurité pour interpeller les tenanciers de chicha lounges, la consommation de chicha persiste. Interrogé sur la question, Aboubacar Tulpony Bangoura, premier vice-président du Conseil préfectoral des organisations de la société civile de Coyah, estime que les autorités doivent sensibiliser les citoyens aux dangers liés à cette substance avant de passer à la répression.

‘’C’est une initiative prise par les autorités au plus haut niveau. Eles ont mûri leur reflexion avant de prendre la décision. Mais à mon sens, pour obtenir un résultat escompté, on ne peut pas seulement s’en tenir à arrêter les consommateurs et les tenanciers. Il faut interdire d’abord l’importation de la chicha. Si vous voyez que quelqu’un fume, c’est parce qu’il en trouve’’, indique-t-il dans un entretien accordé à notre rédaction ce mardi 20 octobre

Pour rompre définitivement avec la consommation de ce produit, il invite l’État à s’attaquer aux importateurs.

‘’Quand une telle décision est prise, il ne faut pas que ce soit un feu de paille. Il faut aller jusqu’au bout, que ce ne soit pas du deux poids, deux mesures. Il faut s’attaquer à ceux qui importent la chicha. Quand il y a un problème, il ne faut pas le résoudre en aval, il faut aller en amont, à la source même’’, estime-t-il.

Cet acteur de la société civile insiste aussi sur le rôle de la sensibilisation. ‘’On ne peut pas mener une telle lutte sans passer par la sensibilisation. C’est là où nous, acteurs de la société civile, avons aussi un rôle important à jouer. Il faudrait sensibiliser notre jeunesse, lui faire comprendre les inconvénients de la consommation de la chicha, lui démontrer que c’est très dangereux pour sa santé’’, ajoute-t-il.

Pour Aboubacar Tulpony, la répression ne doit venir qu’en second lieu. ‘’Il ne faut pas aller tout de suite à la répression. Un changement de comportement, c’est tout un processus. Il faut aller à la sensibilisation, à l’éducation, à la communication, et ensuite à la répression. Mais quand on commence directement par la répression, on peut se heurter à des résistances’’, assure-t-il.

Pointant la responsabilité des familles, il invite chacun à jouer son rôle pour le bien-être de la population.

‘’On sait que la famille, c’est la cellule de base de l’éducation. Nous pointons aussi du doigt les parents, puisqu’il y a des jeunes qui consomment la chicha dans les familles, devant les parents, qui ne disent rien. Donc, c’est une responsabilité partagée. L’État a sa responsabilité. Nous aussi, en tant que parents, nous avons la nôtre’’, martèle-t-il.

Djiwo BARRY, pour VisionGuinee.Info

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