Maison centrale de Conakry : le gouvernement officialise le transfert des détenus pour moderniser Kaloum
Le transfert des pensionnaires de la Maison centrale de Conakry vers d’autres établissements pénitentiaires à travers le pays s’inscrit, selon le gouvernement, dans un processus de transformation urbaine engagé à Kaloum. Face à la presse, le porte-parole du gouvernement, Faya François Bourouno, a défendu ce mercredi 19 août une décision qu’il présente comme un choix d’aménagement urbain répondant aux nouvelles réalités de la capitale.
Pour le porte-parole du gouvernement, la libération du site de la Maison centrale doit être replacée dans le cadre plus large des travaux et projets de modernisation engagés dans le centre de Conakry.
“La modernisation de nos villes est un axe majeur. Avant la Maison centrale, vous avez dû voir une partie du marché Niger. Vous avez dû voir le chantier qui a été bâti dans la cité de police”, a-t-il déclaré.
Il estime que cette opération traduit la volonté des autorités de transformer profondément Kaloum, cœur administratif, économique et portuaire de la capitale.
“Ce déguerpissement met en œuvre la vision du chef de l’État de faire de Kaloum une ville moderne, une ville qui se transforme, une ville qui respire”, a-t-il affirmé.
Pour justifier le transfert des détenus, Faya François Bourouno s’est appuyé sur l’histoire de la Maison centrale de Conakry. Construite pendant la période coloniale, la prison devait accueillir environ 300 détenus.
“Cette prison a été construite en 1933, en pleine période coloniale, pour environ 300 détenus, à l’endroit qui est aujourd’hui ce centre administratif, économique et portuaire de notre capitale”, a-t-il rappelé.
Près d’un siècle plus tard, l’urbanisation de Conakry a profondément changé l’environnement immédiat de l’établissement pénitentiaire.
“En près d’un siècle, la ville a grandi tout autour d’elle. Ce qui était alors un établissement à marge est devenu un enclos carcéral, encerclé par les ministères, le port autonome, la gare et les quartiers les plus denses de Kaloum”, a-t-il fait savoir.
Le gouvernement exclut par ailleurs toute reconstruction d’une prison sur le même site.
“Il ne s’agit pas de reconstruire une prison à cet emplacement. Donc, il n’y aura pas de reconstruction d’une prison à ce niveau. Il s’agit de tout autre chose. Une décision d’aménagement urbain qui répond à trois exigences”, a-t-il clarifié.
Dans son argumentaire, le porte-parole du gouvernement inscrit la décision dans la recomposition en cours de Kaloum. Il cite notamment plusieurs projets engagés dans cette partie de la capitale, a-t-il fait remarquer.
“Kaloum connaît aujourd’hui une transformation d’ensemble, et vous suivez tous avec nous la rénovation urbaine engagée à Coronthie, la nouvelle cité de la police, la délocalisation du dépôt d’hydrocarbures, la reconquête des espaces publics”, a-t-il ajouté.
Pour le gouvernement, la présence d’un établissement pénitentiaire construit à l’époque coloniale au cœur du centre administratif et économique de la capitale n’est plus compatible avec cette nouvelle configuration urbaine.
“Dans cette recomposition, un établissement pénitentiaire, hérité de la colonisation, planté au milieu du centre des affaires et des institutions de la République, n’a tout simplement plus sa place. Il faut donc rendre cet espace à la ville”, a-t-il soutenu.
La question de la densité de population constitue également, selon Faya François Bourouno, un élément important dans la décision de libérer le site de la Maison centrale.
“Coronthie compte parmi les espaces les plus densément peuplés du pays. Et le foncier y est rare et précieux. Maintenir au coin le plus congestionné de la capitale, un site conçu pour 300 personnes, mais qui en a longtemps accueilli plusieurs fois davantage, c’est faire peser une pression permanente sur un quartier déjà saturé”, a-t-il souligné avec insistance.
Dans cette logique, la libération du site est présentée comme une mesure destinée non seulement à accompagner la transformation urbaine, mais aussi à répondre aux contraintes auxquelles sont confrontées les populations de cette zone.
“Libérer cet espace, c’est une décision prise au service des populations qui y vivent”, a-t-il ajouté, “mais quid de l’hygiène, de la salubrité et de la sécurité ? La vérité de cette mesure, elle n’est ni un événement isolé, ni une décision de circonstance. Elle s’inscrit dans une vision d’ensemble, celle d’une capitale repensée, plus sûre, plus saine, plus digne et plus moderne”.
Alors que le transfert des détenus et la libération du site a suscité différentes interprétations, le ministre Faya François Bourouno assure que le gouvernement assume son choix. “Certains ont voulu y lire autre chose. La réalité est celle d’un choix d’urbanisation modernisée, mûrie et assumée au service du peuple de Guinée”, a-t-il conclu.
Salimatou BALDE, pour VisionGuinee.Info
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