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Makanera charge Ousmane Gaoual : ‘’Tant que les radicaux seront forts, il ne faut pas espérer grand-chose en Guinée’’

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Alors que les religieux continuent d’appeler les forces vives à rejoindre la table des négociations pour une sortie de crise, les deux camps peinent à lâcher du lest. La récente sortie médiatique du porte-parole du gouvernement passe mal après les récentes manifestations qui ont endeuillé des familles.

Dans un entretien accordé à VisionGuinee, le président du Front national pour le développement (FND) solde ses comptes avec Ousmane Gaoual Diallo.

VisionGuinée : Malgré les efforts des religieux, pourquoi la Guinée peine à sortir de crise ?

Alhousseine Makanera : Le choix des ministres est très important. Cela détermine la volonté du pouvoir en place. C’est comme le budget et la politique. Le budget, c’est la politique chiffrée de la volonté du gouvernement. Tant que les radicaux seront forts, il ne faut pas espérer grand-chose.

En clair…

Vous pouvez demander à Cellou Dalein Diallo. Quand j’étais à l’opposition, un jour, on était avec Ousmane Gaoual dans un convoi. Je lui ai dit qu’il faut travailler pour votre communication. Il m’a cité Ousmane Gaoual. J’ai répondu qu’il n’apportera rien. J’ai dit peut-être au Fouta, il peut vous être utile. Dès qu’il parle, il décourage les gens. Mais ce jour-là, comme tout le monde l’appelait Gorko Soussai. Dalein n’a pas compris. Pourtant, les radicaux, dès qu’ils s’attaquent au pouvoir, on peut les féliciter, les applaudir et dire qu’ils sont importants, mais qu’est-ce qu’ils peuvent apporter de plus ? Rien.

Dans une émission, on m’a dit que le pouvoir change l’homme. Mais en réalité, le pouvoir ne change pas, il peut relever la nature de l’homme. Quand l’homme change de position, sa manière de voir les choses est différente.  Quand Ousmane Gaoual était dans l’opposition, il a dit qu’il n’est pas interdit de tuer un président. Quand il est devenu ministre, lorsqu’on a dit que Kassory et Cie ont été arrêtés, il aurait dit qu’ils ont eu la chance du fait qu’ils ne sont pas devant un peloton d’exécution. C’est-à-dire que si c’était lui qui décidait, ce n’est pas pour les mettre en prison mais plutôt devant le peloton d’exécution. Est-ce que la personne a changé ? Non ! C’est sa manière de voir les choses qui a changé parce qu’il a changé de position. Donc, tant que de telles personnes auront ont une certaine influence sur le pouvoir, il ne faut pas compter. Face à la situation, c’est le rapport de forces qui va compter (…). Celui qui peut penser amener ses adversaires politiques devant un peloton d’exécution, qu’est-ce qu’on peut s’attendre de lui ?

A vous entendre, le colonel Doumbouya est victime de son entourage…

Il est très difficile pour moi de déterminer tout ça, mais cette situation me pose assez de problèmes. Parce qu’on ne peut pas à la fois chercher à aplanir et renforcer les radicaux. Le lendemain des manifestations, j’étais étonné de voir Ousmane Gaoual s’attaquer aux gens. Je pensais qu’il avait tiré les leçons, qu’il pouvait revenir à des meilleurs sentiments, à un discours qui va dans le sens de la réconciliation, comme le Premier ministre Bernard Gomou. Mais si en tant que porte-parole, il va dans ce sens, c’est inquiétant. Je me demande quel dialogue peut-on faire tant qu’il parle comme ça. Je suis très déçu de lui.

Je pensais que les guinéens avaient besoin maintenant de s’entendre. Puisque le CNRD n’est l’adversaire de personne, cela allait rendre les choses plus faciles pour la paix. Au début, il y a eu des incompréhensions, mais le Premier ministre a fourni assez d’efforts pour rassurer. Si au même moment, dans son gouvernement, le porte-parole s’attaque à ceux qui doivent venir autour de la table, ça serait difficile de rassurer les gens. Personnellement, j’avais rencontré certaines personnes pour leur dire qu’il faut que nous nous levons pour demander même aux forces vives d’apaiser les tensions, mais quand j’ai suivi les sorties médiatiques d’Ousmane Gaoual, je me suis vu complètement désarmé. Rien ne sert au Premier ministre Bernard Gomou d’aller rassurer si dans son propre camp, il ne peut pas demander aux gens de baisser la tension.

Le Premier ministre est dans une position de faiblesse ?

Je ne crois pas que c’est le cas. Ça peut être une stratégie de « pousser-tirer ». Normalement, si on va dans le sens de l’apaisement, tous les discours devraient être dans ce sens.  Mais, le Premier ministre ne peut pas aller dans le sens de l’apaisement et que le porte-parole va dans un autre sens. Ça prouve même qu’il n’y a pas d’équipe gouvernementale. Parce qu’un gouvernement est caractérisé par la collégialité, la solidarité. D’un côté, Bernard Gomou apaise les tensions. De l’autre, le porte-parole du gouvernement attaque.

Boussouriou Doumba, pour VisionGuinee.Info

00224 622 989 711/boussouriou.bah@visionguinee.info

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