Mamadi Doumbouya, candidat à la présidentielle : ‘’il est à la fois arbitre et joueur’’, selon Elie Kamano
La confirmation de la candidature du général Mamadi Doumbouya à l’élection présidentielle par la Cour Suprême continue de provoquer de vives réactions. L’artiste Elie Kamano, ancien soutien du CNRD aujourd’hui en exil, a exprimé sa déception et accuse le locataire du palais Mohamed V d’être ‘’prisonnier de son propre clan’’ et d’avoir trahi le peuple guinéen.
La présence de Mamadi Doumbouya parmi les candidats validés par la Cour Suprême est perçue par Elie Kamano comme une démission silencieuse et non assumée de l’armée.
‘’La Cour suprême a publié la liste des candidats inscrits et maintenus pour cette élection présidentielle. Et ce qui a particulièrement attiré mon attention et l’attention de tous les guinéens, c’est le nom à l’état-civil du général Mamadi Doumbouya qui y figure. Cela signifie clairement qu’il passe désormais du statut de Général de l’armée à celui de civil et candidat indépendant à cette future élection présidentielle, dont il est à la fois arbitre et joueur’’, a-t-il indiqué.
‘’L’ex-général Mamadi Doumbouya aurait donc démissionné de l’armée guinéenne, sans le dire ouvertement et publiquement’’, a ajouté l’ancien soutien du CNRD, s’interrogeant sur les conséquences de cet acte pour les forces armées : ‘’Est-ce que l’armée républicaine guinéenne n’est pas en train de normaliser l’anormal en désarticulant sa mission régalienne au profit d’un seul clan, d’un seul homme ?’’
L’artiste guinéen, qui avait cru aux engagements du chef de la transition, se dit profondément déçu. ‘’J’ai mal. J’ai mal parce que j’ai perdu une bataille, mais pas la guerre. J’ai mal parce que Doumbouya semble aujourd’hui prisonnier de son propre clan, parce qu’il est incapable d’assumer son reniement devant le peuple de Guinée, puisqu’il a présenté sa candidature sans avoir fait de déclaration officielle, en contradiction avec les promesses qu’il avait formulées le 5 septembre 2021’’, a-t-il rappelé.
‘’Le jour où Mamadi a déclaré que lorsqu’il a fallu choisir entre son bienfaiteur Alpha Condé et la nation, il avait choisi la nation par patriotisme…mais dès l’instant où il a rompu ce serment, cher compatriote, il triomphera, mais sans gloire. Il aura le trône, mais un trône volé, bâti sur le mensonge et la peur, le sang de nos frères. Il a brisé sa parole publique, piétiné une charte qu’il a lui-même signée, une charte qui, en ses articles 46, 55 et 65, lui interdit d’être éligible à ces élections’’, a poursuivi M. Kamano.
‘’Doumbouya, tu régneras peut-être, mais tu ne commanderas jamais le respect véritable du peuple de Guinée. Ton pouvoir est un mirage, c’est une parodie d’autorité, M. Doumbouya, parce que tu n’es plus général. Ton pouvoir n’est soutenu que par des armes et des silences forcés’’, a-t-il prévenu.
Selon lui, ‘’la légitimité ne se décrète pas. Elle se mérite, et toi, tu l’as trahie. Laisse-moi te dire, Doumbouya, que le karma existe. Dans ton cas, il ne prendra pas la forme d’un hasard, mais celle d’une justice inéluctable, car tu as fait ton choix, un choix d’homme qui se place certainement au-dessus des lois, au-dessus des hommes, au-dessus des morts, mais le choix de Dieu n’est pas fait, Doumbouya. Tu as trahi le peuple, tu as trahi ton serment, tu as trahi Dieu’’.
Pathé BAH, pour VisionGuinee.Info
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Le général Mamady n’a pas trahi le peuple Guineen, c’est plutôt le peuple Guinéen qui lui poussé à se présenter comme candidat pour l’élection présidentielle prévue pour le 28 Décembre 2025.
Il est l’homme qu’il faut pour le pays, de par les actes concrets, les projets et les oeuvres qu’il est entrain de réaliser dans le pays.
Pas de place aux discours bidons improductifs qui ont entraînés le pays dans la misère ! durant plus de 67 ans d’indépendance !
Nouvelle Constitution : Mamadi Doumbouya éligible à la présidentielle selon les nouvelles dispositions
Conakry, 10 novembre 2025, la promulgation officielle de la nouvelle Constitution de la République de Guinée, intervenue le 26 septembre 2025 par décret présidentiel, marque un tournant décisif dans le processus de transition politique. Ce texte fondamental, adopté par référendum le 21 septembre et validé par la Cour suprême, redéfinit les règles institutionnelles, notamment en matière d’éligibilité présidentielle.
Un mandat présidentiel révisé
Selon les dispositions du nouveau texte, le mandat présidentiel est désormais fixé à sept ans, renouvelable une seule fois, rompant avec les précédents formats quinquennaux. Cette réforme vise à renforcer la stabilité institutionnelle tout en limitant les risques de présidence à vie.
Une candidature juridiquement recevable
Contrairement aux restrictions contenues dans la Charte de la Transition (notamment l’article 46), la nouvelle Constitution ne comporte aucune clause interdisant à un ancien président de la Transition ou à un ex-militaire redevenu civil de se présenter à l’élection présidentielle. En conséquence, la candidature de Mamadi Doumbouya, déposée officiellement auprès de la Cour suprême, est juridiquement recevable.
Le président du Conseil national de la transition (CNT), Dansa Kourouma, a confirmé que le texte adopté ouvre la voie à une participation inclusive, sous réserve du respect des critères de fond et de forme. La Cour suprême, en publiant la liste des candidats retenus, a validé cette interprétation.
Une rupture assumée avec la Charte de la Transition
La nouvelle Constitution remplace la Charte de la Transition, qui avait un caractère temporaire et transitoire. Les dispositions antérieures, notamment celles interdisant la candidature des autorités de la Transition, n’ont pas été reprises dans le nouveau texte, ce qui confirme leur caducité juridique.
Enjeux et perspectives
La candidature de Mamadi Doumbouya suscite des débats politiques, mais aucune irrégularité juridique n’a été relevée par les institutions compétentes. Le respect du processus constitutionnel, la validation par la Cour suprême et la promulgation officielle du texte fondent la légitimité du scrutin à venir.