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Mohamed Lamine Bangoura et la leçon de la vie ! (Par Habib Yembering Diallo)

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Soutra

L’ancien président de la Cour constitutionnelle, Mohamed Lamine Bangoura, a été reconnu coupable de détournement de fonds et de blanchiment. Il écope de sept ans de prison. Ses biens seront également saisis.

M. Bangoura paie ainsi le prix de son rôle dans la mise en œuvre du troisième mandat d’Alpha Condé.

Lorsque ce dernier est gagné par l’obsession d’un troisième mandat, il s’appuie sur son réseau d’informateurs pour identifier le magistrat le moins regardant sur les principes, celui qui pouvait l’aider à concrétiser son funeste projet. Le nom de Mohamed Lamine Bangoura revient alors sur toutes les lèvres.

Pour promouvoir ce dernier à la tête de la Cour constitutionnelle, il fallait d’abord écarter Kèlèfa Sall, connu pour son opposition à toute modification opportuniste de la Constitution. Lors de l’investiture d’Alpha Condé pour un deuxième mandat, Kèlèfa Sall l’avait mis en garde contre les « sirènes révisionnistes », une formule qui restera célèbre.

Ignorant cette mise en garde, le régime met en place des équipes pour parvenir à ses fins. De prétendues enquêtes journalistiques sont initiées et bouclées en une seule journée. Un magistrat pourtant intègre est alors présenté comme un corrompu.

Au cours d’une émission de type talk-show diffusée sur une radio-télévision de la place, Kèlèfa Sall est livré à la vindicte publique. Ce fut le coup de grâce.

À l’image de Blaise Compaoré après l’élimination physique de Thomas Sankara, Mohamed Lamine Bangoura semble avoir profité du malheur d’un autre pour accéder aux faveurs du pouvoir. Le malheur des uns faisant le bonheur des autres, il a, lui aussi, tier profit de l’éviction de son prédécesseur.

Mais les délices du pouvoir auront été de courte durée. Détenu depuis près de quatre ans, Mohamed Lamine Bangoura devra encore passer plusieurs années derrière les barreaux. S’il a la chance d’en sortir vivant, il pourrait recouvrer la liberté dans une situation financière aussi précaire, voire plus difficile, que celle qu’il connaissait avant son ascension.

Pendant ce temps, si les morts peuvent voir les vivants, Kèlèfa Sall doit se frotter les mains. Car, au-delà des péripéties politiques et des retournements de situation, la mémoire collective retient de lui l’image d’un patriote intègre, attaché aux principes et à la défense de la Constitution.

Habib Yembering Diallo

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