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Morissanda aux diplomates : ‘’N’écoutez pas Facebook, n’écoutez pas TikTok, n’écoutez pas l’intelligence artificielle’’

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Après l’interdiction de l’exploitation illégale de l’or à Siguiri, le ministre burkinabè de la Sécurité, Mahamadou Sana, a déploré le traitement réservé à ses compatriotes en Guinée. A Bamako, il a fait état de blessés, parfois par balles, dénonçant des traitements ‘’cruels, inhumains et dégradants’’.

En réponse, le ministre des affaires étrangères, Morissanda Kouyaté, a rencontré, ce jeudi 5 novembre, les diplomates accrédités en Guinée. Devant ses interlocuteurs, il a apporté des précisions sur les opérations menées contre l’orpaillage clandestin et la prise en charge des ressortissants étrangers interpellés.

Le chef de la diplomatie guinéenne a rappelé que ces opérations ont concerné plusieurs nationalités. Il a cité 249 ressortissants chinois et 409 burkinabè interpellés ainsi que 606 maliens, ivoiriens, togolais, ghanéens, nigérians, béninois, vietnamiens, indiens, sierra-léonais et camerounais.

Morissanda Kouyaté a précisé que le président de la République avait demandé à son département de gérer cette situation par la voie diplomatique afin de préserver les relations avec les pays concernés.

Pour étayer ses propos, il a brandi des documents attestant de la remise de ressortissants maliens à leurs autorités consulaires. Il a notamment montré un document signé le 3 juillet 2026 à 13h09 par le consul du Mali, Tidiane Haïdara. Il a également évoqué la remise de 163 personnes à Aboubakar Konaré, consul de l’ambassade du Mali en Guinée, le 14 juin 2026 à 16h30.

‘’Ils étaient poursuivis, je parle sous le contrôle du ministre de la Justice, ils étaient poursuivis pour exploitation illégale de mines, infraction prévue et réprimée par l’article 207 du Code minier, pour dégradation de l’environnement, infraction prévue et réprimée par l’article 178 du Code pénal de l’environnement, pour exercice d’activités professionnelles sans autorisation, article 131 du Code du travail guinéen, destruction massive de l’environnement. Ils ont été poursuivis pour traite des êtres humains, parce que cela traite des êtres humains dans ces dans ces mines. Une ou deux personnes font la traite de 10, 20, 30 personnes’’, a-t-il expliqué. 

Il ajoute que ‘’ce sont les chefs d’accusation, je parle sous le contrôle du ministre de la Justice. Ils sont là, chacun a été remis ici. Les Togolais, des pays que j’ai signalés, ils sont là. Notre justice a fait un travail merveilleux pour appliquer ce vœu du chef de l’État qui ne veut pas s’immiscer dans les affaires judiciaires. Ils ont été remis à leur ambassade. Ni vu ni connu, ni vu ni connu. Nous n’avons parlé à personne’’.  

Le ministre des affaires étrangères affirme que ‘’nous avons appelé les représentants de ces pays, nos frères, parce que ce que j’ai dit le passé, il est là et nous le respectons avec notre président. Nous les avons remis. Personne n’a vu cela dans des journaux ou sur les réseaux sociaux. Personne n’a vu ce que je suis en train de vous dire là (…). On leur a dit : ‘Nous sommes des frères, ils sont sous le coup des infractions, mais la fraternité, l’africanité de la Guinée est au-dessus de toutes les lois. Prenez-les, ce sont nos frères, ce sont nos sœurs’’’.

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Toutefois, le chef de la diplomatie guinéenne a déploré la reprise de l’orpaillage clandestin après ces opérations. Selon lui, des ressortissants étrangers remis à leurs autorités sans être poursuivis sont revenus en Guinée pour reprendre leurs activités dans les zones minières.

‘’Ceux qui ont été renvoyés paisiblement, non poursuivis, c’est comme s’ils étaient allés chercher d’autres. Ils ont re-envailli Siguiri, la Haute Guinée. Ils sont venus par centaines et par milliers, centaines de milliers. Ils ont recommencé, parce qu’ils ont confondu le panafricanisme du président, le panafricanisme de la Guinée à la faiblesse. Ils ont cru que nous étions un pays faible. Mais nous ne sommes pas le seul pays à interdire l’orpaillage sauvage’’, a-t-il martelé. 

Pour justifier la position des autorités guinéennes, Morissanda Kouyaté a rappelé les propos du président Ibrahima Traoré du Burkina Faso, sans le citer, sur les conséquences de l’orpaillage clandestin sur l’environnement et les populations

‘’Un chef d’État africain l’a bien décrit. Il a dit que l’orpaillage sauvage, non seulement obstrue les cours d’eau, ferme les routes, dégrade l’environnement et pire, bouche les trous et même les ambulances ne peuvent pas passer. Les malades qui sont dedans meurent. Un chef d’État l’a dit. Alors, qui peut nous comprendre plus que ça ?’’, a-t-il demandé. 

‘’Mesdames et messieurs, Excellence, nous vous prions de transmettre à vos capitales le passé de la Guinée, s’il vous plaît, repassez-le à vos capitales. C’est dans notre ADN, nous ne changerons pas. Le présent de la Guinée, passez-le à vos capitales. N’écoutez pas Facebook, n’écoutez pas TikTok, n’écoutez pas l’intelligence artificielle. Écoutez ce que vous voyez vous-mêmes de vos propres yeux en Guinée, et envoyez ça à votre capitale’’, a-t-il lancé à l’endroit des membres du corps diplomatique. 

Boussouriou Doumba, pour VisionGuinee.Info

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