Mory Condé déplore : ‘’le dernier schéma d’aménagement du territoire de la Guinée date de 1992 ou 1993’’
Le ministre de l’urbanisme, de l’habitat et de l’aménagement du territoire, chargé de la récupération des domaines spoliés de l’État, Mory Condé, déplore le manque de cadre juridique dans son domaine, assurant que le dernier schéma d’aménagement du territoire date de plus de 30 ans.
‘’Dans la structure du gouvernement, le chef de l’État a créé le ministère de l’habitat. Il a expressément désigné ce ministère comme étant chargé de la récupération des domaines spoliés de l’État. Il ne s’est pas limité à cela. Une commission, qu’il était censé présider lui-même ou faire présider par son Premier ministre, a été mise en place. Il a dit que les acteurs n’ont qu’à se retrouver, faire leur travail et proposer toutes les réformes et bonnes idées nécessaires pour faire fonctionner le pays. Il est preneur. Donc, la balle est dans notre camp. Il s’agit de mener toutes les réflexions nécessaires pour aboutir à quelque chose qui permettra, une fois pour toutes, d’améliorer la question du foncier dans notre pays’’, indique le ministre de l’urbanisme, de l’habitat et de l’aménagement du territoire.
En ce qui concerne la planification spatiale en Guinée, Mory Condé fait savoir que ‘’le dernier schéma d’aménagement du territoire de la Guinée date de 1992 ou 1993. Les enfants nés en 92-93 ont terminé leur cycle universitaire. Aujourd’hui, certains occupent des postes de directeurs ou secrétaires généraux dans les départements ministériels. Mais jusqu’à présent, c’est toujours le même document. Cela signifie que notre pays ne dispose pas d’outils de planification spatiale aujourd’hui’’.
Il déplore ainsi que ‘’demain, lorsque vous rendrez visite au ministre des Transports ou à son chef de cabinet pour lui dire que vous avez un projet d’amélioration de la mobilité urbaine, il vous répondra qu’il n’y a pas de problème, que vous pouvez discuter de toutes les questions techniques. Mais ce que vous discutez dans le bureau, son applicabilité sur le terrain pose problème’’.
Car, souligne-t-il, ‘’nous n’avons pas de schéma national d’aménagement du territoire qui permet d’orienter les interventions des différents secteurs. Cela permettrait de dire à l’EDG, dans cinq ans, les poteaux électriques à installer doivent être placés à cinq mètres, à trois mètres, en retrait de la route, car il existe un projet d’agrandissement de la route qui relie le point X au point Y. Conséquence, aujourd’hui, tous les projets routiers que nous avons, lorsque l’on regarde le coût de nos projets routiers, nous en sommes à plus de deux millions de dollars le kilomètre. Mais souvent, lorsque ces projets arrivent, on dit que tel projet est surfacturé. Mais en réalité, nous réalisons en même temps le réseau électrique, le réseau d’adduction d’eau et le réseau de la fibre optique’’.
Demain, dit-il, ‘’quand la direction générale de l’EDG reçoit des instructions du ministère de l’Énergie pour électrifier le quartier X, faute de schéma national d’aménagement du territoire, ils sont obligés de tenir compte de la rue existante et de se demander si c’est une route de 40 mètres, de 30 mètres, de 25 mètres, ou de 20 mètres. Et il est impossible de savoir si cette route sera un jour élargie en autoroute à deux fois deux voies’’.
Boussouriou Doumba, pour VisionGuinee.Info
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