Ultimate magazine theme for WordPress.

OLH lance une plateforme pour améliorer la participation des jeunes à la vie civique et politique en Guinée

1

Pour un meilleur accès des jeunes aux informations, outils et espaces d’échanges, d’actions et d’apprentissage pour une participation massive et efficace dans la vie civique et politique, l’ONG Ouvrir Les Horizons (OLH), basée à Kindia, a mis en place une plateforme de formation. L’initiative s’inscrit dans le cadre du Projet d’appui à l’engagement et la participation démocratique des Jeunes en Guinée. Pour en savoir davantage, nous avons interrogé , Alpha Mamoudou Diallo, Directeur des Programmes et Partenariats de OLH. Entretien.

VisionGuinee : Présentez-nous votre ONG et parlez-nous de ses objectifs ?

Alpha Mamoudou Diallo : Ouvrir Les Horizons (OLH) est une organisation non gouvernementale créée le 24 mai 2014 à Kindia par des jeunes épris de développement dans le but de participer à l’amélioration des conditions de vie des différentes communautés de la Guinée notamment les enfants, jeunes et femmes. En termes de structuration, elle est constituée d’un conseil d’administration, d’une direction exécutive, de commissions de coordination appelées antennes, des clubs scolaires et un commissariat aux comptes.

De façon globale, notre objectif est de contribuer à l’amélioration des conditions de vie des différentes communautés de la Guinée dans les domaines de la santé, l’éducation, la gouvernance, la préservation de l’environnement, la promotion et la protection des droits humains. Nous menons régulièrement des actions d’information, d’éducation et de communication,  mais aussi de renforcement de capacités, de plaidoyer, d’appui et accompagnement sur des thématiques diverses orientées majoritairement vers les enfants, les jeunes et les femmes.

Quelles sont vos zones d’interventions ?

Nous intervenons dans deux régions à travers la Guinée. Il s’agit de la Moyenne Guinée et la Basse Guinée. Notre siège social est à Kindia et nous avons un bureau de liaison en Moyenne Guinée notamment dans la région de Mamou et plus précisément dans la préfecture de Pita.

Qu’est-ce qui justifie le choix d’intervenir en Moyenne et Basse Guinée ?

Nos actions ne se concentrent pas uniquement dans ces deux régions. Etant une organisation non gouvernementale, il y a les besoins en ressources. Nous avons des points focaux dans les autres régions du pays. Nous avons des représentants à Boké, Dalaba, Faranah,Labé,  Nzérékoré et Kankan. Ils y mènent des activités en fonction des ressources disponibles.

Pour mener des activités sur le terrain, il faut des moyens. Dites-nous M. Diallo, quelles sont vos sources de financement ?

Nos sources de financement sont diverses. D’abord, nous avons la mobilisation des ressources à l’interne à travers les cotisations des membres. A l’extérieur, nous avons des subventions que nous recevons des bailleurs de fonds. Parmi ces bailleurs, nous avons le Fonds d’affectation spéciale des Nations Unies pour les victimes de la traite des êtres humains à travers l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC) qui nous a appuyés sur un projet que nous menons dans le cadre de la protection des droits humains. Nous avons aussi l’Union européenne à travers le Partenariat européen pour la démocratie ou European Partnership for Democracy (EPD). ChildFund Guinée est l’un de nos bailleurs de fonds. Le département d’Etat américain nous a également appuyés à travers Coginta, une ONG suisse. Nous avons aussi le Fonds canadien d’initiatives locales à travers  l’ambassade du Canada basée au Sénégal. Dans ce sillage, nous avons reçu récemment à Kindia Mme l’ambassadrice du Canada au Sénégal pour s’enquérir des actions que nous menons sur le terrain.

Quelles sont les activités que vous avez menées jusque-là ?

Les activités réalisées sont nombreuses mais nous allons en citer quelques-unes. Nous avons réalisé le projet de fourniture d’une assistance directe de qualité et complète à 100 femmes et filles à risque et/ou victimes de la traite des êtres humains, un projet financé par les Nations Unies. Nous avons aussi mis en place une plateforme numérique d’observatoire du parlement en Guinée qui s’appelle Le Peuple avec l’appui de CFI Médias et l’Agence française pour le développement (AFD). Nous sommes actuellement en phase d’expérimentation de  la plateforme. Il y a par ailleurs le Projet d’autonomisation des femmes dans les communes rurales de Dounet et Soyah dans la préfecture de Mamou à travers la mise en place d’associations villageoises d’épargne et de crédit. C’est un projet qui a été financé par  la Fondation Orange par le biais de Childfund.

Nous avons aussi le projet de renforcement de la participation et l’action des jeunes de la Guinée en faveur de l’environnement et le développement durable à travers des ateliers de renforcement de capacités, la mise en œuvre d’actions citoyennes et de plaidoyer, appuyé par l’Ambassade du Canada au Sénégal à travers le fonds canadien  d’Initiatives locales, FCIL. . Il y a un autre qui a été appuyé par l’ambassadeur du Royaume Uni en Guinée pour l’organisation de la première édition du Forum national des acteurs du développement durable à Kindia. Nous travaillons actuellement sur le Projet d’appui à l’engagement et la participation démocratique des Jeunes en Guinée à travers la vulgarisation et la sensibilisation sur le Menu d’engagements possibles des Etats participants.

En quoi consiste le Projet d’appui à l’engagement et la participation démocratique des Jeunes en Guinée ?

C’est un projet innovant pour lequel nous avons mené assez de réflexions par rapport à la participation des jeunes du point de vue civique et politique. On s’est dit que c’est nécessaire de mobiliser des ressources pour remédier à ce souci. A travers un appel à projets lancé par la commission de l’Union européenne via EPD, nous avons postulé au même titre que beaucoup d’autres organisations de différents continents. Nous avons été retenus parmi les 5 projets. L’impact recherché, c’est une nette amélioration du niveau de participation démocatique des jeunes pour une prise de décision plus en lien avec leurs besoins.

Les objectifs généraux du projet, c’est de contribuer à un meilleur accès des jeunes aux informations, outils et espaces d’échanges, d’actions et d’apprentissage pour une participation massive et efficace dans la vie civique et politique. Le second objectif, c’est de contribuer à un meilleur climat de confiance et de compréhension dans les relations jeunes et élus locaux en termes de participation civique et politique.

Comment comptez-vous mettre en œuvre ce projet ?

Le Projet d’appui à l’engagement et la participation démocratique des Jeunes en Guinée couvre la région de Kindia et la zone spéciale de Conakry pour une période 12 mois. Nous avons huit activités à mener sur le terrain. La première déjà réalisée, c’est l’organisation de quatre ateliers de formation au profit de 120 jeunes de profils différents notamment des web activistes, des administrateurs de l’Etat, des membres de partis politiques, des leaders d’ONG et journalistes sur des thématiques axées sur la Civitech, les droits humains, l’engagement civique et politique. L’objectif recherché était d’impulser  une participation active des jeunes sur les questions de contrôle citoyen de l’action publique et de gouvernance participative.

La seconde activité, c’est la mise en place d’un MOOC  sur la CiviTech et un forum d’échanges pour faciliter l’accès des jeunes à des espaces sûrs offrant des possibilités concrètes pour apprendre à participer à la vie et au processus démocratique. La troisième activité, c’est l’organisation d’une campagne de sensibilisation et de vulgarisation des engagements du menu et des droits de l’Homme au profit de 5000 élèves et étudiants de 05 universités, 15 collèges et lycées en vue d’une participation massive des jeunes à la vie dmocratique.

La quatrième activité concerne la réalisation de 10 émissions télé et radio sur la participation des jeunes à la gestion des affaires publiques, à l’élaboration des politiques et les engagements du menu. La cinquième activité consistera à la tenue de 10 consultations communautaires auprès des jeunes afin de répertorier les problématiques qui les concernent particulièrement et leurs besoins en matière de participation pour aborder ces thèmes.

A l’issue des consultations, nous allons organiser 10 ateliers de concertations/débats entre les élus locaux, les décideurs et les jeunes au sein des communes, collèges, lycées, universités et au parlement sur les questions liées aux priorités à accorder aux jeunes dans la gouvernance, la participation à la vie politique. Cette activité, qui est à la sixième dans le projet, est prévue en janvier 2024. Elle connaitra la participation de jeunes, de ministres, de parlementaires, de leaders politiques et d’acteurs de la société civile.

La septième activité vise à organiser un concours de projets CiviTech et de promotion de la gouvernance participative pour soutenir les initiatives de participation démocratique des jeunes. A la suite de cette activité, nous allons organiser un atelier de capitalisation et de partage des résultats du projet. Cette rencontre connaîtra la participation de tous les acteurs avec lesquels nous avons travaillé, il sera question de les réunir pour les présenter les résultats obtenus dans l’exécution du projet en termes de participation civique et politique. 

Revenons un peu sur la plateforme que nous avons lancée pour faciliter l’accès des jeunes à des espaces sûrs offrant des possibilités concrètes d’avoir des ressources pédagogiques et didactiques… 

Le MOOC est l’une des innovations du projet.  Dans le cadre de la mise en œuvre du projet, le MOOC (Cours en ligne ouvert et massif) Ouvrir Les Horizons figure en bonne place. La plateforme a pour objectif de faciliter l’accès des jeunes à des espaces sûrs pour disposer de ressources pédagogiques et didactiques sous divers formats (vidéos, textes, fichiers PDF). Nous avons prévu de mettre en place des forums au niveau de la plateforme pour permettre aux jeunes d’échanger et de partager des opportunités. Tout cela va leur permettre de mieux comprendre les thématiques liées à l’engagement civique et politique, les droits humains, le menu d’engagements possibles des Etats participants, un ensemble d’options politiques proposées aux gouvernants du monde entier pour améliorer la participation des jeunes à la vie civique et politique.

Comment s’inscrire à ce MOOC ?

La procédure est simple pour accéder aux cours. Si vous n’avez pas le lien du MOOC, vous pouvez rechercher sur Internet « moocouvrirleshorizons.com ». Pour vous inscrire sur la plateforme, vous allez voir au niveau du site, une partie « Se connecter » et une autre « Créer un compte ». Si votre première fois, cliquez sur « Créer un compte », vous remplissez le formulaire d’inscription. Pour la confirmation de votre inscription, vous allez recevoir un mail. Vous cliquez sur le lien. Une fois que cela est fait, vous revenez sur le site. Ainsi, vous pourrez accéder à nos quatre modules de formation dont la technologie civique, les droits de l’homme, la participation politique et civique des jeunes et le Menu of Possible Commitments for participating States (Menu d’engagements possibles des Etats participants). Le forum sera ouvert pour discuter des contenus des cours et discuter des réalités de chez vous. Ça sera une opportunité d’échanger et de se faire de nouvelles connaissances. Après chaque module, vous serez soumis à une évaluation pour s’assurer que vous avez bien compris ce que vous avez. Les quiz vous permettront d’accéder à votre certificat si vous obtenez au moins 70% de bonnes réponses. 

Quels avantages les participants ont-ils à suivre ces cours sur votre plateforme ?

Non seulement, ça va leur permettre d’améliorer leur engagement civique et politique, mais aussi et surtout d’accéder à des supports et connaissances gratuits sur divers formats. Vous avez la possibilité de suivre les cours en vidéo, télécharger les documents, apprendre et revenir pour l’évaluation. Un certificat vous est délivré à la fin de chaque cours. Un concours sera organisé pour voir quels jeunes passeront à l’action au terme de la formation. Ceux qui seront retenus, leurs projets seront accompagnés financièrement et techniquement.

Un mot pour la fin ?

Je voudrais dire aux jeunes que le présent, c’est nous. L’avenir aussi. Notre pays traverse assez de situations. C’est à nous de nous lever, de travailler ensemble pour amener notre pays au même rang que les nations développées. Cela passe par un engagement civique et politique pour changer certaines réalités. J’exhorte les jeunes, chacun dans son domaine, à faire du sérieux pour nous permettre de remédier aux problèmes auxquels notre pays est confronté. Cela passe par la formation qui est un élément fondamental. Nous devons accepter de nous former et de nous ouvrir au monde pour comprendre ce qui se passe chez les autres.

Par Ciré BALDE, pour VisionGuinee.Info

00224 664 93 14 04/cire.balde@visionguinee.info

Place this code at the end of your tag:
1 commentaire
  1. Conté Abdoulaye dit

    Félicitations à vous mes chers collègues je suis de cœur avec car l’avenir de ce pays c’est nous . Et je veux savoir comment intégrer au seins de cette organisation ?

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Suivez nous sur les Réseaux sociaux !

Cliquez sur les boutons ci-dessous pour suivre les dernières actualités de VisionGuinee.info