En marge du One Health Summit tenu à Lyon du 5 au 7 avril, le président Emmanuel Macron a réaffirmé l’engagement de la France en faveur d’une coopération internationale renforcée face aux défis sanitaires mondiaux. Dans un contexte marqué par des bouleversements de l’ordre international, le chef de l’Etat français a souligné l’impérieuse nécessité d’agir collectivement, en s’appuyant sur des solutions concrètes et une approche coordonnée.
‘’Cette année, la France a l’immense honneur d’assurer la présidence du G7 et d’essayer de bâtir des solutions concrètes, de la même manière qu’aux côtés du Kenya, nous organiserons le sommet Africa Forward à Nairobi à la mi-mai’’, a annoncé le président Macron.
‘’Nous nous retrouvons aujourd’hui à Lyon, et dans un mois, nous serons à Nairobi pour avancer sur beaucoup de sujets, dont celui de la santé. Dans deux mois, nous serons à Évian pour mobiliser le G7 et les pays partenaires. C’est pourquoi, ce One Health Summit est si important’’, a-t-il souligné.
Le président Macron a souligné que ce sommet s’inscrit dans une tradition de coopération internationale initiée avec les One Planet Summits.
‘’Cette méthode vise à bâtir des coalitions d’acteurs dans un ordre international bousculé : scientifiques, ONG, gouvernements, villes, entreprises et financiers, tous mobilisés pour agir ensemble’’, a-t-il précisé, ajoutant que depuis 2017, cette approche a permis de lancer plus de 50 initiatives et coalitions impliquant 140 pays, 3 800 chercheurs et plus de deux milliards de dollars mobilisés pour la transition écologique et la protection des écosystèmes.
Le chef de l’État français a rappelé l’engagement historique de son pays dans le domaine de la santé mondiale. ‘’La France a cofondé le Fonds mondial pour la lutte contre le SIDA, la tuberculose et le paludisme, ainsi qu’Unitaid. Nous sommes un bailleur historique de Gavi, l’Alliance du Vaccin, et leader mondial de la recherche, comme l’illustre le prix Nobel de médecine obtenu par Françoise Barré-Sinoussi et Luc Montagnier. Lyon héberge l’Académie de l’OMS, le Centre international de recherche contre le cancer et un One Health Institute’’, a-t-il énuméré.
Emmanuel Macron a tenu à préciser que One Health ne se limite pas à un slogan. Co-présidant le sommet avec le président ghanéen John Dramani Mahama, il a rappelé les principes fondamentaux qui doivent guider l’action internationale. ‘’Toute avancée repose sur une science libre, ouverte et indépendante. Elle suppose une gouvernance mondiale transparente et une coordination internationale, avec l’OMS en responsabilité, articulant le travail des organisations régionales’’, a-t-il affirmé.
Il a par la suite insisté sur la nécessité d’accélérer les stratégies nationales en matière de santé. ‘’La Banque mondiale a fait des propositions importantes en la matière dans une quinzaine de pays déjà. C’est cette méthode qu’il faut prendre, mais élargir pour faire des approches par pays pleinement intégrées’’, a-t-il expliqué, soulignant l’importance d’impliquer l’ensemble des partenaires, dont l’OMS et les bailleurs internationaux. Il a, dans ce cadre, proposé au président ghanéen John Dramani Mahama de faire du Ghana un pays pilote.
Au cœur de son intervention, Emmanuel Macron a détaillé sept engagements de la France issus du One Health Summit.
Premièrement, il a annoncé le lancement d’un Pacte international pour préserver l’efficacité des antibiotiques. ‘’Nous lançons un Pacte international pour préserver l’efficacité des antibiotiques, avec des engagements à réduire leur usage inapproprié et garantir un accès équitable et durable’’, a-t-il déclaré, tout en appelant à bannir l’usage des antimicrobiens comme facteurs de croissance dans l’élevage. Dans le même ordre d’idées, un réseau international sur la résistance aux antimicrobiens sera mis en place pour coordonner les efforts et mieux comprendre cette menace.
Deuxièmement, la France s’est engagée à ‘’soutenir le groupe d’experts de haut niveau pour l’approche Une seule santé et à inscrire ces enjeux dans les négociations climatiques’’, avant d’évoquer la déclaration « One Health & Beyond » dans la continuité du plan d’action de Belém.
Troisièmement, Emmanuel Macron a insisté sur l’importance du partage des données. ‘’Nous contribuerons à un cadre volontaire pour mettre en commun et analyser les données de santé humaine, animale et environnementale’’, a-t-il affirmé. Ce dispositif, baptisé One Health Data Convergence, permettra d’éclairer la décision politique et de soutenir la recherche scientifique.
Quatrièmement, il a annoncé l’élargissement de l’initiative PREZODE, lancée en 2021, pour ‘’prévenir l’émergence de futures pandémies’’. Il a mis en avant le développement de réseaux d’épidémiologie pour mieux surveiller l’évolution des maladies.
Cinquièmement, le président français a réitéré la mobilisation autour du traité contre la pollution plastique. ‘’Nous poursuivons notre mobilisation politique autour de l’indispensable Traité sur la lutte contre la pollution plastique’’, a-t-il souligné, rappelant l’urgence d’aboutir à un accord international ambitieux après l’appel lancé à Nice lors de l’UNOC3.
Sixièmement, une déclaration internationale sur les aliments ultra-transformés a été adoptée avec plusieurs partenaires, dont le Kenya, la Guinée et le Cambodge. ‘’Nous avons adopté une déclaration visant à converger autour d’une définition harmonisée des aliments dits ultra-transformés’’, a-t-il précisé.
Le septième engagement concerne le lancement du réseau One Brain Health pour ‘’comprendre et prévenir l’impact des transitions environnementales sur la santé cérébrale’’.
Au-delà de ces engagements internationaux, le président Macron a également détaillé plusieurs initiatives nationales. Il a évoqué le lancement d’une nouvelle stratégie nationale santé-environnement, la transformation des politiques alimentaires à travers les programmes Nutrition Santé 2026-2030 et Alimentation 2026-2030, ainsi qu’un futur plan national sur les perturbateurs endocriniens visant à mieux protéger les populations les plus vulnérables.
Toutefois, a-t-il dit, ‘’il faudra que l’innovation soit au rendez-vous, dans nos laboratoires comme dans nos entreprises’’, appelant à mobiliser l’ensemble des acteurs pour répondre aux défis liés à la qualité de l’air, de l’eau et de l’alimentation.
Dans un contexte de remise en cause du multilatéralisme, il rassure que ‘’la France se tiendra aux côtés de l’Organisation mondiale de la santé et de l’ensemble des organisations internationales pour défendre un multilatéralisme efficace’’.
Ciré BALDE, pour VisionGuinee.Info
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