Opération de déguerpissement : Après la casse des œufs, dans l’attente des omelettes promises (Par Babanou Timbo Camara)
Des bulldozers en action, des kiosques détruits, des magasins démolis, des tables rasées et d’autres incendiées, c’est le spectacle des nouveaux déguerpissements entamés dans le Grand Conakry par les autorités guinéennes.
Ces actions visent, selon les autorités, à embellir les espaces publics et améliorer la fluidité de la circulation. Une idée géniale sachant que les routes étaient obstruées par tout genre d’encombrants physiques. Conséquences : des embouteillages, des accidents de la circulation et bien d’autres choses qui freinaient la circulation normale des engins.
Même les piétons avaient du mal à circuler par endroit, notamment au niveau des marchés érigés sur la route. Il est quand même logique de se poser un certain nombre de questions.
Pourquoi c’est maintenant que ces actions sont entreprises ? A-t-on mesuré les conséquences sachant que plusieurs familles s’y débrouillaient ? Ces endroits seront-ils aménagés comme promis ? Les déguerpis ne reviendront-ils pas ?
Qu’est-ce qui est réservé aux administrateurs locaux : maires, chefs de quartiers, chefs de secteurs et administrateurs de marchés qui ont permis à ces compatriotes à la recherche de pitance de s’installer là ?
Autant de questions dont la population a besoin de réponse. Des déguerpissements, nous en avons connu dans ce pays. Mais qu’est-ce qui est fait après pour occuper les places vides ? Pas grand-chose. Puis que l’on dit souvent : la nature a horreur du vide, les déguerpis reviennent souvent petit à petit avec une complicité des administrateurs cupides qui sont prêts à mettre des vies en danger à cause des petites coupures.
Si on s’en tient au dicton : « On ne peut pas faire d’omelettes sans casser des œufs », maintenant que les casses sont faites, les Guinéens attendent l’aménagement, l’embellissement des lieux et leur maintien dans la propreté. Ces endroits doivent être attrayants à l’image d’autres villes de la sous région.
Babanou Timbo CAMARA

