Ousmane Gaoual sur la crise de liquidités : ‘’Nous savons que cette situation crée des difficultés’’
Le porte-parole du gouvernement, Ousmane Gaoual Diallo, a laissé entendre vendredi que les autorités sont conscientes de la crise de liquidités qui frappe la Guinée depuis plusieurs mois. Il a assuré que des solutions sont en passe d’être trouvées pour atténuer cette situation.
‘’Je vais vous raconter une petite histoire. Quand j’étais parlementaire, le premier salaire, on l’a reçu, je crois, huit mois après l’entrée en fonction au parlement. Mais ce jour-là, ce sont des camions-remorques qui sont venus au palais pour amener les salaires des parlementaires. Chacun de nous devait avoir huit mois de salaire plus les primes d’installation. Mais quand le questeur m’a appelé pour dire : ‘ça, c’est pour toi’, c’était effrayant, parce que c’était du cash. Ma peur n’était pas le volume d’argent, mais comment sortir avec ça du palais, arriver dans ma voiture et rentrer chez moi. C’était effrayant, je ne pouvais pas porter ça’’, a-t-il indiqué.
Ousmane Gaoual Diallo invite les guinéens à ‘’utiliser les moyens alternatifs de transaction, mais dans tous les pays du monde, il y a des règles de limitation de la disponibilité du cash. Sinon, on ne s’en sort pas. Si vous allez dans les pays CFA, au Sénégal et en Côte d’Ivoire, je crois que c’est une valeur, on ne peut pas faire plus de 300 000 francs CFA par semaine en sortie de cash. Sinon, les transactions sont douteuses. Et aussi, lorsqu’on veut moraliser la vie économique, lorsqu’on veut lutter contre certaines formes de détournement de deniers publics ou de criminalité, on est obligé de contrôler le volume d’argent qu’un citoyen peut posséder’’.
Il dit à qui veut l’entendre que certaines pratiques en Guinée n’étaient pas normales. ‘’En Guinée, c’était courant quand même d’aller acheter une maison à 1 million de dollars, 10 milliards de francs, en amenant l’argent en cash. Il faut que les gens comprennent cela. Si on veut lutter contre la prévarication des ressources financières, nous devons contrôler l’argent en circulation. Dans certains pays, lorsque vous payez même en espèces une valeur de 5 000 euros, la police vient vous trouver au lieu de paiement. On vous signale directement. Attention, il y a quelqu’un qui détient 5 000 euros et qui paye comme ça en espèces. Vous devez expliquer l’origine de cet argent. Donc, si on veut lutter contre beaucoup de choses, il faut aussi contrôler la circulation des billets de banque’’, a-t-il avancé.
Le porte-parole du gouvernement estime qu’il ‘’faut que l’État se rassure que les gens qui gardent l’argent n’ont pas de crainte. Certains nous ont expliqué qu’il y a des prélèvements d’impôts qui sont opérés automatiquement lorsqu’ils sont en difficulté avec le fisc dans leur compte, cela les met en difficulté. Donc ils préfèrent ne pas mettre l’argent dans leur compte. Peut-être faut-il que l’État revoie ce mécanisme pour amener, de façon pédagogique, les gens à absorber ces changements’’.
Toutefois, a-t-il souligné, ‘’lorsque les gens vont au marché pour payer des condiments, ils ont besoin de petites coupures parce que les acteurs économiques ne sont pas tous dans un système numérique ou alternatif. Vous ne pouvez pas payer par chèque en Guinée, vous ne pouvez pas payer par Orange Money partout. Il y a des endroits où il n’y a pas de réseau’’.
Il assure que “nous savons que cette situation crée des difficultés à une partie de nos concitoyens. C’est pour cela que l’État prend ses responsabilités pour faire face à l’approvisionnement du marché en billets de banque”.
Pathé BAH, pour VisionGuinee.Info
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