Ousmane Gaoual sur la dissolution de l’UFDG : ‘’l’institution n’a pas survécu à la tentation des hommes, l’humain a pris le dessus’’
‘’Je suis l’un des tout premiers acteurs politiques de ce pays. J’ai commencé en 86. C’était encore la clandestinité, mais j’ai été membre du premier parti politique créé en 1990, dont la fusion m’a amené à intégrer l’UFDG. Donc, je connais toute l’évolution de l’espace politique en Guinée’’. Ces propos sont du ministre Ousmane Gaoual Diallo, qui qualifie d’échec la dissolution qu’une quarantaine de partis politiques en Guinée.
Pour le porte-parole du gouvernement, ‘’il y a un échec de la part des acteurs politiques que nous sommes. Nous sommes au cœur de cet échec, parce que nous n’avons pas su transformer cet espoir pour en faire quelque chose qui suscite et renforce l’unité nationale et la démocratie dans notre pays. L’UFDG, c’est une institution qui avait suscité beaucoup d’espoir’’.
Il affirme que ‘’Portos a accepté de s’effacer à la tête du PCP pour qu’on intègre l’UFDG derrière Bah Mamadou en 2005. Donc, c’est quelqu’un qui a su passer la main. Puis, Bah Oury a accepté Bah Mamadou pour faire de l’UFDG une institution. On a créé des appareils où il n’y avait même pas de président fort à l’UFDG. Le président de l’UFDG, c’était un président honoraire. Toutes les décisions devaient se prendre par des instances (…). On a fait tellement de contre-pouvoirs en espérant que cela allait préserver l’essentiel’’.
Après, poursuit le ministre des transports, ‘’Bah Mamadou accepte de s’effacer au profit de Cellou Dalein Diallo. Puis, tout a déraillé parce que l’institution n’a pas survécu à la tentation des hommes. L’humain a pris le dessus par rapport au mécanisme de fonctionnement qui devait préserver le fonctionnement du parti’’.
Échec…
‘’Ça n’a pas marché parce que tout a été autocentré autour d’un individu au lieu que ce soit autour d’un projet politique qui nous unissait. Sinon, on avait une institution avec des garde-fous. Si le président lui-même commence à voter les lois, à les censurer, à tout faire à la place de l’institution, cette dernière meurt, surtout si le président a l’adhésion populaire. Il est soutenu par la masse qui ferme les yeux du fait qu’il caporalise tout. Quand les choses déraillent dans un système, c’est souvent lorsque celui qui l’incarne cesse de s’appuyer sur les règles démocratiques au profit de la clameur. C’est ce qui est arrivé à l’UFDG. L’institution s’est effacée sous la popularité d’un homme qui a fini par caporaliser toute l’organisation’’, analyse Ousmane Gaoual Diallo.
‘’Je fais toujours partie de l’UFDG dissoute, tout simplement parce qu’on a perdu du temps dans des procédures en appel. Mais cela est dissous par ma volonté. Je voulais reprendre la tête. Moi, je n’ai pas autre chose. Je me suis engagé dans ces débats politiques en 85, je ne renonce pas comme ça à mes convictions’’, assure-t-il sur la télévision nationale.
Et d’insister : ‘’Moi, j’étais dans ce parti politique avant Dalein. Dalein n’est arrivé là qu’en 2007. J’avais déjà 20 ans d’ancienneté en politique. Donc, ce n’est pas un problème de personne. On n’est pas venu dans sa cohorte. Je connais le RPG depuis sa création, depuis la transformation du MND en RPG. Nous étions à la tête du chef de file de l’opposition dans ce pays’’.
Boussouriou Doumba, pour VisionGuinee.Info
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