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Pourquoi le taux de divorce est-il élevé en Guinée ? (Par Sayon Mara)

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Soutra

Le divorce est un phénomène récurrent en République de Guinée, qui devient de plus en plus préoccupant. Ce taux s’explique, en grande partie, par le fait que les conditions de célébration des mariages, notamment celles relatives à la dot, ont été tellement simplifiées que ces unions ont perdu toute leur valeur.

Dans la société traditionnelle africaine, notamment guinéenne, la dot n’est pas symbolique. Contrairement aux sociétés occidentales, elle est constituée, chez les musulmans de la Guinée, du sadakou ou le salaire de l’honneur, payé en argent ou en nature (or), emprunté à la tradition islamique, ainsi que de tous les présents que le prétendant offre à la future mariée et à sa famille, notamment le jour de la célébration du mariage. Dire que la dot est symbolique relève du mimétisme. Nous tenons cela des arabes et des occidentaux.

Dans les villages, chez certains sous-groupes linguistiques comme les Kouranko (localisés entre les préfectures de Faranah, Kissidougou, Kankan et Kérouané), la dot se composait traditionnellement de bœufs, dont le nombre pouvait varier d’une contrée, d’un milieu ou d’un individu à un autre.

Dans les grandes villes, outre les vêtements de la future mariée, ses bijoux et autres, on trouve les boubous du père (avec une somme d’argent dans une des poches dudit boubou, somme appelée traditionnellement « dioufarô bila »), de la mère (accompagné du prix de confection lorsqu’il n’est pas encore cousu), et parfois, les présents sont élargis aux tantes et oncles de la mariée.

Dans certaines familles, une somme d’argent est ajoutée à la valise ou à la malle, dont le montant dépend des moyens financiers du futur époux. Cette somme représente le prix de couture des différents boubous (habits) offerts aux parents. Il y a également une vache ou son prix pour la prétendante, ainsi qu’une vache ou son prix pour la belle-mère.

Dans les grandes villes, à défaut d’une vache, c’est un montant forfaitaire de cinq cent mille (500 000) francs guinéens que le « kabila » ou clan du prétendant paie pour la mariée et un million (1 000 000) de francs guinéens pour la belle-mère.

En résumé, la simplification des conditions de célébration du mariage est l’une des causes fondamentales du taux élevé de divorce. Un vieux dicton nous enseigne souvent que ce que l’on obtient facilement, on ne fait pas beaucoup d’efforts pour le conserver.

Sayon MARA
Juriste

Soutra
1 commentaire
  1. Taliby Diané dit

    Le titre interrogatif de cet article laisse entendre que son contenu apportera une réponse précise à la question posée (Pourquoi le taux de divorce est-il élevé en Guinée ?). Or, force est de constater que le texte ne fournit ni chiffres ni données statistiques permettant de situer réellement le niveau du divorce en République de Guinée. Par définition, un taux suppose un rapport chiffré : un numérateur (le nombre de divorces) et un dénominateur (le nombre de mariages) sur une période donnée, exprimé en pourcentage. L’absence de ces éléments rend l’argumentation incomplète et fragilise la pertinence de l’analyse de M. MARA.

    Il est regrettable qu’il n’ait pas mobilisé de données quantitatives pour étayer son propos. Sans chiffres, il est difficile d’apprécier la réalité du phénomène et de mesurer son évolution dans le temps.

    Par ailleurs, l’article se concentre exclusivement sur la question de la dot et de sa simplification progressive, présentée comme la cause principale de l’augmentation des divorces. Cette approche, bien que pertinente sur le plan culturel, reste réductrice. Elle élude d’autres facteurs essentiels qui expliquent aujourd’hui la montée du divorce dans nos sociétés :

    1) L’émancipation progressive des femmes, qui revendiquent davantage de liberté dans le choix du conjoint et dans la gestion de leur vie matrimoniale.

    2) Les difficultés économiques auxquelles sont confrontés les jeunes couples, souvent incapables de subvenir durablement aux besoins du foyer.

    3) Les mutations sociales et urbaines, qui modifient les rapports familiaux traditionnels et fragilisent les solidarités communautaires.

    En fin, si la simplification des conditions de célébration du mariage peut être un élément explicatif, elle ne saurait à elle seule rendre compte de la complexité du phénomène. Une analyse rigoureuse du taux de divorce en Guinée devrait s’appuyer sur des données chiffrées et intégrer les dimensions socio-économiques, culturelles et démographiques qui influencent la stabilité des unions.

    Taliby Dainé

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