Préparatifs de l’investiture de Doumbouya, choix du stade de Nongo, le ministre Bogola déballe : ‘’Nous n’étions pas complètement prêts…’’
Quelques jours après l’investiture du président Mamadi Doumbouya, le ministre des sports revient sur les derniers instants des préparatifs de l’événement. Selon Kéamou Bogola Haba, plusieurs facteurs ont conduit au choix du stade de Nongo au lieu de celui du 28 septembre, notamment la meilleure avancée de l’infrastructure.
VisionGuinee : le président Mamadi Doumbouya vient d’être investi pour un mandat de 7 ans, quelle est votre réaction ?
D’abord, je voudrais profiter de l’occasion pour féliciter le président de la République pour cette investiture. Vous avez écouté les engagements qu’il a pris, vous avez entendu le président de la Cour suprême rappeler ses responsabilités devant le peuple de Guinée. C’est un événement d’une importance capitale qui nous a permis d’ouvrir la Vème République. Donc, au nom de l’ensemble des cadres du ministère des sports, nous félicitons le président de la République pour cet engagement et cette investiture, et nous lui souhaitons un mandat de paix et de réussite, permettant à la Guinée de commencer véritablement son chemin vers l’indépendance économique.
Contrairement aux précédentes investitures, cet événement s’est déroulé dans un stade. Pourquoi avoir choisi le stade de Nongo ? Comment cette décision a-t-elle été prise ?
Effectivement, nous étions ravis d’apprendre que le stade de Nongo avait été choisi pour abriter ce grand événement. Il y avait plusieurs sites en compétition pour l’accueillir, notamment le Palais des Nations, et d’autres sites comme le Palais du Peuple ou le stade Petit Sory. Nous, de notre côté, avions deux sites candidats : le stade du 28 septembre et le stade de Nongo. Après évaluation, il a été décidé que le stade de Nongo serait celui qui abriterait cet événement.
En effet, plusieurs inspections ont été menées avant cet événement, tant au stade de Nongo qu’au stade du 28 septembre. Nous pensions initialement que le stade du 28 septembre était plus prêt pour cet événement. Mais malheureusement, à cause des encombrements physiques, des accès difficiles, ce stade n’a pas été retenu. Un autre facteur a joué : la capacité de stationnement insuffisante au stade du 28 septembre. Cela a conduit à l’élimination de ce site. C’est un appel à ceux qui occupent les artères de ce stade, du côté de l’autoroute, de Dixinn, etc., de comprendre que ce stade n’a pas été choisi à cause de ces encombrements. Il n’y a pas d’espace pour accueillir un événement d’une telle envergure.
Ainsi, le stade de Nongo a été choisi. Ce n’est pas le fruit d’une décision prise à la hâte, mais celui d’un travail engagé par le président lui-même. Lorsque nous sommes arrivés en 2024, un contrat avait déjà été signé pour la rénovation du stade. Malheureusement, ce contrat représentait seulement 18 à 20 % de ce qui devait être fait. Le stade de Nongo ne se résume pas à une simple rénovation, mais à une finition. Une partie du stade a été construite grâce à la coopération guinéo-chinoise, permettant de réaliser le grand bloc, mais des travaux demeuraient. La modernisation, les ascenseurs, les vestiaires, les parkings, de nombreuses infrastructures étaient incomplètes.
Le projet a donc consisté à terminer ce qui n’avait pas été fait. Nous avons évalué cela en 2024 et, en mars 2025, un véritable contrat a été signé pour finaliser les travaux, un contrat historique pour notre pays en termes de rénovation et de construction de stades, financé par le budget national guinéen.
Un grand crédit doit être donné au président de la République et au ministre des Finances et de l’Économie, qui ont co-signé ce contrat. C’est le plus grand contrat de l’histoire de notre pays pour la rénovation d’un stade, financé par l’État guinéen, ce qui n’avait jamais été réalisé auparavant. Ce travail initial a été fait avec un don de la Chine, mais ce contrat signé en 2025 représente le financement par le budget national de développement. Grâce au soutien de mon collègue Mourana Soumah, du président de la République et du Premier ministre, nous avons pu engager l’État dans ces travaux.
Il faut aussi mentionner que nous avons accéléré les travaux, même si ceux-ci n’étaient pas finis à temps pour l’événement. Nous avons fait face à un défi majeur, une véritable course contre la montre.
Nous avons eu l’appui du Bureau de suivi des priorités présidentielles, ainsi que celui de l’ensemble des départements. Nous avons lancé un appel au ministre de l’énergie et au directeur général de l’EDG pour soutenir l’évaluation globale du système énergétique, ce qui a permis de résoudre le problème énergétique durant l’événement. Grâce à cela, il n’y a pas eu de coupure d’électricité sur le site.
Nous avons également sollicité le ministère des Infrastructures et l’AGEROUTE pour résoudre les problèmes d’accès au stade. Ce soutien nous a permis de libérer les accès et de faciliter le passage des véhicules. Un travail de déguerpissement important a été effectué, et nous remercions la police et les agents de la mairie pour leur aide dans cette tâche. Cela a permis de dégager le chemin pour les sapeurs-pompiers et les autres intervenants de la protection civile.
Quant à la question sanitaire, nous avons également fait appel au ministère de la Santé pour assurer la sécurité médicale de l’événement, en mettant en place un système médical sur le site et en équipant nos ambulances. Nous n’étions pas complètement prêts en ce qui concerne la réception du public.
Finalement, comment l’évènement s’est déroulé le jour J ?
Comme vous l’avez constaté, le côté Est du stade n’était pas encore couvert, et nous présentons nos excuses à la population pour cela. Notre objectif était que le stade soit couvert à 100 %, comme prévu, mais le côté Est, ainsi que les côtés Nord et Sud, ne sont pas encore couverts. L’événement ayant eu lieu en pleine journée, la population présente de ce côté a dû faire face au soleil. Nous sommes désolés pour cela, et nous assurons que dans les prochains événements, tout le monde sera à l’ombre, car le stade sera couvert à 360 degrés, conformément au plan de finition prévu.
Pour nous, l’infrastructure était prête. Nous avons eu un immense soutien des forces de défense et de sécurité, et il est important de souligner que la réussite de cet événement a été le fruit de l’organisation de la présidence, tandis que nous, du côté du ministère des sports, étions concentrés sur le site de Nongo.
Le stade de Nongo est désormais l’un des sites les plus sécurisés du pays, grâce aux normes de sécurité mises en place pour cet événement. Nous avons déjà résolu 90 % des problèmes liés à l’homologation du site. Il ne reste que la pelouse à refaire, ainsi que quelques travaux déjà engagés. Le stade n’est pas seulement destiné au football. Des salles VIP de niveau très élevé ont été prévues pour offrir un cadre propice aux affaires, ce qui permettra de générer des revenus pour le pays.
Le nombre de places de parking, plus de 3500, a été augmenté, et de vastes esplanades ont été créées pour assurer un niveau d’accueil supérieur.
Le site sera encore fermé au public jusqu’à ce que les travaux de rénovation et de finition soient terminés, ce qui devrait être le cas en 2026, comme prévu dans le contrat. Le financement des travaux est désormais bouclé à 100 %, grâce aux accords signés avec les banques et la garantie de l’État. Cela garantit que les travaux seront achevés.
Le stade est-il en phase de finition ?
Pas encore ! Beaucoup pensent que c’est terminé, mais ce n’est pas encore le cas. Nous avons encore de nombreuses surprises à préparer pour rendre ce stade d’un niveau qui n’aura rien à envier aux autres nations.
Par Boussouriou Doumba, pour VisionGuinee.Info
00224 622 98 97 11/boussouriou.bah@visionguinee.info

