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Présidentielle 2015 : voici comment Alpha Condé gère l’irruption de Dadis dans la campagne

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[dropcap]A[/dropcap]u moment d’ouvrir un timide dialogue avec son opposant Cellou Dalein Diallo, Alpha Condé s’inquiète du retour tonitruant de son ex-allié, Moussa Dadis Camara, sur la scène politique locale.

Image d'archive
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Décryptage. L’annonce le 11 mai de la candidature de Moussa Dadis Camara à la prochaine élection présidentielle guinéenne, prévue en octobre, ne fait pas du tout les affaires d’Alpha Condé. Alors qu’il mise sur une victoire dès le premier tour, le chef de l’Etat craint désormais de voir lui échapper les voix des partisans de l’ancien putschiste, patron des Forces patriotiques pour la démocratie et le développement (FPDD). Celui-ci demeure toujours très populaire dans sa région de Guinée forestière malgré son exil à Ouagadougou.

Priorité. Déjà en campagne, Alpha Condé s’est empressé de visiter cette zone de l’Est du pays le 20 mai, au lendemain de son tête-à-tête à Conakry avec son opposant historique Cellou Dalein Diallo, patron de l’UFDG. Profitant de l’inauguration du pont Gbelegban sur la frontière avec la Côte d’Ivoire (Est), le chef de l’Etat s’est déplacé tour à tour à Nzérékoré, Sinko et Boola. Ce périple improvisé visait à rassurer les populations de ces trois villes susceptibles de lui faire défaut en cas de validation de la candidature de Moussa Dadis Camara.

Menaces. Hormis cette présence sur le terrain – et les promesses qui l’accompagnent-, un autre scénario envisagé serait tout simplement d’empêcher le retour de Dadis en Guinée. Selon nos sources, cette hypothèse est étudiée de très près au palais de la Sékhoutouréya, la présence de l’ancien chef du Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD), aussi imprévisible qu’exalté, pouvant entraîner de sérieux problèmes sécuritaires dans le pays.

Pour parvenir à ses fins, le président Condé pourrait, comme par miracle, brandir la menace de poursuites judiciaires qui pèse depuis plusieurs années sur Moussa Dadis Camara après le massacre de 157 civils le 28  septembre 2009 dans le stade de Conakry. Depuis ce tragique événement, l’enquête sur les circonstances exactes du massacre a été sciemment abandonnée pour ne pas heurter l’électorat forestier. Coïncidence ? Plusieurs associations de défense des droits de l’homme jugées proches du régime Condé se sont d’ailleurs fait entendre, quelques jours après la sortie médiatique de l’ancien putschiste, pour demander à ce que cette enquête soit relancée.

La Lettre du Continent

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