Procès du 28 septembre : ‘’le général Sékouba Konaté doit être là…s’il veut qu’on aille à la CPI, il n’a qu’à venir d’abord’’
Le jeudi 18 décembre, le tribunal criminel de Dixinn, délocalisé à la cour d’appel de Conakry, a ouvert la deuxième phase du procès du massacre du 28 septembre 2009.
Sept officiers et sous-officiers, dont le colonel Bienvenu Lamah, sont jugés pour plusieurs chefs d’accusation, notamment abus d’autorité, meurtres, assassinats, viols, enlèvements, entraves aux mesures d’assistance, actes de torture et complicité. Ces accusés, qui avaient initialement bénéficié d’un non-lieu, ont été remis en cause à la suite de nouvelles dénonciations.
A la barre, le colonel Bienvenu Lamah a exigé la comparution de l’ancien ministre de la Défense sous le règne de Dadis Camara. ‘’Le général Sékouba Konaté doit être là’’, a-t-il déclaré.
Il rappelle que ‘’le général Sékouba Konaté était ministre de la Défense. Lorsqu’il a été question d’instruire les événements du 28 septembre, il a négocié et n’a jamais voulu comparaître devant le pool des juges d’instruction’’, avant de marteler que ‘’quand les gens disent qu’il est démocrate, le pouvoir qu’il a rendu comportait beaucoup de choses à tel point qu’il ne pouvait pas garder. C’est tout cela qui a conduit à des négociations’’.
L’accusé a cité une interview donnée par le général Konaté en date du 27 mars 2017, selon lui, dans laquelle ce dernier évoquait la présence de 9 000 recrues à Kaléah.
Lorsqu’on a extradé Toumba Diakité en Guinée, il a donné son interview le 27 mars 2017. Il a mentionné qu’il y avait 9 000 personnes à Kaléah et que les éléments présents là-bas étaient ceux de Dadis. Ce sont ces éléments qui ont quitté Kaléah pour venir commettre le massacre. C’est une tentative d’orienter Toumba, car cette interview pose problème dans le dossier. Il a fait cette interview pour influencer Toumba. Lui, il était ministre de la défense’’, a-t-il dénoncé.
‘’Dans ce dossier, le général Sékouba Konaté doit être présent pour une confrontation’’, a insisté l’officier de gendarmerie, relevant une contradiction entre les déclarations de Sékouba Konaté et celles de Toumba Diakité : ‘’Toumba dit que 250 personnes sont venues du centre d’instruction de l’armée de mer. Après vérification, il s’avère qu’il y avait bien des éléments là-bas’’.
Selon lui, ‘’le général Sékouba Konaté doit venir. S’il veut qu’on aille à la Cour pénale internationale, il n’a qu’à venir d’abord, et nous les confronterons, lui et Toumba. Entre eux, qui dit la vérité ? Il a cherché à orienter Toumba’’.
Le colonel Lamah a nié toute implication dans les événements du 28 septembre. ‘’Je ne devrais plus être dans ce dossier, ni témoin ni accusé, mais je suis guerzé, c’est tout. Je ne devrais plus être témoin dans ce dossier ni accusé, mais ce sont des stratégies’’, a-t-il affirmé.
Il assure que ‘’toute personne à qui Dieu a dit de ne pas voler, si tu voles, ce n’est pas bien. Dieu a dit de ne pas tuer. Si tu tues, ce n’est pas bien. Mais si un juge te condamne sur cette terre devant Dieu, tu es condamné. Si vous devez condamner quelqu’un, condamnez-le sur les faits’’.
Il dit à veut l’entendre que ‘’la liberté, c’est dans la tête. Moi, je suis préparé, je ne me reproche de rien. Avec mon comportement, mon éducation, ma religion, je ne peux être complice. Renseignez-vous sur qui est Bienvenu’’.
Abdoulaye Bella DIALLO, pour VisionGuinee.Info
00224 628 52 64 04/abdoulbela224@gmail.com

