Elhadj Nouhou Barry, 55 ans, marchand de profession, a été appelé lundi à la barre du tribunal criminel de Dixinn pour dire sa part de vérité dans le massacre du 28 septembre. Victime de coups et blessures, il réclame 8 milliards GNF au titre de dédommagement.
A la barre, après avoir décliné son identité, a laissé entendre qu’il s’est rendu au stade du 28 septembre en compagnie de son frère Amadou Oury Barry, ses neveux Ibrahima et Abdoulaye Bailo.
“Nous sommes sortis de chez nous à 6h du matin pour aller prendre part au meeting au stade. Nous étions en jeûne ce jour-là. Mais avant. Je voudrais faire des prières pour les manifestants tués le 28 septembre”, indique-t-il.
“Mon frère Amadou Oury qui a été tué au stade, vivait aux Etats-Unis. Il y a vécu pendant 10 ans. Dans le stade, il faisait prier les manifestations sur la pelouse. Après avoir fini de prier, nous avons pris place au niveau de la tribune. L’ambiance est festive. C’est entre 10h 11h que les tirs ont commencé. Un de mes neveux m’a demandé ce que nous devons faire. Je lui ai dit que c’est le sauve-qui-peut”, se souvient-il.
Il dit avoir aperçu au stade des individus arborant des maillots du club Chelsea avec des cauris sur la tête. En tentant de quitter les lieux, poursuit-il, “mon frère m’a demandé de ne pas l’abandonner parce qu’il était un peu souffrant. Je me suis battu pour qu’on sorte du stade ensemble pendant que les bérets tiraient à balles réelles. Nous sommes allés vers Marocana. Des fils électriques étaient sur notre passage. Tous ceux qui les ont touchés ont été électrocutés”.
“Alors qu’on tentait de nous échapper, ils ont tiré sur mon frère. Il a été touché au niveau de la poitrine et du pied. Je me suis couché à même le sol pour avoir la vie sauve. J’ai fait comme si j’étais mort. Plus tard, quand j’essayais de déplacer le corps de mon frère, j’ai été surpris par un gendarme. Je lui ai donné mon téléphone de marque Nokia en le suppliant de m’aider. C’est là qu’un béret rouge est arrivé. Ils m’ont passé à tabac jusqu’à fracturer mon bras. Sur place, j’ai perdu quatre dents. Ils m’ont poignardé avec leurs baillonnettes. J’ai été secouru par des agents de la Croix-Rouge”, raconte-t-il, précisant avoir hospitalisé pendant un an et six mois à la clinique Mère et enfants de Kipé.
Imputant la responsabilité du massacre du 28 septembre à Dadis Camara, Elhadj Nouhou Barry dit garder les séquelles des violences qu’il a subies au stade. Il réclame un montant de 8 milliards GNF au titre de dommages et intérêts.
Abdoulaye Bella DIALLO, pour VisionGuinee.Info
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