L’ancien Premier ministre, Ibrahima Kassory Fofana, bénéficie d’une liberté provisoire pour raisons médicales. Toutefois, son procès en appel devant la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF) suit toujours son cours. Pour comprendre l’évolution du dossier, la rédaction de VisionGuinee a interrogé son avocat, Maître Sidiki Bérété.
Le mois dernier, Ibrahima Kassory Fofana a obtenu une liberté provisoire afin de recevoir des soins appropriés. Une décision qui, selon sa défense, ne met nullement fin à la procédure judiciaire engagée contre lui.
“Liberté provisoire ne signifie pas la fin du procès. Notre client reste poursuivi et son dossier demeure pendant devant la justice”, a rappelé son avocat.
Quelques jours après cette mesure, l’ancien chef du gouvernement a été interrogé sur son lit d’hôpital par le procureur spécial près la CRIEF, Aly Touré. Cet interrogatoire a porté sur les trois principales infractions retenues contre lui, à savoir le détournement de deniers publics, le blanchiment de capitaux et l’enrichissement illicite.
Selon Maître Sidiki Bérété, les montants évoqués dans ce dossier ont évolué au fil de la procédure. “On parlait initialement de 15 milliards de francs guinéens, mais aujourd’hui, le ministère public évoque plutôt 20 milliards”, a-t-il expliqué, tout en contestant ces accusations.
La défense affirme par ailleurs avoir apporté des éléments de clarification sur la gestion des fonds incriminés. “Sur les 15 milliards, 13 milliards sont toujours à la Banque centrale et n’ont jamais été déplacés. Le reste aurait été orienté vers des projets relevant du ministère de l’énergie de l’époque”, soutient l’avocat, qui évoque également des documents administratifs à l’appui.
Concernant les avoirs personnels de l’ancien Premier ministre, notamment des montants en devises et en francs guinéens retrouvés sur ses comptes, la défense estime qu’ils ne sont pas disproportionnés au regard des responsabilités qu’il a exercées.
Malgré son état de santé jugé préoccupant, Ibrahima Kassory Fofana reste sous suivi médical strict. “Il est obligé de rester à proximité des médecins. Son état ne lui permet pas de rentrer chez lui, car il doit être pris en charge sur un plateau technique adapté”, précise son conseil, évoquant même l’absence d’expertise médicale suffisante en Guinée pour son cas.
Sur le plan judiciaire, la défense insiste sur le respect des procédures. Elle rappelle que la loi permet, en cas d’empêchement lié à l’état de santé, d’entendre un prévenu à son lieu de traitement, conformément aux dispositions prévues par le Code de procédure pénale.
Le verdict dans ce procès en appel est attendu le 30 avril prochain. En attendant, la défense reste confiante : “Le juge dira le droit. Notre client a eu le temps de se défendre, et c’est l’essentiel”.
Salimatou BALDE, pour VisionGuinee.Info
00224 662 78 58 57/salimbalde91@gmail.com

