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Propos d’une maire sénégalaise à l’encontre d’étalagistes guinéens : le virus de la xénophobie sud-africaine aurait-elle atteint le pays de la Terranga ?

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Soutra

Dans une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux, une maire sénégalaise, lors d’une opération de déguerpissement, s’en prend aux commerçants qui s’installent dans des endroits inappropriés.

Si, sur le plan purement légal, elle pourrait avoir raison, les propos qui accompagnent cependant son acte inquiètent plus d’un, car ils visent particulièrement la communauté guinéenne. Surtout que ces propos interviennent au moment où des appels à la haine et des menaces d’expulsion visant cette même communauté gagnent du terrain dans ce pays voisin et circulent sur les réseaux sociaux.

Des plateformes xénophobes et répugnantes, suivies par des milliers de personnes, ont été créées à cet effet sur TikTok, WhatsApp et autres.

Certains Africains oublient l’histoire si particulière et si délicate du continent, et il faut faire très attention. Il ne faut pas tomber dans le piège tendu par la colonisation, qui a créé des frontières artificielles séparant aujourd’hui des peuples africains qui sont pourtant les mêmes.

D’ailleurs, quelle est la différence entre le Peul du Mali, de la Guinée, du Burkina Faso, du Niger et autres, et celui du Sénégal ? Quelle est la différence entre le Malinké de la Guinée, du Sénégal, de la Côte d’Ivoire, de la Gambie, du Burkina Faso, du Libéria, de la Sierra Leone, etc., si ce n’est celle différence inventée, provoquée par les Blancs pour nous affaiblir ?

Les Africains doivent faire très attention. Alors que l’idéal devrait être de suivre la voie tracée par les pères fondateurs du continent, ce n’est pas maintenant qu’il faut se disperser autour d’idées ou de comportements qui ne nous avancent en rien.

À dire vrai, cette situation préoccupante qui se développe actuellement au Sénégal doit interpeller plus d’un. En effet, le silence des autorités sénégalaises face à ce phénomène intrigue plus d’un. Si le silence du président sud-africain face à la montée de la xénophobie en Afrique du Sud est à condamner avec la dernière énergie, il en va de même pour le silence du président sénégalais face à la montée des discours de haine, de division et de stigmatisation visant notamment les Guinéens.

En résumé, si les Africains ne prennent la mesure de la chose, s’ils ne prennent pas leurs responsabilités pour préserver les liens et les relations fraternelles qui les unissent depuis la nuit des temps, ils ne sont plus loin de l’implosion. Évidemment, si chaque Africain rejette un autre peuple africain pour des raisons subjectives, à quoi servent alors l’Union africaine, la CEDEAO et toutes ces organisations africaines ?

Sayon MARA
Juriste

Soutra
1 commentaire
  1. Diané dit

    « …le virus de la xénophobie sud africaine aurait il atteint le pays de la Teranga ? »

    Ce titre, à lui seul, révèle la difficulté qu’ont certains Africains à appréhender une réalité pourtant profondément enracinée. Il laisse entendre que les Sud Africains auraient « inventé » la xénophobie et l’auraient ensuite transmise aux Sénégalais, comme un virus. Une telle formulation revient, involontairement, à atténuer la responsabilité des Sénégalais eux mêmes dans les actes qui se déroulent aujourd’hui.

    Dans le même esprit, le Président sud africain n’a pas gardé le silence : il a plutôt fait preuve d’une complicité coupable, à travers un discours en net décalage avec la position officielle de son pays sur la situation palestinienne. Comme si la vie et la dignité d’un Palestinien arabe comptaient davantage que celles d’un Africain noir venu d’ailleurs.

    Monsieur Mara, les mots ont un poids : je ne vous blâme pas, mais je souligne que les termes choisis façonnent la perception d’une situation grave.

    Ce qui se passe au Sénégal ne découle pas uniquement des violences xénophobes sud africaines récemment médiatisées. La xénophobie y était latente depuis longtemps ; elle ne l’est plus aujourd’hui. Les événements actuels ne sont que l’expression visible d’un phénomène ancien.

    Au delà des cas sénégalais et sud africain, il nous faut interroger notre rapport à l’Autre, celui qui est parfois plus proche de nous que nous ne voulons l’admettre, et questionner une humanité qui, trop souvent, semble à géométrie variable.

    Lorsque le Président tunisien tient des propos ouvertement racistes, une partie de la toile guinéenne, notamment certains observateurs politiques, ne manque pas de les dénoncer. Mais lorsque des propos de même tonalité sont tenus, sur des plateaux de télévision française à forte audience, par un prélat guinéen respecté et admiré en Guinée, c’est le silence complet.
    Cette asymétrie révèle les tensions entre identité, loyauté communautaire et cohérence normative.

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