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Siaka Barry dit ses quatre vérités au Premier ministre Mohamed Beavogui

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Le président du Mouvement démocratique et patriotique de Guinée (MPDG) n’est pas passé par quatre chemins pour dire le fond de sa pensée au Premier ministre. Siaka Barry a invité Mohamed Beavogui à prendre son bâton de pèlerin pour rétablir la confiance entre les autorités de la transition et les acteurs de la classe sociopolitique. Extraits.

« Pour bâtir la paix, il faut la bienfaisance. Pour bâtir la paix, il faut de la confiance. Pour bâtir la paix, il faut la justice. Posons-nous la question de façon très sincère. Nous qui sommes dans cette salle, nous, acteurs politiques, existe-t-il aujourd’hui la bienfaisance entre nous dans ce pays ? Je répondrai non. La solidarité a disparue Existe-t-il la confiance entre nous dans cette salle ? Je dirai non.

Ne faisons pas la politique de l’autruche. Il n’y a pas de confiance entre les acteurs politiques. Nous nous regardons en chiens de faïence. Entre nous et le CNRD, nous nous regardons en chiens de faïence. Entre le gouvernement et nous, nous sommes à couteaux tirés. Il n’y a plus de confiance.

Sidya Touré réduit au rôle d’un simple SDF

La justice existe-t-elle ? Nous avons une justice aujourd’hui chancelante. Nous avons une justice qui avait commencé par nous rassurer par la création de la célèbre CRIEF. Oui, pour les acteurs politiques ou administratifs qui ont eu un jour à gérer les deniers publics doivent se soumettre à la reddition des comptes. Mais le schéma aujourd’hui qui sous-tend la démarche de la CRIEF commence à devenir de plus en plus inquiétante.

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Comment allons-nous bâtir une Guinée de paix si les principaux acteurs politiques aujourd’hui sont inquiétés sur une base politique ? Ce n’est pas possible. Allons dans une démarche inclusive. Jamais au cours de l’histoire de la Guinée, nous n’avons enregistré autant de méfiance et de suspicion entre les acteurs politiques, jamais.

Aujourd’hui, un ancien Premier ministre croupit dans les cachots du désespoir. Aujourd’hui, un ancien président de l’Assemblée nationale croupit dans les cachots du désespoir. Aujourd’hui, on a créé une tunique à la Dalaï Lama qu’on est en train de confier à Cellou Dalein Diallo qui est en train de se promener à travers le monde. Aujourd’hui, on a réduit Sidya Touré au rôle d’un simple SDF.

Kassory Fofana, un politique en prison

Monsieur le Premier ministre, je ne suis pas contre la justice, mais mettez tout en œuvre pour que cette justice soit enfin diligente. Que ceux qui sont arrêtés, au lieu de dénier à ceux là le statut de prisonnier politique, qu’on les situe sur leur sort. C’est ce qui pourra profiter à la paix et à la sérénité. On a toujours dénié que Ibrahima Kassory Fofana n’est pas un prisonnier politique. Je vous dirai que s’il n’est pas un prisonnier politique, personne ne peut dénier qu’il est un politique en prison. Amadou Damaro Camara n’est pas un prisonnier politique ; mais c’est un politique en prison. Cellou Dalein Diallo n’est pas un exilé politique ; mais c’est un politique en exil. Monsieur le Premier ministre, impliquez vous pour que la paix revienne.

Quant aux questions liées au retour à l’ordre constitutionnel, elles sont d’ordre technique. Il vous appartient à vous et à Monsieur le ministre de l’administration du territoire de statuer la dessus. Le contenu du chronogramme, le contenu du fichier électoral, la question sur l’Organe de gestion des élections (OGE) qui n’est pas encore tranchée et que sais-je encore ?

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Ces questions d’ordre technique ne doivent pas voiler les premières questions d’ordre vital de notre nation parce que in fine, l’objectif de cette transition n’est pas simplement un retour à l’ordre institutionnel. L’objectif est de parvenir à des institutions viables, des institutions stables qui peuvent bâtir le développement de demain. Or, dans ce pays, on parle peu de développement.

Pour finir monsieur le Premier ministre, j’aimerai que vous transmettiez très fidèlement et très sincèrement à Son Excellence le colonel Mamadi Doumbouya, qu’il accepte que cette phase transitoire soit une phase de révolution pour la Guinée. Mais qu’il cesse de faire croire que le 5 septembre a donné simplement naissance à une révolution de palais ».

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