Le Premier ministre Bah Oury appelle à une transformation profonde de l’économie guinéenne afin que les retombées du projet Simandou profitent à l’ensemble de la société. Lors de ses échanges avec Ousmane Diagana, vice-président de la Banque mondiale pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, il a insisté sur la nécessité d’améliorer la gouvernance, de renforcer l’efficacité de l’administration et de mieux redistribuer les revenus issus de la croissance économique.
Pour le chef du gouvernement, la réussite du projet minier Simandou ne doit pas se limiter aux performances du secteur extractif. La Guinée doit tirer les leçons du passé pour éviter la création d’une enclave minière dont les retombées restent limitées pour le reste de l’économie nationale.
Bah Oury souhaite ainsi ‘’améliorer la gouvernance afin d’être beaucoup plus focus sur l’atteinte des résultats, de transformer nos richesses sur le plan local pour impacter davantage la société et d’assurer une redistribution des revenus pour qu’il y ait un ruissellement sur l’ensemble des secteurs de la société, par rapport à l’évolution de la croissance économique’’.
Le Premier ministre estime que la mise en œuvre du programme Simandou 2040 constitue une étape déterminante pour engager les réformes nécessaires au développement du pays.
‘’C’est la raison pour laquelle, actuellement, avec la mise en œuvre du programme Simandou 2040, nous sommes dans une phase très importante de réforme. C’est vrai que nous avons réussi, avec l’aide de Dieu, à avoir le projet minier Simandou, qui a été une réussite en termes de rapidité, en termes d’efficacité dans l’agencement de tout ce qu’il fallait faire ‘’, a reconnu le chef du gouvernement.
Toutefois, à ses yeux, cette performance dans le secteur minier doit désormais s’accompagner d’une transformation plus large de l’administration publique et des autres secteurs de l’économie.
‘’L’ensemble du corps social de l’administration doit aussi épouser les mêmes mécanismes pour que nous ne reproduisions pas ce que nous avons connu (…). Cela consistait à avoir une enclave minière et qu’en réalité, en dehors de ça, qu’il n’y ait pas d’impact. Nous voulons fondamentalement que ce projet minier Simandou ne soit pas une reproduction de l’économie de rente telle qu’on l’a connue’’, a-t-il affirmé.
Pour atteindre cet objectif, le locataire du palais de la Colombe plaide pour une assistance technique conçue conjointement avec les partenaires au développement, dont la Banque mondiale. Celle-ci devrait dépasser le seul cadre du secteur minier pour soutenir une transformation structurelle de l’économie guinéenne.
‘’Nous avons besoin de la co-construction d’une assistance technique qui pourra être plus globale, plus transversale, qui ne concernera pas simplement le secteur minier, mais qui cherchera à voir comment agir sur l’ensemble des autres piliers de l’économie nationale. Nous sommes tout à fait alignés sur cette question et le Cadre de partenariat-pays va dans la même direction’’, a-t-il rassuré.
Boussouriou Doumba, pour VisionGuinee.Info
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