Le sommet Africa Forward s’est achevé à Nairobi après deux jours d’intenses travaux, du 11 au 12 mai. Lors de la cérémonie de clôture, le président du Kenya, William Ruto, a réaffirmé la détermination du continent africain de construire un nouveau partenariat avec la France, fondé sur l’équité, l’investissement et l’autonomie.
‘’Ces deux derniers jours, nous ne nous sommes pas réunis en vain. Nous nous sommes rassemblés pour définir une nouvelle orientation, une orientation fondée sur un partenariat équitable, l’investissement, l’innovation et, surtout, l’autonomie des africains’’, a-t-il indiqué dans son discours de clôture.
Evoquant les discussions avec la France, le président kenyan a souligné des échanges intenses et constructifs, fondés sur le respect et la volonté de renforcer le multilatéralisme.
‘’Avec notre amie, la République française, nous avons eu des discussions intenses et constructives, fondées sur le respect et un engagement en faveur d’un ordre multilatéral plus efficace. Sous la direction du président Macron, notre partenariat a été imprégné d’une nouvelle énergie, d’une nouvelle dignité, d’une nouvelle franchise, d’une nouvelle flexibilité et, surtout, d’une nouvelle confiance. Pour cela et pour son engagement constant à façonner un nouveau partenariat tourné vers l’avenir entre l’Occident et l’Afrique, Monsieur le président, nous vous remercions vivement’’, a-t-il ajouté.
Il a salué le rôle du président français dans la redéfinition des relations entre l’Afrique et l’Occident. ‘’Je dis ici sans craindre aucune contradiction que votre courage à redéfinir la relation entre l’Occident et l’Afrique, le fait que vous ayez pris les devants et que vous nous ayez démontré que vous êtes un véritable ami’’, a-t-il précisé.
Sur le plan économique, le chef de l’Etat kenyan a souligné l’impérieuse nécessité pour l’Afrique de mieux s’intégrer dans la gouvernance financière mondiale.
‘’Nous quittons ce sommet avec la conviction commune que l’Afrique ne peut continuer à occuper une place marginale dans le système financier mondial alors qu’elle recèle l’un des plus grands potentiels économiques au monde. L’architecture financière mondiale actuelle continue d’imposer des coûts d’emprunt très élevés aux économies africaines, ce qui entrave le financement du développement et limite la capacité de nos nations à investir à grande échelle pour opérer la transformation nécessaire’’ a-t-il précisé.
Il estime que ‘’l’Afrique doit donc avoir davantage voix au chapitre dans l’élaboration des règles qui régissent le système financier mondial. L’Afrique doit donc avoir davantage voix au chapitre dans l’élaboration des règles qui régissent la finance, le commerce, la technologie et le développement à l’échelle mondiale, car l’avenir de l’économie mondiale sera de plus en plus façonné par les populations africaines, les marchés africains, le potentiel énergétique de l’Afrique, ses ressources minérales, son innovation et ses idées. Et ce sommet a mis une chose en évidence de manière incontestable : l’Afrique n’aborde pas l’avenir avec hésitation. L’Afrique aborde l’avenir avec ambition’’.
Le président Ruto a également mis en avant les priorités économiques du continent, notamment la transition énergétique, l’industrialisation verte, les infrastructures numériques et l’intelligence artificielle.
‘’Nous avons constaté des engagements très fermes en matière de transition énergétique et d’industrialisation verte, car nous comprenons qu’aucun pays ne peut s’industrialiser dans l’obscurité. Nous avons fait avancer les discussions sur les infrastructures numériques, l’intelligence artificielle et l’innovation, car l’Afrique doit entrer dans l’ère de l’IA non seulement en tant que consommatrice de technologie, mais aussi en tant que développeur de technologie. Nous avons renforcé les partenariats autour des systèmes alimentaires, de l’industrie manufacturière, des soins de santé et de l’économie bleue, car l’Afrique doit créer de la valeur à partir de ses propres ressources et multiplier les opportunités pour ses propres populations’’, a-t-il précisé.
Il se dit convaincu que ‘’ce sommet a confirmé un nouveau modèle d’engagement entre l’Afrique et ses partenaires. Non pas une relation fondée sur la dépendance, ni une relation définie par l’extraction, mais une relation fondée sur le respect mutuel, le co-investissement, la prospérité partagée et l’égalité souveraine’’.
A ses yeux, ‘’la véritable importance de ce sommet ne se mesure pas à la force de nos discours. Elle se mesurera à la force de notre action. La tâche qui nous attend désormais consiste à transformer chaque engagement en capital, le dialogue en mise en œuvre, et l’ambition en progrès concrets pour les peuples d’Afrique. Car l’Afrique n’attend pas qu’on l’invite à entrer dans l’avenir. L’Afrique construit cet avenir dès maintenant avec nos amis. Et depuis Nairobi, nous adressons un message très clair au monde entier : l’Afrique est prête à diriger, prête à nouer des partenariats et prête à façonner un avenir mondial plus équilibré et plus prospère’’.
De Nairobi, Ciré BALDE, pour VisionGuinee.Info
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