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Tibou Kamara, Makanera Kaké et l’épreuve de la parole publique !

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Soutra

L’actualité politique guinéenne est, ces derniers jours, marquée par une confrontation verbale assumée entre deux figures bien connues de la scène nationale, Monsieur Tibou Kamara et Monsieur Makanera Kaké. Deux hommes qui, à des périodes différentes mais déterminantes, ont occupé des fonctions stratégiques au sommet de l’État et contribué, chacun à sa manière, à la gestion des affaires publiques.

Aujourd’hui, leurs prises de parole successives, largement diffusées et commentées, donnent le sentiment d’un duel qui dépasse le simple échange d’idées. Ce qui interpelle n’est pas tant le désaccord inhérent à toute trajectoire politique que sa mise en scène publique, sans filtre, sous le regard d’une population qui observe, analyse et parfois s’inquiète.

Dans une République, la liberté d’expression est un droit fondamental. Elle ne saurait être remise en cause. Mais lorsque cette liberté est exercée par d’anciens responsables de premier plan, elle prend une dimension particulière. Les mots employés, les insinuations, les réponses et contre-réponses n’engagent pas seulement leurs auteurs, ils résonnent sur l’image des institutions qu’ils ont incarnées et sur la perception que les citoyens se font de l’État.

Le plus préoccupant reste peut-être l’effet collatéral de cette confrontation. À travers les réseaux sociaux et l’espace public, de jeunes Guinéens se retrouvent entraînés à prendre parti, à amplifier les attaques, parfois à tourner en dérision des personnalités qui ont, quoi qu’on en pense, servi la République à un moment de son histoire. Cette dynamique nourrit la polarisation, banalise l’irrespect et fragilise la culture du débat responsable.

Le silence ou la retenue des cadres moraux, politiques et institutionnels laisse place à une forme de vacarme où tout semble permis. Or, l’absence de rappel à l’ordre  ;n’est jamais neutre, elle peut être interprétée comme une validation tacite des excès.

Il ne s’agit pas d’exiger l’oubli, encore moins de nier les divergences ou les responsabilités passées. Il s’agit de rappeler que la parole publique, surtout lorsqu’elle émane d’anciens hauts responsables, doit rester au service de l’intérêt général. La Guinée a besoin de débats éclairants, pas de règlements de comptes publics qui affaiblissent la confiance collective.

Peut-être est-il temps de penser à la clôture. Non pas comme une défaite personnelle, mais comme un acte de maturité politique. Savoir s’arrêter, c’est parfois protéger l’essentiel. La cohésion nationale, l’exemplarité républicaine et l’avenir d’une jeunesse qui observe et apprend.

Au-delà de Tibou Kamara et de Makanera Kaké, il y a une exigence plus grande, celle de préserver la dignité de l’État guinéen et de rappeler que servir au sommet impose, même après, une responsabilité durable.

Abdourahamane CONDE
Citoyen guinéen, attentif aux enjeux de gouvernance et de communication publique

Soutra
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