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Tout sur la fête de Ramadan avec Oustaz Taibou Bah

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Soutra

[dropcap]A[/dropcap]u terme de 29 jours de jeûne, les musulmans de Guinée, à l’instar des autres coreligionnaires du monde entier, sont appelés à célébrer l’Aïd El-fitr, fête marquant la fin du ramadan. De passage à Kipé dans les locaux de Teranga couture, le prêcheur Oustaz Taibou Bah a répondu aux questions de notre reporter sur les mérites liés à la célébration de cette fête musulmane. Entretien.taibou

VisionGuinee : Les fidèles musulmans de notre pays à l’instar de ceux des autres du monde célèbrent la fête de ramadan «  l’Aïd El-fitr ». Toutefois, on précise souvent que les bonnes œuvres du Ramadan ne seront complètes qu’après que le fidèle s’est acquitté de l’aumône purificatrice de la fête de la fin du mois de Ramadan (Zakat al Fitr.). Qu’en est-il ?

Oustaz Taibou : La  « Zakat al Fitr»  est une obligation surérogatoire instituée par le prophète Mohamed (que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui). Cela est aussi signifié à travers des versets coraniques. Alors tenez-vous bien toutes les œuvres que nous avons  faites  durant ce mois de ramadan ne peuvent parvenir au Tout Puissant Allah  sans cette  « zakat al fitr ».  C’est elle qui efface toutes les petites erreurs que le fidèle musulman commet pendant son jeune du mois de ramadan. Tout fidèle ayant les moyens et qui refuse d’enlever cette aumône   ne verra pas ses œuvres parvenir à Dieu.  Par contre, celui qui n’a pas les moyens de s’en acquitter n’est pas concerné, car c’est pour ce genre de personne qu’on fait le «zakatoul al fitr »

Que dire Oustaz sur de la prière de la fête  de ramadan, ses conditions et son temps ?

La prière de la fête est une obligation qui incombe à l’homme « Fardou ‘Ayn », d’après les paroles les plus tangibles des savants. Le Prophète Mohamed (Paix et Salut sur lui) l’a ordonné en insistant là-dessus.  La façon de l’accomplir est légiférée et connue.  L’imam  fait le Takbir de la sacralisation (« Takbiratoul Ihram »), puis l’invocation de l’ouverture : « Dou’a al Istiftah ». S’en suivent les « Takbirat » (c’est-à-dire  Allahou Akbar en levant les mains), la lecture la Sourate de l’ouverture « Al Fatiha » à laquelle il ajoute une autre Sourate.

Quant à son temps,  cette prière doit être faite entre 9h-10h. Dans les conditions normales, les femmes doivent faire leur prière dans les domiciles sauf pour les deux fêtes (Aïd El-fitr et Aïd El-Kabîr) respectivement fêtes de Ramadan et Tabaski. Pour ces célébrations religieuses, elles doivent participer, même si elles sont dans un état d’impureté.

Le muezzin doit-il faire l’adhan  (le grand appel à la prière) et « al iqama » (le petit appel) pour la prière de la fête?

Non, pour la prière de la fête il n’y a ni Ahdan, ni Iqama, comme le prouve la Sounnah. L’imam vient et fait directement la prière en plus. Il faut préciser que le musulman ne doit pas faire de prières surérogatoires aussi.

La pratique du Prophète Mohamed recommande de ne pas faire al Adhan à cette occasion, non plus d’al Iqama, ni même d’y appeler par « as-Salât Jâmi’a », mais les gens s’y rendent, et quand l’imam se présente, ils prient et écoutent le sermon.

Souvent, certaines personnes négligent la prière durant les fêtes. Dites-nous Oustaz, peut-on rattraper une prière de la fête si on la ratait ?  

Non, le musulman n’a pas à se rattraper sur cette prière. Celui qui la rate, elle ne le concerne plus. Sauf si le fidèle vient trouver l’imam entrain de diriger la prière par exemple au niveau la deuxième rakat. Dans ce cas, dès le Salam de l’imam prononce, le fidèle peut se lever pour compléter  sa deuxième rakat  contrairement à la prière du vendredi, car celui qui la rate doit prier le Dhohor. La prière de la fête, est une prière qui ne se fait qu’en groupe, si l’individu manque l’assemblée, il ne pourra donc pas se rattraper.

Pendant la prière de la fête, l’imam prononce plus de « takbirat » (Allahou Akbar) que les autres. Y’a-t-il des raisons particulières ?

Les « Takbirat » supplémentaires sont une Sounnah. Si le musulman les fait, il en sera récompensé. S’il ne les fait pas, il ne lui en sera pas tenu. Il ne faut cependant pas les délaisser afin de pouvoir différencier la prière de la fête des autres prières.

Quant à ce qu’il faut dire entre les  « Takbirats », les savants ont dit qu’il fallait louer Allah et prier sur le Prophète (Prières et bénédictions d’Allah sur lui). Là aussi,  si l’individu ne le fait pas, encore une fois, il n’encoure rien. Quant au fait de lever les mains en disant chaque « Takbir », ceci est une Sounnah  également. Ces takbirats prennent une place très importante dans cette prière.

Oustaz, y a-t-il une sounnah particulière à faire à la veille de la fête ?

Les prières nocturnes peuvent être faites dans la nuit qui précède la fête d l’Aïd El-fitr si non  pas de Sounnah particulière pour la nuit de la fête excepté ce qui est connu comme invocation et Takbir. Allah a dit : Traduction relative et approchée : ‘’Afin que vous en complétiez le nombre et que vous proclamiez la grandeur d’Allah pour vous avoir guidé et afin que vous soyez reconnaissants’’. Sourate 2, verset 185.

Et qu’en est-il de la différence entre le takbir général (moutlaq) et le takbir particulier (Mouqayad) ?

Le Takbir est comme suit : « Allahou Akbar, Allahou Akbar, Lâ ilâha illa-llâh, wal-lâhou Akbar, wal-lah Akbar wa lillahil Hamd » ; ou bien il répète le Takbir trois fois de suite : « Allahou Akbar, Allahou Akbar, Allahou Akbar ».

 Le Takbir général (Moutlaq) c’est celui qui est conseillé à tout instant, et le particulier (Mouqayid) c’est celui qui est conseillé après les prières prescrites. Et les savants -Qu’Allah leur fasse miséricorde- ont expliqué que le Takbir particulier après les prières était spécifique à la fête du sacrifice : Du Fajr (l’aube) le jour de « Arafat », jusqu’au ‘Asr (le milieu de l’après-midi) du dernier jour du « Tachriq » (troisième jour qui suit la fête).

Quant au Takbir général, il est conseillé pour la fête de la rupture du jeûne, et les dix premiers jours de dhoul-Hijja. Et ce qui est juste c’est que le Takbir général dure pour la fête du sacrifice, jusqu’à la fin des jours de « Tachriq », et sa durée sera donc de treize jours. Et la Sounnah veut que cela soit fait à haute voix, sauf pour les femmes qui le font à voix basse.

Pour revenir à la fête, que doit faire le musulman avant d’aller à la prière ?

La Sounnah pour la fête de la fin du Ramadhan (« ‘Id al Fitr) est qu’il mange des dattes en nombre impair avant de sortir pour la prière. Par contre pour la fête du sacrifice (« ‘Id al Adha »), la Sounnah veut qu’il mange de la bête sacrifiée, après qu’il soit revenu de la prière.

Quant au fait de faire les grandes ablutions à cette occasion, une partie des savants le considère comme conseillé. Tout comme il est conseillé qu’il mette ses plus beaux habits, quand bien même il ne se contenterait de faire que ses petites ablutions, mais s’il mettait ses vêtements habituels alors il ne lui en sera pas tenu grief.

Quelle est la sagesse dans le fait de ne pas emprunter les mêmes chemins à l’aller et au retour le jour de la fête ?

La sagesse, à mon avis est de suivre le message (prières et bénédictions d’Allah sur lui)-, car cet acte fait partie de la Sounnah. Et parmi les sagesses également, il y a le fait de laisser apparaître le rite et la cérémonie de la prière de la fête. Ceci c’est pour donner une force à la religion musulmane, montrer une certaine communion entre les musulmans. Sachez que le jour de la fête chaque pas du fidèle est récompensé et s’il empreinte des chemins différents pour aller et revenir cela augmente le nombre de pas et par conséquent son mérite est augmenté. Par ailleurs Allah Tout Puissant voudrait que les mécréants sachent que les musulmans sont nombreux et que ces fidèles sont également riches.

Parlons à présent des femmes qui souhaitent se rendre à la prière de la fête…

Nous considérons que la femme est tenue de se rendre au lieu de prière (Moussalla) pour obtenir les bienfaits de la prière. La femme musulmane participe à la prière et aux invocations. Il est recommandé qu’elle sorte discrètement, ne pas s’exhiber en portant des habits sexy comme si elles partaient en boite de nuit. Ainsi elles auront réuni la pratique de la Sounnah et l’éloignement de la tentation.

Dans certaines de nos mosquées, l’imam fait le takbir dans le micro et tous les autres fidèles musulmans répètent après lui ce qu’il dit. Est- ce que cela fait partie des innovations ou est-ce permis ?

Ceci entre dans l’innovation car ce qui est connu dans la voie du Prophète (prières et bénédictions d’Allah sur lui) concernant les invocations est que chacun invoque Allah pour lui-même. Il ne faut donc pas sortir de la voix du Prophète –prières et bénédictions d’Allah sur lui- et de ses compagnons -qu’Allah les agrées.

Un message à l’endroit des fidèles musulmans en particulier les jeunes qui consacrent cette fête à l’organisation des chants et danses ?

Normalement cette fête ne doit pas  être pour le fidèle une occasion pour mettre tout son travail dans l’eau et très malheureusement certains s’adonnent toujours à ce genre de pratique. L’Aïd est l’occasion de tisser des  liens sociaux, de faire du bien au vivre-ensemble, de montrer concrètement les bienfaits et valeurs de l’islam, non pas à des fins de marketing civique, non pas pour prouver quoi que ce soit, mais pour répondre à l’appel de notre noble Prophète (PSL) qui nous a tant invités à nous soucier véritablement de nos voisins, au sens large. Appliquons et revivifions donc cette sunnah.

Entretien réalisé par Amadou Aliou Barry, pour VisionGuinee.Info

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