Le procès de Mamadou Moustapha Diallo, accusé de l’assassinat de Chérif Traoré en 2025, s’est poursuivi au tribunal de première instance de Coyah. Devant les juges, l’accusé a continué de nier les faits qui lui sont reprochés. Après la phase des réquisitions et des plaidoiries, ce mardi 28 avril, le juge Moralye Soumah a rendu son verdict final, condamnant l’accusé à 3 ans d’emprisonnement.
Lors des réquisitions, le ministère public est revenu sur les circonstances ayant conduit au décès de la victime. Selon le procureur, l’accusé, qui affirme souffrir de la “maladie du diable”, était en traitement chez le défunt, réputé marabout.
‘’Ce jour, Mamadou Moustapha Diallo a préparé une machette, il est allé à la recherche du défunt. Il les a trouvés, il y a eu un incident et une course-poursuite s’est engagée entre eux. Ils étaient au nombre de trois. Il y avait l’accusé, le fils du défunt qui s’est interposé entre son père et l’accusé, alors que ce dernier était muni d’une machette qu’il avait préparée. Il a donné un coup de machette au fils du défunt sur la main, qui s’est blessé. C’est ainsi que celui-ci s’est retiré et Mamadou Moustapha Diallo a continué de pourchasser son père et lui a donné des coups de machette à la nuque et l’a achevé avant de prendre la fuite. Les enquêtes ont été ouvertes. Puisque le fils du défunt connaissait ce qui s’est passé, il a dit que c’est Mamadou Moustapha Diallo qui est à l’origine de la mort de son père’’, indique-t-il.
Le procureur Moustapha Mariama Diallo a estimé que les faits ont été commis avec préméditation et guet-apens. Selon lui, les faits d’assassinat reprochés à l’accusé sont constitués. Il a requis une peine sévère en demandant au tribunal de le condamner à la réclusion criminelle à perpétuité.
‘’Le ministère public que je représente requiert qu’il vous plaise de retenir Mamadou Moustapha Diallo dans les liens de la culpabilité, le déclarer convaincu et coupable du crime d’assassinat. Pour la répression, en application des dispositions de l’article 208 du code pénal, vous le condamnerez à la réclusion criminelle à perpétuité. En prenant une telle décision, vous aurez rendu une bonne et saine justice’’, a déclaré l’empereur des poursuites.
Pour sa plaidoirie, l’avocat de la défense a précisé que son client se trouvait hors de la Guinée au moment des faits. Il a plaidé pour l’acquittement de l’accusé pour faute de preuves. ‘’Dans cette affaire, conjuguer le même verbe par rapport à l’acquittement de Mamadou Moustapha Diallo, je vous prie d’appliquer l’article 544’’, a déclaré Maître Abdoulaye Keita.
Appelé à prendre la parole pour sa défense, l’accusé a demandé la clémence du tribunal. ‘’Je ne connais rien dans cette affaire. On m’a simplement accusé’’, a-t-il affirmé.
Après avoir écouté toutes les parties, le tribunal a déclaré Mamadou Moustapha Diallo coupable du crime dont il est accusé. Il l’a condamné à 3 ans de prison ferme.
‘’Statuant publiquement et contradictoirement en matière criminelle et en premier ressort, après en avoir délibéré sur l’action publique, déclare Mamadou Mustapha Diallo coupable du crime d’assassinat dont il est accusé. Pour la répression, en application des articles 116 et 208 du code pénal, 441 et 497 du code de procédure pénale, le condamne à 3 ans d’emprisonnement’’, a tranché le juge Morlaye Soumah.
Sur l’action civile, le tribunal a constaté la non-comparution de la partie civile à l’audience publique et lui a donné acte de son droit d’exercer son action en réparation du préjudice subi devant la juridiction civile. Il a également condamné Mamadou Moustapha Diallo aux frais et dépens envers l’État, conformément aux articles 116 et suivants du code pénal et 441 et suivants du code de procédure pénale.
Djiwo BARRY, pour VisionGuinee.Info
00224 621 85 28 75/djiwo.barry@visionguinee.info

