[dropcap]L[/dropcap]a fin de la grève générale lancée lundi sera sans doute annoncée ce vendredi par les syndicalistes en réunion à la Bourse du travail. Les deux plus grandes centrales syndicales n’ont pas réussi à obtenir la baisse du prix du carburant à la pompe à 5500 francs guinéens.
Il a fallu l’implication de l’Assemblée nationale pour que la crise soit désamorcée. Et comment cette institution s’y est prise pour convaincre les syndicats ?
La réponse du député Amadou Damaro Camara de la majorité au Parlement : “Sur initiative du bureau de l’Assemblée nationale, nous avons rencontré hier les responsables des centrales syndicales. Je dois avouer que nous avons eu en face des messieurs et dames suffisamment responsables, patriotes et qui connaissent la chose syndicale au bout des doigts”, dit-il en guise d’introduction.
“Nous leur avons tenu un langage de la vérité. Ils ont posé des problèmes. Premièrement, il y a des actes administratifs qui à notre sens ne devraient poser aucun problème. Il y avait ensuite un deuxième aspect qui nécessitait des implications financières”, explique le président du groupe parlementaire Rpg Arc-en-ciel, assurant que le bureau de l’Assemblée a tenu à être clair avec les syndicats.
Aujourd’hui, rappelle l’honorable Damaro Camara, “nous sommes en négociation avec le Fonds monétaire international, quoique le gouvernement leur a dit déjà que les caisses sont vides. Les syndicats se sont posés deux questions : est-ce que c’est leur faute si les caisses sont vides ? Nous leur avons dit non. Est-ce que c’est l’Ebola ? Oui en partie”.
Le député estime qu’il ne faut pas se voiler pas la face. “La réalité est que les caisses sont vides”, indique-t-il. “Si vous (syndicats) demandez des charges nouvelles sur des caisses déjà vides, nous allons perdre le programme avec le Fonds monétaire et tous les bailleurs de fonds vont nous fuir. Nous ne serons même pas capables de payer le salaire minimum que vous considérez comme salaire de misère”, argue ce cadre du parti au pouvoir.
C’est pourquoi l’Assemblée nationale a appelé les syndicats à suspendre la grève. “Suspendons la grève pour que les négociations se tiennent dans une atmosphère un peu plus sereine. Allons avec le Fonds monétaire international sur la 6e et 7e revue. Ensuite, nous allons avoir de nouvelles ressources et refaire le budget. Nous avons dit que pour résoudre les revendications et implications financières, de manière durable, il fallait mettre cela dans une loi. Et la meilleure des lois, c’est celle des finances”, précise Damaro Camara.
Une rencontre entre le Premier ministre avec les ministres concernés est prévue ce vendredi à l’Assemblée nationale pour venir en discuter mettre les points sur ‘i’. Et l’Assemblée nationale se constituera en comité de suivi pour l’application des clauses.
Amadou Aliou BARRY, pour VisionGuinee.Info
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les syndicalistes ont echouer