Le président du groupe parlementaire de la majorité présidentielle à l’Assemblée nationale, Alhousseine Makanera, a réagi ce lundi 24 août à l’affaire liée à l’ancien avocat général près la Cour suprême, Algassimou Diallo, et à l’audio qui alimente les débats dans le cadre de la procédure visant le leader du parti dissous UFDG, Cellou Dalein Diallo.
Alors que l’ancien Premier ministre dénonce une “cabale politico-judiciaire montée de toutes pièces par un régime aux abois”, Alhousseine Makanera défend, lui, l’authenticité de l’enregistrement. Pour le parlementaire, les éléments actuellement au cœur de la polémique ne permettent pas de soutenir la thèse d’un montage politique ou judiciaire.
“Mais il n’y a rien de nouveau. Le leader de l’ancien UFDG, qu’il assume son acte”, a-t-il déclaré.
S’agissant d’Algassimou Diallo, Makanera estime que rien ne permet de considérer l’ancien avocat général comme une menace pour le pays ou comme une personnalité rejetée par les autorités.
“Personne ne peut nous convaincre aujourd’hui que M. Algassimou représentait une menace pour la Guinée. Personne ne peut dire aussi qu’il n’était pas aimé par l’autorité. Dans leur groupe, il n’était pas que deux. Personne ne peut dire aussi que le rôle qu’il a accompli, un autre ne pouvait pas le faire”, a-t-il fait remarquer.
Le président du groupe parlementaire GMD reconnait néanmoins les qualités d’Algassimou Diallo et son rôle durant le procès, tout en relativisant son caractère indispensable.
“S’il a été choisi, c’est vrai, quand même il a été à la hauteur pendant le procès. Ça c’est évident, mais il n’était pas indispensable”, a-t-il souligné.
Poursuivant, Alhousseine Makanera s’est attardé sur la trajectoire professionnelle de l’ancien magistrat. Il estime que son ascension dans la magistrature a été rapide.
“Sa carrière, je voudrais qu’on me donne un autre magistrat qui a eu autant d’ascension fulgurante comme lui, en Guinée ici. Je ne dis pas les premières heures de l’indépendance où il n’y avait pas de cadres. Mais aujourd’hui, je n’en vois pas”, a-t-il affirmé.
Selon lui, la situation dans laquelle se trouve aujourd’hui Algassimou Diallo ne serait donc pas liée à une quelconque hostilité personnelle à son encontre, mais à l’existence de l’enregistrement audio.
“Donc ce n’est pas parce que les gens étaient contre lui pour X ou Y raisons. Si aujourd’hui, il s’est retrouvé dans une situation, c’est parce qu’il y a eu l’audio là”, a-t-il insisté.
Alhousseine Makanera affirme par ailleurs que sa connaissance des acteurs politiques guinéens lui permet de se faire une idée sur la crédibilité des propos contenus dans l’enregistrement.
“Et l’audio-là, même si un autre l’avait dit, sincèrement, il me dit, c’est elle qui m’a dit ça, j’allais croire. Parce que j’ai pratiqué tous ces leaders, je connais qui est capable de dire quoi”, a-t-il expliqué.
Le parlementaire estime que la population guinéenne est suffisamment familière avec les différents acteurs politiques pour se faire sa propre opinion.
Justifiant sa prise de parole, Makanera affirme que “la répétition est pédagogique, notre rôle en tant que politique aussi, c’est de rappeler les gens, même ceux qui le connaissent. C’est ce qui m’amène à parler”.
Avant de réaffirmer, sans ambiguïté, sa position sur l’enregistrement. “L’audio est complètement authentique”, a-t-il martelé.
Pour Alhousseine Makanera, les propos contenus dans cet audio traduisent une violation du serment professionnel d’Algassimou Diallo. “Il a été amené à trahir son serment. Aujourd’hui, celui qui l’a amené à faire ça doit assumer la responsabilité”, a-t-il conclu.
Boussouriou Doumba, pour VisionGuinee.Info
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